À quelques semaines des élections municipales, Bruno Gagne est officiellement candidat à Lunel pour une liste d’union portée par la France insoumise, le Parti communiste et d’autres forces de gauche. Retraité de la fonction publique, ancien syndicaliste CGT et militant de longue date, il défend une ligne clairement ancrée à gauche et entend proposer une alternative à la majorité actuelle comme aux autres listes en présence.
Originaire de Nîmes, passé par Lyon avant de revenir dans l’Hérault dans les années 1990, Bruno Gagne s'est engagé précocémment en politique. Ancien militant du Mouvement des Jeunes communistes et syndicaliste étudiant à l’UNEF, il a poursuivi son engagement au sein de la CGT, où il a occupé d’importantes responsabilités, notamment celle de secrétaire général de l’union locale de Montpellier. Professionnellement, il a travaillé à Orange (ex France Télécom), d’abord comme lignard, puis dans le génie civil, domaine dans lequel il a pu se former à l’IUT de Nîmes. Aujourd’hui retraité, il s’est rapproché de la France insoumise il y a plusieurs années, séduit par la dynamique impulsée par Jean-Luc Mélenchon. Il est désormais adhérent au Parti de gauche depuis plus d'un an et demi.
Bruno Gagne assure ne pas avoir initialement envisagé de se présenter. "Je pensais profiter de ma retraite", confie-t-il. Mais après les municipales de 2020 et l’alliance conclue entre une partie de la gauche locale et la majorité de droite, plusieurs militants et habitants l’ont sollicité pour reconstruire une offre politique clairement identifiée à gauche.
En 2020, la France Insoumise s'est intégrée à la liste "Osez Lunel", emmenée par Jean-Pierre Berthet. Mais l’alliance de ce dernier avec l’équipe du maire de l’époque, Pierre Soujol, a laissé des traces. "Beaucoup de personnes se sont senties trahies", affirme Bruno Gagne. Pour 2026, la stratégie est donc différente : afficher clairement les valeurs de gauche et éviter toute ambiguïté. Après plusieurs mois de débats internes à la France insoumise, sa candidature a été validée, aux côtés d’un binôme féminin : Sanaa Hadji Morsli. La liste, forte de 37 noms (35 titulaires et deux supplémentaires), a été déposée en préfecture.
Le paysage politique local apparaît particulièrement éclaté. La maire actuelle, Paulette Goujon, a succédé l'an dernier à Pierre Soujol après son décès. Elle bénéficie du soutien d’élus issus de la droite et d’une partie du Parti socialiste local. Bruno Gagne ne cache pas ses critiques. Selon lui, le Parti socialiste a brouillé son positionnement en soutenant des politiques qu’il juge "macronistes" au niveau national. Il estime toutefois que des militants socialistes déçus ont rejoint sa démarche. Des discussions avec Lise Florès, à la tête de "Lunel Collectif", ont eu lieu pendant un certain temps, afin d'unir leurs forces. Mais les divergences liées à l'étiquette d'une liste ancrée à gauche ne leur ont pas permis de s'entendre avant ce premier tour. Rien n'exclut qu'une alliance se forme avant le second, comme le précise le candidat.
Gouverner autrement
Plus encore que des projets d’aménagement, Bruno Gagne met en avant une réforme en profondeur de la gouvernance municipale. Il propose donc :
- La création de 12 comités de quartier dotés chacun d’un budget annuel d’environ 50 000 euros
- Une limitation des délégations du maire afin de renforcer le rôle du conseil municipal
- La possibilité pour les habitants d’intervenir en séance sur certains sujets
- La signature d’une charte anticorruption et un principe de « révocabilité » des élus, pour que la population devienne actrice des décisions
Concernant ses priorités, Bruno Gagne évoque le logement, avec l’objectif de construire 100 logements sociaux par an pour répondre aux 1 400 demandes en attente et le renforcement des services publics locaux. L'Insoumis défend également la création de régies publiques pour reprendre la gestion de certains services aujourd’hui délégués au privé, estimant que cela permettrait de réduire les coûts et de réinvestir les bénéfices au profit des habitants. La relance d’une Maison des jeunes et de la culture, un meilleur soutien aux associations locales, dont il dénonce les conditions d’accueil parfois précaires, et une attention particulière portée à la jeunesse et au lien social sont également dans ses plans.
Plutôt que de grands meetings, l’équipe privilégie pour l’instant les réunions thématiques et les initiatives de proximité dans les quartiers. Des rencontres publiques ont déjà eu lieu, notamment avec René Revol sur la question de l’eau, et une réunion est annoncée avec le député du Rhône Gabriel Amard. "Il y a les moyens de remporter cette élection", affirme Bruno Gagne, qui espère se qualifier pour le second tour et incarner une alternative face à la droite et au Rassemblement national.