Une salle remplie de jeux pour enfants. Quelques couloirs avant une plus petite salle d'audition, où caméra à 360° et micro restent très discrets afin de pouvoir recueillir la parole des enfants, sans perturbations extérieures et sans miroir sans teint. Dans cet espace, pensé principalement pour les 4-10 ans (mais qui peut accueillir des plus âgés), victimes et auteurs de violences les plus fragiles sont mis dans une situation plus confortable.
Jusqu'ici, la salle Mélanie la plus proche se trouvait à Nîmes ou Caissargues, quand celle de Saint-Hippolyte-du-Fort sert au Piémont cévenol et au Viganais. Assez de route pour perdre la confiance d'un enfant, expliquait vendredi l'un des gendarmes spécialisés dans la récolte de cette parole délicate. Sur l'arrondissement judiciaire d'Alès, 42 auditions de jeunes mineurs ont eu lieu en 2025 chez les gendarmes, autant côté police.
Dans le contexte de l'affaire Lyhanna, le président du tribunal d'Alès, Simon Lanes, a insisté sur la "politique prioritaire d'action publique" que représente la justice des mineurs, alors qu'Alès attend toujours son tribunal dédié. En soulignant le "gain de temps" que représente cette salle Mélanie à deux pas du tribunal. "C'est grâce à Alès Agglo que ce local a pu voir le jour", a souligné le procureur de la République alésien, Abdelkrim Grini, qui a loué, sur l'arrondissement d'Alès, le "travail collectif et partenarial", en mettant en avant le travail des associations, à commencer par l'AGAVIP (association gardoise d'aide aux victimes, de médiations et de mesures socio judiciaires). "Il est essentiel que le tribunal pour enfants soit créé à Alès", a conclu le procureur alésien.
En 2025, dans le seul département du Gard, la justice a compté 585 mineurs auteurs de violence, et autant de victimes.