Publié il y a 22 jours - Mise à jour le 21.06.2024 - Stéphanie Marin - 2 min  - vu 468 fois

FESTIVAL DE NÎMES Grand Corps Malade : "Avant d'être auteur, je suis un observateur"

Grand Corps Malade en concert dans les arènes de Nîmes ce dimanche.

- Yann Orhan

Grand Corps Malade est de retour avec un nouvel album intitulé "Reflets". Il sera sur la scène des arènes de Nîmes ce dimanche 23 juin. 

On pensait qu'il avait pris goût aux projets en bande. Et bien non, après "Mesdames", composé de duos dédiés aux femmes, et "Éphémères" co-écrit avec Ben Mazué et Gael Faye, Fabien Marsaud alias Grand Corps Malade revient en solo. "Reflets" est le titre de son huitième album. Et comme à son habitude, le slameur a travaillé "un peu au feeling, selon l'humeur du jour", et finalement posé sur le papier des chansons graves, des chansons dures, d'autres plus joyeuses, plus légères, sur des thèmes très variés, mais qui font toutes écho à notre société, à cette drôle époque.

"Je suis assez dépité de voir cette peur de l'autre"

Drôle, pas si sûr. Grand Corp Malade s'inquiète du réchauffement climatique, des récents résultats électoraux, de cette progression du Rassemblement national un peu partout en France "même dans des petits villages où il n'y a aucune immigration." Pour l'artiste, "ça ne vient pas de nulle part, certains médias jouent un rôle parfois dangeureux". "Je suis assez dépité de voir cette peur de l'autre. Ce serait tellement plus simple de se tendre la main, de se parler, de se sourire... Ça parait un peu utopique et naïf ce que je dis et pourtant je le pense vraiment.

Grand Corps Malade en concert dans les arènes de Nîmes ce dimanche. • Yann Orhan

Par quelque fenêtre que ce soit, l'homme observe le monde. "Avant d'être auteur, je suis un observateur. Libre à moi ensuite d'en rajouter, d'extrapoler", indique Grand Corps Malade. Cette scène par exemple qu'il décrit dans la chanson Rue Lafayette, "ce couple était vraiment-là à 1h du matin, sous le store qui les protégeait de la pluie, il y avait vraiment visiblement beaucoup de tension et de tristesse dans leurs regards, ce serveur qui n'osait même pas leur donner l'addition et après j'ai imaginé la suite."

C'était mieux avant ? 

L'observateur se retrouve lui-même face au miroir, Autoreflet est un exemple, La sagesse aussi sur un ton plus rieur. Les références d'hier ne sont plus celles d'aujourd'hui. "Tu te rends compte que maintenant ce sont tes enfants qui t'apprennent des trucs. Ils me font découvrir des chansons, des chanteurs, des films, des actualités, des tendances, du vocabulaire... Je trouve ça plutôt rigolo." L'artiste âgé de 46 ans, n'est pas de ceux qui s'obstinent à penser que c'était mieux avant. "Celui qui pense ça, doit accepter d'être ringard et de ne pas évoluer avec son temps", s'amuse-t-il.

Monsieur Aznavour

"Un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître." La transition est toute trouvée, puisque Grand Corps Malade a une autre actualité, la sortie prochaine du biopic de Charles Aznavour avec l'acteur Tahar Rahim. Un projet de longue date, le chanteur franco-arménien était encore de ce monde quand l'idée a germé dans la tête du slameur. "Ce film, on en avait parlé ensemble, il voulait qu'il y ait un accent sur sa jeunesse et l'avant-succès, sa vie de bohème, ses galères. Mais malheureusement, il nous a quittés au moment où on allait commencer." Les deux réalisateurs Mehdi Idir et Grand Corps Malade ont ainsi laissé passer du temps, puis entrepris un immense travail de recherches, d'échanges, y compris avec la famille du chanteur, avant d'écrire le scenario. Ce film, Monsieur Aznavour, est désormais tourné, monté et sera présenté dans les salles obscures à partir du mois d'octobre 2024.

Stéphanie Marin

Nîmes

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