Publié il y a 1 h - Mise à jour le 16.02.2026 - Rose Macauley - 3 min  - vu 132 fois

JUSTICE Home-jacking : « On a fait des erreurs de jeunesse »

Une grande partie de cette journée du lundi 16 février 2026 a été consacrée aux personnalités respectives des deux accusés. Un moment difficile pour les victimes présentes à l'audience.

- Anthony Maurin

Consommation de stupéfiants et difficultés de la vie, les deux accusés dans l’affaire des home-jackings du printemps 2024 tentent de se dédouaner lors de l’étude de leur personnalité par la cour criminelle du Gard.

Le procès des deux jeunes, à l’initiative de plusieurs home-jackings dans le Gard se déroule depuis ce lundi 16 février 2026 au matin, devant la cour criminelle de Nîmes. Les débats ont notamment été l’occasion de comprendre la personnalité de ces deux hommes âgés de 20 et 21 ans au moment des faits, tous deux membres de la communauté très croyante des gens du voyage. C’est disposant d’un casier judiciaire vierge que Manuel et Dominique se sont rendus responsables de plusieurs home-jackings sur des personnes âgées, les menaçant d’une arme et leur imposant parfois des violences.

Interrogé sur sa personnalité, le jeune Manuel a tenu à avoir un mot pour les victimes présentes à l’audience : « Je voulais d’abord m’excuser du plus profond de mon cœur. C’est sincère », souligne-t-il, sans pour autant réussir à adresser un regard à ces seniors, visiblement très ému en ce jour d’audience. Une repentance partagée par Dominique : « Je suis désolé pour les victimes, que Dieu me pardonne ». Malgré tout, les deux jeunes se dédouanent sur leurs parcours de vie respectifs et leur consommation de toxiques pour justifier les faits.

15 à 20 joints par jour

Leur principale explication, partagée par les deux accusés, reste la consommation de résine de cannabis. Tous deux dans un état d’addiction grave, avouent consommer entre quinze et vingt joints par jour. « J’étais sous l’emprise de la drogue », lance Dominique. « Dans mon état normal, je ne serais jamais passé à l’acte. J’étais pas conscient de ce que je faisais », ajoute Maunel. Pourtant, comme le souligne Maryline Aristide, présidente de la cour criminelle, cette consommation ne justifie en rien l’intégralité des faits reprochés aux deux hommes.

Du côté de leur parcours de vie, les deux accusés n’étaient pas voués au même destin. L’un d’eux, anciennement engagé en tant que footballeur professionnel auprès du Montpellier Hérault sporting club (MHSC), avait pour rêve de devenir un joueur de renom. C’est après le décès de son grand-père, qu’il considère comme un pilier dans sa vie, que le jeune Manuel aurait « détruit sa vie », selon ses mots. Une épreuve qui l’aurait conduit à plonger dans la consommation de stupéfiants. Dominique, lui, a connu une vie plus chaotique.

Un placement à 10 ans

Membre d’une fratrie de quatre frères et de deux sœurs, Dominique estime avoir été victime de moqueries, tant de certains de ses frères que de camarade de classe, le conduisant notamment à quitter le système scolaire à son arrivée en 6e. Ses deux parents ont été confrontés à la justice. Sa mère pour une succession de vols à l’étalage et son père pour des faits de violences avec arme, pour lesquels il a été condamné à 16 années d’emprisonnement. Placé en foyer de ses 10 à ses 15 ans, il décrit cette période avec nuance. « Il y avait des hauts et des bas », dit-il, soulignant tout de même avoir de meilleurs conditions de vie que dans son cercle familial, où la caravane n’était équipée ni de l’eau courante, ni de l’électricité. Le jeune homme décrit également la condamnation de son père comme étant l’élément déclencheur de ses maux. « J’étais en manque d’argent, j’avais rien à manger », explique l’accusé, désireux à cette époque de se procurer de la résine de cannabis.

Face à l’énoncé des différents tracas des accusés, les victimes, toutes âgées de plus de 70 ans, ne peuvent retenir leur indignation. D’autant que certaines d’entre-elles ont été traumatisées par le home-jacking dont elles ont été victimes. « On a fait des erreurs de jeunesse », lance Dominique pour justifier ses agissements. La journée s’est poursuivie avec l’intervention de plusieurs gendarmes ayant enquêté sur le dossier des cambriolages avec arme. L’occasion, pour eux, de revenir plus en détail sur les faits du printemps 2024. Affaire à suivre.

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