Elle l'avait emporté d'un cheveu il y a six ans. Le scrutin du 15 mars sera donc, quelque part, une approbation - ou pas - de son bilan. Geneviève Blanc ne s'imaginait pas laisser tomber ses projets en cours de concrétisation. Sans compter que certains "seraient mis en danger, comme l'espace vélo ou le tiers-lieu culturel de la maison Bellot : le bâtiment n'est pas le tout, il faut le faire vivre", pense la maire sortante.
C'est aussi le cas de l'habitat inclusif, qui s'installera au 14 de l'avenue du Pasteur Rollin. "On a dit que le CCAS (centre communal d'action sociale) serait porteur du projet social. Il a pris du retard, regrette la maire. La Semiga revoit actuellement le projet pour refaire l'appel d'offres. Il y aura, sur place, quelqu'un pour définir ce que les résidents veulent faire ensemble, il faut faire vivre les lieux."
"En 2027, la vente des Jardins de la filature donnera plus d'air à la commune"
Aux Jardins de la filature, la destination est trouvée. "On arrive à finaliser la vente, confirme Geneviève Blanc. L'idée est de faire 40 logements sociaux, Habitat du Gard est dans la boucle. C'est important parce qu'on a dépassé les 3 500 habitants et on tombe sous le coup de la loi SRU (solidarité et renouvellement urbain). Avec les Jardins et l'habitat inclusif, il ne nous manquera que 37 logements. Il y a un vrai sens à les faire : 70 % des Gardois sont éligibles au logement social." Et le centre-ville d'Anduze reste un quartier prioritaire de la Ville (QPV). Geneviève Blanc trouve que les Jardins sont un "lieu privilégié pour faire des logements sociaux. Le cadre est agréable, ça aide à vivre bien avec les autres."
"2026 sera une année charnière en matière de budget, prévient Geneviève Blanc, on ne portera pas de projet supplémentaire. Mais en 2027, la vente des Jardins de la filature donnera plus d'air à la commune." Et la municipalité pourra envisager notamment, si elle est reconduite, l'isolation de l'école élémentaire et l'étanchéité de la salle Pelico. Ce qui n'empêche pas Geneviève Blanc d'espérer que les travaux de la maison Bellot soient entamés dès 2026. "Puis, il y aura deux ans de travaux".
Envisagé dès 2021, le projet du quartier de la gare avance (relire ici et ici). "Il est inscrit dans le plan local d'urbanisme. Mais on n'était pas pressé, en lançant le projet, parce qu'on voulait d'abord réhabiliter le centre." Sur place, "on a préempté un terrain avec l'EPF (établissement public foncier), les garages du Département vont déménager et on cherche une solution pour nos ateliers". La poterie Les Cordeliers restera sur place. Le parking de la gare sera forcément réduit, "mais on cherche des solutions de substitution, car c'est une activité. Puis, on va accélérer".
"La dette s'élève aujourd'hui à 486 € par habitant. La moyenne de notre strate, c'est 700 €."
La Ville actuelle souhaite aussi mettre en place et travailler avec Monalisa, association qui lutte contre l'isolement social des personnes âgées (relire ici). "Ce n'est pas quelque chose qui coûte, c'est surtout de l'investissement humain." En matière de tourisme, la maire actuelle pense à de nouveaux sentiers. "On n'a pas non plus abandonné la question de la Maison de la terre", poursuit Geneviève Blanc, qui viendrait célébrer l'histoire et l'actualité du vase d'Anduze, un projet qu'Alès Agglo financerait.
En six ans de mandat, Geneviève Blanc a aussi assisté à la réduction des marges financières, notamment celles reposant sur les subventions d'autres institutions comme l'État. "J'ai connu l'époque où, en tant qu'association, on remplissait une seule feuille pour le Département, on l'envoyait, et on recevait 30% d'une opération. Puis, j'ai dû rechercher des financements. C'était bien plus compliqué pour les associations que pour les institutions. Je suis rompue à l'exercice. Il faut convaincre les institutions et faire des priorités."
D'autant qu'Anduze n'est pas regardée, par les partenaires, comme une commune comme les autres. "Nous ne sommes pas un village mais une petite ville, et il y a beaucoup d'enjeux autour de cela (relire ici). Ce qui est important pour Anduze ne l'est pas que pour Anduze. Le rayonnement est un enjeu important." La commune en veut pour preuve le "solde positif de 470 personnes, au quotidien, entre ceux qui sortent de la ville et ceux qui y viennent. Pour l'économie locale, ce n'est pas rien. Il n'y a pas que le tourisme." En 2024, la commune a connu la création de 72 établissements, ce qui n'était encore jamais arrivé.
Le sujet économique permet à la maire de digresser sur les arguments financiers colportés par son opposition : la ville serait très endettée et la municipalité est accusée d'incompétence en matière financière. La maire ne nie pas une hausse de la dette, en raison du prêt d'un million d'euros qui a servi à la réfection du gymnase. "Les pompiers voulaient nous le fermer, avance Geneviève Blanc. La dette laissée par Bonifacio Iglesias est 'grise', elle ne correspond pas à de nouveaux investissements, alors que l'espace Pelico était laissé à l'abandon. Mais la dette s'élève aujourd'hui à 486 € par habitant. La moyenne de notre strate, c'est 700 € et, à Saint-Jean-du-Gard, elle monte à 2 690 € par habitant..." Si elle ne souhaite pas mener sa campagne en fonction des arguments de son opposition, Geneviève Blanc est tout de même prête à rendre les coups...