Après les municipales, le troisième tour s’ouvre à Nîmes : la présidence de Nîmes métropole. Ce mercredi, les 39 maires du territoire se sont réunis salle Yannicopoulos. « C’est le maire de Marguerittes qui a lancé l’invitation. À la surprise de plusieurs élus, Vincent Bouget est arrivé. Certains ont été étonnés, mais ils voulaient entendre ce qu’il avait à dire », commente l’une de nos sources. Officiellement élu maire vendredi soir en conseil municipal, le leader communiste a pris la parole quelques minutes : « Il a indiqué que chaque maire compterait dans l’agglomération, rappelant aussi que le poids de Nîmes était très important. »
Vincent Bouget, 16 voix à aller chercher
Après son départ, les maires ont débattu longuement de leur organisation. « Certains plaident pour un groupe unique, à l’image du maire de Saint-Gilles, Eddy Valadier, et de Générac, Frédéric Touzellier, afin que les communes aient plus de poids », poursuit notre source. Seulement, ça ne devrait pas être le cas. Certains maires, comme celui de Marguerittes, Rémi Nicolas ou le communiste Bernard Clément, de Domessargues, souhaitent la création de deux groupes : « Un seul groupe apparaîtrait comme une opposition frontale à Nîmes. » Ce deuxième groupe, qui pourrait être présidé par Rémi Nicolas, rassemblerait notamment les maires Sernhac, Caissargues, ou Cabrières. Vincent Bouget qui arrive avec une majorité de 37 élus sur les 105 doit donc trouver 16 voix supplémentaires pour assoir sa majorité.
Pour y parvenir, le leader communiste a un sacré atout dans sa manche : onze vice-présidence à distribuer aux communes (sur les 15 de l’exécutif communautaire) ainsi que plusieurs autres présidence : le syndicat de traitement des déchets, le Scot (Schéma de cohérence territoriale) ou la Société publique locale Agate. Dans le Club Objectif Gard, le maire de Caissargues, vice-président sortant au développement économique, l’a assuré : « Moi, j’ai envie de participer à la gouvernance de Nîmes métropole, c’est très important pour les administrés. » Le groupe Valadier/Touzellier, lui, devrait comprendre des maires proches du parti Les Républicains comme Langlade, mais aussi le maire de Garons, Yves Rodriguez. Un fidèle du maire saint-gillois.
Que feront les maires de Leins Gardonnenque ? Si certains édiles sont proches idéologiquement de Vincent Bouget, la présence du maire de Domessargues dans le groupe de Rémi Nicolas en refroidirait certains. D’ailleurs, que fera la maire de Fons, élue départementale PS, Maryse Giannacini ? S’intégrera-t-elle dans le groupe de son camarade du Conseil départemental, Rémi Nicolas ou restera-t-elle avec Eddy Valadier comme sous la précédente mandature ?
Et le projet ?
Vincent Bouget serait, pour l’heure, le seul candidat en lice lors de l’élection le 14 avril. Au-delà de la répartition des postes, quel sera le projet ? L’avenir de l’aéroport de Nîmes, de la zone d’activité économique Magna Porta, des fonds de concours, de la répartition des surfaces constructibles ou encore du passage en communauté urbaine ?
Sur la répartition des groupes, si la majorité municipale à Nîmes devrait se composer de cinq groupes, Vincent Bouget n’a pas encore annoncé son organisation à l’Agglo. Les 10 élus RN nîmois devraient former un groupe, tout comme les cinq élus de la droite et du centre. « Pas question de prendre des Nîmois avec nous, on a passé six ans de calvaire, ça suffit ! », lâche un de leurs anciens alliés.