Publié il y a 7 h - Mise à jour le 11.01.2026 - La rédaction - 10 min  - vu 2057 fois

ÇA RESTE ENTRE NOUS Les indiscrétions de la semaine

Nous sommes le dimanche 11 janvier 2026. Il est 12 heures. Bonne année encore ! Et place aux premières indiscrétions politiques et économiques de l'année 2026.

Tout Nîmes ou tout seul. Le slogan de campagne de Franck Proust a été pris au pied de la lettre par le Rassemblement national. Imaginant que le candidat de la droite et du centre pourrait accepter le baiser du diable : s’allier avec l’extrême-droite. Il n’en est pas question bien sûr pour le successeur désigné de Jean-Paul Fournier. Dans les pas du maire historique, Franck Proust met une frontière étanche avec les extrêmes. Le député RN Yoann Gillet n’a plus que les yeux pour pleurer. Il est désormais contraint d’y aller. Sans véritable motivation. Et en ayant fait passer le message que le meilleur maire pour Nîmes s’appelait Franck Proust. C’est dire comme ce coup de com' est très mal joué de la part des amis de Jordan Bardella. Comment expliquer à présent que la droite sous Jean-Paul Fournier a fait n’importe quoi pendant toutes ces années ? Alors que l’on a tenté de s’allier avec son successeur désigné ? Pour autant, Franck Proust ne balaie pas d’un revers de main l’électorat frontiste. Celui-là même qui ne fait plus la fine bouche entre Marine Le Pen et les héritiers de De Gaulle ou Chirac. Pour les convaincre, il va donc appuyer son discours sécuritaire. Comme lors de sa prise de parole devant un millier de Nîmois à l’occasion de l’inauguration de sa permanence sur Jean-Jaurès vendredi soir. La sécurité, c’est la liberté. Un beau slogan, encore un. Il va falloir le traduire dans la réalité. Car Nîmes souffre indéniablement d’une mauvaise image de ce point de vue. Sous fond de narcotrafic, la ville a enterré des enfants ces dernières années. Et les habitants sont en colère de constater que rien n’est complètement réglé. Le prochain maire, comme celui en partance, ne peut pas tout faire. La sécurité est une compétence régalienne. Le premier édile a toutefois les moyens d’agir. Par sa police municipale, par les caméras de vidéosurveillance. Et par un travail étroit avec l’État. C’est sur ce volet que le candidat compte mettre l’accent en dirigeant personnellement cette délégation. Dans l’espoir de créer, comme lors de la période covid, un duo avec le préfet du Gard. Concrètement ? Les réponses ne sont pas encore totalement là. Et cette nouvelle configuration de gouvernance sur la sécurité appelle d’autres interrogations. Maire, président de Nîmes Métropole, chef de la sécurité. N’est-ce pas trop pour un seul homme ? Il semble en tout cas évident que la stratégie de Franck Proust commence à se dessiner durant cette campagne. La personnalisation du pouvoir à l’extrême. Un hyper-maire en marche. Responsable de tout. Y compris des échecs. Tout Nîmes ou tout seul, il va donc falloir choisir !

Sonder, c'est gagner. Pour se décider : Valérie Rouverand et Julien Plantier n’ont rien trouvé de mieux que de faire appel à Opinion Way. Ainsi, depuis quelques jours, un sondage est en cours auprès des Nîmois. Par téléphone. Avec plusieurs hypothèses : soit la présidente de Renaissance en tête de liste. Soit l’ancien premier adjoint de Fournier. Les résultats sont attendus la semaine prochaine. Dans les équipes des deux personnalités, on fourmille d’impatience. Et on fait des pronostics. « Ce sera forcément Julien Plantier, il a une plus grande notoriété, c’est couru d'avance », explique un proche de Nîmes Avenir. Chez Rouverand, on se veut toutefois confiant : « C'est la seule femme candidate. Ce serait une connerie qu’elle ne porte pas la liste. » Une autre source est persuadée que ce sondage ne sert les intérêts que d’une seule personne : Yvan Lachaud. « Depuis le début, il ne veut pas de Valérie Rouverand en leader. Et il est convaincu que Plantier fera la différence. » Reste à savoir pourquoi, alors que l’union est prônée encore hier samedi, il y avait besoin de payer un bon billet pour un sondage officiel ? « Ils s’allient car séparément, ils étaient morts. Mais personne ne se fait confiance. Et le plus dur va arriver parce qu'il va falloir faire le choix des premières places… »

Cruel. Franck Proust était sur son nuage vendredi en début de soirée. Entouré de ses proches, le candidat de la droite et du centre inaugurait sa permanence de campagne sur le boulevard Jean-Jaurès devant un bon millier de personnes. Une affluence qui n’a pas manqué de surprendre. « Alors que tous les autres candidats répètent partout que la majorité sortante est rejetée par les Nîmois, Proust prouve parfaitement l’inverse », souligne l’un de ses alliés. Un adjoint au maire de Nîmes surenchérit : « Vendredi soir, c’est toute la ville qui était représentée dans sa diversité. Samedi matin, à part des bobos nîmois, qui était avec Rouverand et Plantier ? » Après plusieurs heures d’échanges avec les Nîmois, Franck Proust a ensuite partagé un dîner en famille et avec l’un de ses amis les plus proches. En sortant du restaurant, ce dernier a malheureusement perdu la vie. Terrible. En quelques secondes, l’euphorie a laissé place au désarroi, au choc, à la tristesse. « Il était de toutes les sorties de Franck Proust. Au foot et au hand par exemple. Ils partaient en vacances ensemble. Franck Proust est dévasté… », indique un de ses collaborateurs de campagne.

Le changement, c'est maintenant ! Après les vœux, il est l’heure d’entrer dans le vif du sujet de la campagne des municipales. À Nîmes, chacun finalise son programme et met la dernière touche à son équipe. Cinquante-neuf noms à coucher sur une liste. Pour certains, le compte est bon. « L’union autour de Vincent Bouget a travaillé depuis des mois. Et chaque parti est venu composer son équipe à l’intérieur. On est prêt à 99 % », explique l’entourage du communiste. Chez Julien Plantier et Valérie Rouverand, rien n’est arrêté. Les résultats du sondage détermineront le poids de chacun. Enfin, chez Franck Proust, le large renouvellement est en marche. « Il y aura seulement 10-12 élus maximum de l’équipe sortante. Tout le reste, ce seront des nouvelles personnalités, des experts dans leur domaine », explique un membre du staff rapproché du premier adjoint de Jean-Paul Fournier. Plusieurs noms commencent à fuiter. Dans le domaine du sport notamment. Un certain Anthony Lombardo, masseur-kinésithérapeute nîmois qui a occupé le poste de kiné au Nîmes Olympique plus d’une décennie est sur les tablettes. Ce n’est pas le seul. Didier Lauga, l’ancien préfet du Gard, pourrait être de l’aventure. Il réserve encore sa réponse. Enfin, se murmure, deux autres acteurs très connus à Nîmes. Dont un jeune prometteur bien connu de Julien Plantier… Affaire à suivre !

Le projet caché. Tout le monde s’impatiente dans l’entourage de Franck Proust. Quel est le programme du candidat ? Pour le moment, le volet sécuritaire et le cadre de vie ont été présentés. Pour le reste ? « Tout est caché. Il n’y a que Bernard Baumelou qui est au courant. Normal, c’est lui qui a fait le programme », glisse, amer, un élu prochainement sur la liste. « On veut quand même savoir où on met les pieds avant de s’engager. Mais pour le moment, c’est chasse gardée par un seul homme. » Que chacun se rassure : le projet du candidat sera validé par… le candidat ! Il doit être finalisé ce dimanche et être présenté aux colistiers avant impression et distribution. « C’est un moindre mal. On fait confiance à Franck Proust mais pas à Bernard Baumelou. » Va bien falloir car Bernard Baumelou sera dans l’organigramme en cas de victoire…

Elle est libre Monique. Surprise hier aux vœux des candidats Rouverand et Plantier avec la présence de la conseillère municipale déléguée aux Armées et au Monde combattant de Jean-Paul Fournier. En pleine discussion avec Yvan Lachaud, boisson à la main, Monique Boissière semblait dans son élément. Cherchant peut-être à se recaser après 2026 après avoir appris qu’elle ne ferait pas partie de la future liste de Franck Proust. « C’est décevant car Monique Boissière a soutenu Bruno Retailleau lors de l’élection interne à la présidence des Républicains, en étant sa référente dans le Gard. Aujourd’hui, elle se rapproche des macronistes… », raconte un élu de la majorité. Les vases communicants pendant les municipales, ce n’est pas nouveau… 

Inéligible. Nathan Casano, l'attaché parlementaire du député UDR Alexandre Allegret-Pilot, se lance dans le grand bain des élections municipales. Sur son compte Facebook, au moment de ses vœux, il annonce cette grande nouvelle : il est candidat à la mairie de Bessèges, son village. On se rappelle que ce même Nathan Casano s’était déjà présenté lors des législatives de 2022. Avec le succès que l’on connait. Toutefois, il avait rapidement trouvé du boulot en rejoignant l’équipe du député d’extrême-droite. En attendant, il y a moins de trois ans, ce jeune homme a été déclaré inéligible pour une durée de trois ans par le Conseil constitutionnel. Pour trois fois rien, peut-être pour lui : il n’a pas déposé de compte de campagne alors qu’il y était tenu. « Compte tenu de la particulière gravité de ce manquement, il y a lieu de prononcer l’inéligibilité de M. CASANO à tout mandat pour une durée de trois ans à compter de la présente décision », ont fait savoir les juges. Contacté par notre rédaction pour répondre à cette inéligibilité, Nathan Casano nous a répondu : « Je ne suis pas disponible pour le moment. » Depuis, c’est silence radio. S’il n’a pas de meilleures réponses à apporter à la préfecture du Gard, c’est le préfet qui va très certainement réduire au silence ce Bességeois…

Tour du Gard. Pascale Bordes, la députée RN est candidate à la mairie de Bagnols. Contrainte probablement par son parti qui a bien du mal à trouver de nouvelles têtes de gondole localement. En attendant, elle tente par tous les miracles de remplir sa liste. Avec quelques difficultés, semble-t-il. Il faut dire que dans la troisième ville du Gard, il y a embouteillage. De nombreux candidats se présentent. Même une liste Reconquête, ce qui ne fait pas vraiment les affaires de Pascale Bordes. Alors, pour s’en sortir, la députée fait un tour plus large. Et elle serait en passe de convaincre Didier Bonneaud de la rejoindre. On se souvient que ce dernier a exercé la fonction de maire par intérim de Saint-Étienne-des-Sorts après la démission de la précédente maire, Patricia Garnero, pendant quatre mois. « C’est assez incompréhensible pour une candidate qui raconte partout que la ville est à feu et à sang de ne pas trouver des gens sur Bagnols. Peut-être que ce sont les limites de l’exercice. Être maire ce n’est pas seulement dénoncer comme à l’Assemblée nationale, il faut surtout être dans la proximité… », explique un proche du maire Jean-Yves Chapelet.

Un nouveau pilote dans l'avion. Après le départ du directeur de l’aéroport de Nîmes, Jérôme Nolesini, Edeis, gestionnaire pour Nîmes métropole de l’équipement aéroportuaire, a trouvé son remplaçant. Le groupe n’a pas cherché très longtemps. Selon nos informations, c’est Vincent Gobin qui est désormais à la tête de l’aéroport Nîmes Grande Provence Méditerranée. Ce dernier était jusque-là l’adjoint de Jérôme Nolesini. En charge de la direction technique et responsable sûreté. « C’est un très bon choix car Vincent Gobin vient du monde de l’aéronautique. Il connait parfaitement les enjeux à la fois commerciaux mais aussi de sécurité avec la Sécurité civile présente sur place. Il fera du très bon boulot et va accompagner Nîmes Métropole prochainement dans le développement de nouvelles lignes… », explique un cadre chez Edeis. 

Première adjointe désignée. À Vauvert, les municipales devraient promettre un affrontement entre le maire sortant Jean Denat et le député RN de la 2ᵉ circonscription du Gard Nicolas Meizonnet. Les deux candidats sont déjà bien en place, entre inauguration de campagne et réunion publique. Si l’on savait déjà que Katy Guyot ne repartirait pas sur la liste de l’ancien premier fédéral du Parti socialiste. On attendait de savoir l’identité de la future première adjointe de Jean Denat, s’il venait à être réélu à la tête de la commune. C’est Magali Nissart, actuellement adjointe à l’éducation, qui a été choisie par le premier édile pour occuper cette place. À 46 ans, elle pourrait donc franchir un cap supplémentaire dans sa jeune carrière politique.

Où est Henry ? Actuellement conseiller régional délégué à l’accessibilité et au handicap, Henry Brin a annoncé sa candidature à la mairie d’Aigues-Vives il y a quelques mois. Il fera face à deux autres prétendants. Tout d’abord Magali Pradeille, première adjointe du maire sortant Jacky Rey, et Jérémy Contassot. Depuis quelque temps, l’ancien patron de la Chambre des métiers semble aux abonnés absents. Pour preuve, à l'occasion de l’inauguration de la cuisine centrale de Petite Camargue, en présence de la présidente de la Région, prévue pourtant depuis de nombreuses semaines, l'élu régional était… en vacances. Idem lors des vœux de la maire de Vergèze Pascale Fortunat-Deschamps. « Il pourrait faire les frais des bonnes relations entre Magali Pradeille et certains poids lourds de la gauche gardoise dont Denis Bouad », pense savoir une source socialiste. D’ici peu, le nouveau restaurant scolaire d’Aigues-Vives sera inauguré, reste à savoir s’il sera désigné pour le discours de représentation de Carole Delga…

Le plus fort. La compétition à distance se poursuit dans le monde économique entre Eric Giraudier et Steeve Calligaro. Le président de la CCI du Gard, à l’occasion de ses vœux à la presse en début de semaine, a annoncé l’organisation d’un échange avec les candidats aux municipales pour évoquer leur futur programme économique. Une démarche qui s’inscrit en parallèle de celle du président du Medef dans le Gard. Depuis la fin de l’année, Steeve Calligaro travaille à l’organisation d’un débat sur les programmes économiques avec les candidats aux municipales à Alès et Nîmes. Sur plusieurs aspects : développement économique, formation, mobilité, fiscalité et foncier. Une manifestation œcuménique où il compte inviter à la table d’autres organisations professionnelles comme la CPME (qui vient d’accepter) et des branches professionnelles, notamment l’Umih et la FFB. Mais aussi, la Chambre de métiers et de l’artisanat du Gard. « Il y en a marre de ne parler que du cadre de vie et de la sécurité », fait savoir le patron des patrons dans le Gard. Entre Giraudier et Calligaro, même si les deux hommes s’en défendent pour l’heure, se dessinent les prémices d’une compétition pour la CCI dans moins de deux ans…

Alerte. On avait de sérieux doutes, ils étaient bien avérés. À la fin de l’année, nous avions émis des fortes réserves après la publication d’un sondage étonnant du Journal des annonces judiciaires et légales Le Réveil du midi. La Commission des sondages a ordonné le 19 décembre dernier à ce site Internet de publier une mise au point sur « des insuffisances méthodologiques majeures ». Notices avec des erreurs, valeurs cibles utilisées pour le redressement politique qui ne correspondaient pas aux résultats officiels de la commune de Nîmes. Aucune garantie quant à l’obtention d’un échantillon représentatif de la population nîmoise, données brutes transmises avec des incohérences majeures, remise en cause de la fiabilité des données recueillies et doute sur la réalité de leur recueil. N’en jetez plus : ce sondage n’a aucun sens ! « Au vu de ces manquements méthodologiques, la commission invite les lecteurs à considérer avec la plus grande prudence les résultats publiés dans le cadre de cette enquête. » C’est bien sûr la crédibilité qui est au cœur du problème de ces sites Internet qui font le choix de la démonstration plus que de l’information. À la fin, et en laissant faire, ce sont toutes les rédactions qui en subiront les conséquences. Avec des lecteurs qui finiront par croire, comme chez les politiques, que tout se vaut. Non, tout ne se vaut pas. Dans un monde dans lequel les fake news pullulent, et où la presse est remise en cause par les populistes de tous bords, il est urgent que chacun prenne la mesure du problème.

Retour salutaire. Votre émission TV en direct vidéo, Le Club est de retour en quotidienne le 19 janvier 2026 à partir de 18 heures sur Objectif Gard et toutes les plateformes sociales du journal. Le premier invité : la tête de liste du Rassemblement national à Nîmes. Mais avant, mercredi prochain à 21 heures, ne manquez pas notre édition spéciale « Face à Vincent Bouget ». Le candidat de l’union de la gauche sera interpellé par 10 personnalités nîmoises dans le cadre de la campagne des municipales sur plusieurs thématiques prioritaires. Pour être aux premières loges des municipales, et avoir les véritables clés de la campagne : restez connecté sur Objectif Gard !

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