L’affaire remonte à l’an dernier. Le 25 septembre 2025, le journal indépendant l’Arlésienne publie un article intitulé : « À Beaucaire, le RN sélectionne les commerces à son goût. » Le lendemain, cette enquête paraît dans son édition papier. Quelques jours plus tard, le média d’investigation StreetPress publie à son tour : « Sélection des commerces à Beaucaire, vitrine de la politique raciste du Rassemblement national. » Ces publications font état d’une stratégie municipale pour l'attribution des baux commerciaux, laquelle se ferait au détriment des commerçants d'origine maghrébine ou latino-américaine.
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Deux mois plus tard, le RN choisit d'attaquer pour diffamation. Une saisine de la justice, en référé – c’est-à-dire en urgence –, par la commune de Beaucaire, l’ancien maire Julien Sanchez et le nouveau, Nelson Chaudon, représenté par l’avocate et députée de la 6ᵉ circonscription, Sylvie Josserand. L’audience s’est tenue en mai. Au cours de celle-ci, l’avocate des deux organes de presse, Marianne Rostan, a repris les multiples demandes écrites et orales des journalistes, demandant une interview au maire Nelson Chaudon afin d’évoquer l’attribution des baux commerciaux du centre-ville. Toutes sont restées sans réponse…
Le 8 juillet 2026, le tribunal de Nîmes a rendu sa décision. À noter que l’enjeu d’une procédure en référé n’est pas de juger sur le fond, mais d’estimer si cette publication constitue un « trouble manifestement illicite ». Ce qui n’est pas le cas, selon les juges, qui ont débouté les élus RN ainsi que la commune, rejetant ainsi leur demande de retrait des publications et de versement de 18 000 € pour préjudice d’image. À l’inverse, aucun dommage et intérêt pour « procédure abusive » n’a été retenu, comme l'avaient demandé les journalistes.
« La justice a suivi nos arguments, les pièces fournies de notre enquête ont prouvé la bonne foi de notre travail », réagit Me Rébérioux, avocate commune de l’Arlésienne et de StreetPress. La mairie de Beaucaire et les élus ont 15 jours pour faire appel de cette décision. En revanche, le délai de trois mois de prescription est dépassé pour attaquer l'enquête sur le fond.