La guerre économique aura lieu. Dans le Gard, comme partout en France, les prochaines élections de la Chambre de commerce et d’industrie se tiendront l’an prochain. Et déjà, les prétendants sont sur la ligne de départ. Le président sortant, d’abord. Éric Giraudier a déjà annoncé qu’il briguerait un nouveau mandat. Membre du Medef, il n’en est plus le président. Il compte aussi un peu moins d’alliés depuis les dernières élections municipales. La droite nîmoise, qui a longtemps accompagné son ascension, a disparu du paysage. Qu’importe. Le représentant des entreprises a trouvé de nouveaux soutiens. À Nîmes, où le Rassemblement national constitue désormais la principale force d’opposition à la majorité de gauche, les lignes ont bougé. Et Éric Giraudier conserve surtout de sérieux atouts. Car l’homme est un vieux routard des élections consulaires. Il en connaît parfaitement les rouages. Et sans doute mieux que quiconque les ressorts d’une victoire. Année après année, le patron de la CCI a construit un maillage de clubs d’entreprises à travers tout le département. Il déjeune avec les dirigeants des principales unités d’emploi du Gard, autant de relais d’influence et de concentrateurs de voix. Surtout, malgré le contexte politique nîmois, il bénéficie d’un paysage départemental qui s’est considérablement durci. À Bagnols-sur-Cèze, en périphérie d’Alès ou encore en Camargue, la poussée de l’extrême droite redessine les équilibres et pourrait lui être favorable. Finalement, Éric Giraudier n’est pas si mal loti à quelques mois du scrutin. Il devra certes composer avec quelques vents contraires. Mais seront-ils assez forts pour l’expulser de la Maison de l’entreprise ? La nouvelle municipalité en rêve probablement en silence. À l’hôtel de ville, on soutiendra forcément celui qui apparaîtra comme le plus capable de rivaliser avec le patron des patrons. Ce ne sera sans doute pas Steeve Calligaro. Le président du Medef gardois aurait pourtant eu le profil idéal pour affronter Éric Giraudier. Mais le président du Rugby Club Nîmois appartient à la même famille politique : une droite libérale, assumée, et peu compatible avec les orientations de Vincent Bouget. Alors qui ? Jean-Pierre de Faria, maire de Saint-Ambroix et président de Gard Entreprises ? Pourquoi pas. Le 25 juin prochain, son club d’entrepreneurs fêtera déjà ses dix ans. Pour l’occasion, l’Alésien met les petits plats dans les grands en recevant Hervé Novelli, ancien secrétaire d’État et membre fondateur du Cercle des entrepreneurs engagés (CEE), aux côtés d’un certain Pierre Gattaz, ancien président du Medef. Encore lui. Jean-Pierre de Faria, lui-même membre actif du CEE et à la tête d’un réseau influent d’entreprises locales, entend bien peser dans l’élection de 2027. Peut-être davantage qu’il ne le laisse paraître aujourd’hui. Reste à savoir si une quatrième personnalité pourrait émerger. Le nom de Vincent Bastide a circulé. L’entrepreneur bénéficie d’une forte notoriété, renforcée ces dernières années par l’organisation de l’UTS à Nîmes et son image de chef d’entreprise à succès. Mais entre les projecteurs du tennis spectacle et une image parfois jugée trop bling-bling, il ne semble pas incarner la proximité attendue dans une élection consulaire. Surtout, beaucoup lui reprochent un engagement trop éloigné des réalités humaines du tissu économique gardois. Peut-être le choix se portera-t-il sur un autre acteur important. Un chef d’entreprise connu et reconnu. Apolitique. Et qui a prouvé son engagement social et personnel pour tous. Car dans le Gard, les élections se gagnent rarement sur les seules étiquettes. Elles se remportent dans les réseaux, les fidélités, les coups de téléphone et les rapports de force. Une chose est certaine : la bataille pour la CCI a déjà commencé. Et la guerre économique, elle, aura bien lieu.
Duel nîmois à Bruxelles. Il n’était pas présent lors du dernier conseil municipal de Nîmes, mais il n’aurait manqué ce vote pour rien au monde. Julien Sanchez, eurodéputé RN, a soutenu cette semaine au Parlement européen le règlement « retour », porté par une alliance de la droite et de l’extrême droite. « Un texte qui trahit les valeurs de l’Union européenne en important une politique migratoire à la Donald Trump, brutale et inhumaine », dénonce l’eurodéputée nîmoise Chloé Ridel. Elle ajoute : « Les éclats de joie et les cris de "Renvoyez-les !" sur les bancs de l’extrême droite ont glacé le sang de beaucoup d’entre nous. » La conseillère municipale de la majorité nîmoise rappelle que « ce texte permettra de placer des étrangers, y compris des familles et des enfants, en rétention pendant jusqu’à deux ans, sans décision judiciaire. Et ce, dans des centres situés dans des pays dont ils ne sont même pas originaires. C’est non seulement inhumain, mais aussi totalement inefficace. » Dommage que les deux élus soient si rarement à Nîmes. Un débat contradictoire sur le sujet aurait sans doute davantage éclairé les citoyens nîmois.
Place à l’entreprise : quand rien ne va. L’édition 2026 de Place à l’entreprise n’avait pas commencé qu’elle semblait déjà placée sous le signe de la malédiction. Et pour une fois, les critiques adressées à Steeve Calligaro, président du Medef Gard et maître de cérémonie, ne suffisent pas à expliquer la tournure des événements. Premier acte : une coupure d’électricité frappe le centre-ville de Nîmes et plonge le Palais des congrès dans le noir. Le courant revient rapidement. La climatisation, elle, décide de prendre sa journée. En pleine canicule, les chefs d'entreprise découvrent alors une expérience immersive : le management en milieu saharien. Les participants sont invités à prendre l'air. Mauvais timing. La vedette du jour, Michel Onfray, est enfin annoncée après un retard de train sur la ligne Paris-Nîmes. Tout le monde regagne donc précipitamment une salle. Deuxième acte : la sonorisation entre à son tour en rébellion. Le philosophe, habitué des plateaux de CNews et d'Europe 1, tente de développer sa pensée au milieu d'un bouhaha général. Excédée, l'organisation finit par rappeler à l'ordre les plus bavards. Traduction : ceux qui avaient déjà abandonné l'idée de suivre une intervention dont le lien avec l'économie devenait de plus en plus théorique. Une fois le calme revenu, Michel Onfray s'aventure dans de longues considérations historiques et civilisationnelles. Un voyage intellectuel dont certains participants cherchent encore le rapport avec l'entreprise. Pas sûr que tout le monde ait tout compris. Pas sûr non plus que tout le monde ait essayé. Une chose est certaine : quand les participants retiendront l'édition 2026 de Place à l'entreprise, ils parleront probablement davantage de la panne de courant, de la chaleur et de la sono que des grandes idées échangées ce jour-là.
Turbulences à l’aéroport. C’est un dossier qui donne quelques sueurs froides dans les couloirs de Nîmes Métropole. L’opérateur de l’aéroport, Edeis, traverserait de sérieuses turbulences financières. À tel point que plusieurs prestataires attendraient toujours leurs règlements. L’Agglomération aussi, dit-on. Sur le bureau du président Vincent Bouget vient d’atterrir un audit particulièrement scruté. Et les conclusions ne semblent pas de nature à rassurer l’exécutif sur l’avenir de la plateforme aéroportuaire nîmoise. Heureusement, tout le monde n’a pas attendu la dernière minute pour regarder les plans de secours. Sous le mandat précédent, des discussions avaient été engagées avec l’aéroport de Marseille afin d’imaginer des coopérations techniques et économiques. Une piste qui pourrait aujourd’hui retrouver de l’intérêt. Mais une autre option circule également dans les couloirs. Avec un intermédiaire bien connu des sphères régionales : Laurent Blondiau, ancien directeur de cabinet de Carole Delga. L’objectif ? Rapprocher Nîmes de Montpellier. Ou, plus exactement, réaliser un vieux rêve entretenu de longue date par certains responsables montpelliérains : voir les deux plateformes fusionner sous une même bannière. À Nîmes, l’idée ne fait pas forcément décoller les enthousiasmes. Car derrière le dossier de l’aéroport se cache une autre question. Bien plus politique. Edeis gère aussi les monuments romains de la ville. Et à l’Agglomération, certains commencent à faire le lien. « Pour le moment, nous allons prendre la mesure du chantier et examiner les alternatives. Mais si Edeis n’est plus capable d’assurer sa mission à l’aéroport, il est difficilement envisageable qu’il conserve la gestion des monuments romains », glisse-t-on en coulisses. Finalement, cette crise pourrait bien offrir à Vincent Bouget une opportunité inattendue. Lui qui avait promis pendant la campagne de remettre la gestion du patrimoine nîmois sous pavillon public tient peut-être là un argument que même ses opposants auraient du mal à lui contester. Comme quoi, parfois, les turbulences ouvrent aussi des pistes d’atterrissage.
Sénatoriales : la majorité perd déjà son calme. On pensait que les sénatoriales auraient des conséquences sur les prochaines départementales dans le Gard. Finalement, les dommages collatéraux sont déjà là. Selon nos informations, dans la majorité, on ouvre la porte au retrait de la présidence du groupe à Christophe Serre. Pourquoi cette sanction ? Car il a fait savoir dans les colonnes d’Objectif Gard qu’il soutiendrait son ami, Carole Bergeri. La binôme du président de l’Agglomération du Gard Rhodanien aux Départementales de 2021 du canton de Pont-Saint-Esprit a bien l’intention de se présenter face au sénateur socialiste sortant, Denis Bouad. « Quand on est dans une majorité, on fait preuve de discipline. Sinon, on démissionne. Christophe Serre devrait se rappeler de l’expression de Chevènement… » balance un conseiller départemental. Mais Christophe Serre n’a pas l’intention de s’éxécuter. Pour lui, l’amitié passe avant la politique. De belles valeurs certes. Mais difficilement tenable dans le temps… « On ne peut pas être le premier vice-président du Conseil départemental du Gard et se mettre en opposition de la présidente… »
Sénatoriales : le casse-tête de la deuxième place. À gauche, les sénatoriales n’ont pas encore commencé que chacun compte déjà les sièges. Et surtout celui qui pourrait se libérer. Car si Christophe Serre persiste à soutenir la candidature de Carole Bergeri, certains socialistes ont déjà trouvé une sortie de secours : négocier directement avec les communistes. Sur le papier, l’accord est pourtant simple. Denis Bouad occupe la tête de liste de l’union de la gauche. Cathy Chaulet, vice-présidente du Conseil départemental et maire de Saint-Privat-de-Champclos, est positionnée en deuxième place. Pour le moment. « Elle est vice-présidente du Conseil départemental, maire et veut aussi devenir sénatrice. En matière de cumul, elle est déjà bien servie », ironise un élu socialiste. Derrière cette remarque se cache une idée qui circule de plus en plus ouvertement : convaincre Cathy Chaulet de s’effacer pour laisser la deuxième place à Carole Bergeri. L’avantage serait double. D’abord éviter une candidature dissidente. Ensuite préserver l’unité de façade d’une gauche gardoise qui ressemble de plus en plus à une colocation forcée. « Cela permettrait de proposer à Carole Bergeri la seconde place et l’affaire est réglée. On n’aura pas plusieurs listes », plaide un cadre socialiste. Mais l’affaire est loin d’être réglée. Car derrière cette bataille de positionnement se cache une inquiétude plus stratégique. Beaucoup imaginent déjà l’après-Denis Bouad. Si le sénateur socialiste était amené à quitter son siège avant la fin de son mandat, sa remplaçante naturelle serait Cathy Chaulet. Et là, certains socialistes voient rouge. « On va se retrouver avec une communiste au Sénat. Et dans six ans, le PCF revendiquera naturellement la tête de liste. C’est hors de question », souffle un élu.
Les Cocos en solo ? Le problème, c’est que les communistes ne semblent pas disposés à servir de variable d’ajustement. Du côté du PCF, les états d’âme socialistes commencent même à provoquer une certaine lassitude. Certains poids lourds du parti évoquent désormais un scénario alternatif : une liste autonome conduite par Patrick Malavieille avec Cathy Chaulet en deuxième position. Autrement dit, exactement le contraire de ce que souhaitent les stratèges socialistes. À deux ans des Départementales, chacun mesure déjà les conséquences d’une éventuelle rupture. Car derrière les sénatoriales se prépare aussi le rapport de force de demain. Et dans cette équation, certains socialistes commencent à trouver que le partage du pouvoir est un peu déséquilibré. « À Nîmes, le PCF va devoir faire de la place aux socialistes. Ils ont déjà un maire et un président de Nîmes Métropole. Faut pas exagérer... » Les sénatoriales sont encore loin. Mais à gauche, la campagne des départementales semble déjà avoir commencé. Et manifestement, l’union est toujours plus facile à afficher sur une photo que sur une liste électorale.
Rémi Nicolas réclame sa place. Pendant que les socialistes s’écharpent déjà sur les sénatoriales, un autre sujet monte discrètement à Nîmes Métropole : la place de Rémi Nicolas dans le nouvel exécutif. Le maire de Marguerittes n’est pas n’importe qui. Premier vice-président, interlocuteur privilégié des maires du territoire, il est aussi l’un des rares à connaître parfaitement les rouages de l’Agglo après avoir participé au précédent mandat de Franck Proust. « Aujourd’hui, il est sur tous les fronts. Il est énormément investi pour la réussite de Vincent Bouget, mais les moyens ne sont pas à la hauteur », confie l’un de ses proches. Comprendre : Rémi Nicolas réclame du renfort. Pas un cabinet bis, jure son entourage, mais davantage de moyens humains pour coordonner les dossiers et assurer le lien avec les communes. En coulisses, certains socialistes sont moins diplomates. « Rémi Nicolas ne peut pas être isolé quand Vincent Bouget s’est entouré d’une équipe très largement marquée politiquement par les communistes », glisse un élu. Une petite phrase qui en dit long sur les équilibres internes de la majorité. Car si l'entente entre socialistes et communistes est officiellement excellente, chacun regarde déjà qui occupe les postes stratégiques. Du côté de l’exécutif, on balaye toute polémique. « Entre Vincent Bouget et Rémi Nicolas, il n’y a aucune divergence. Ça travaille très bien. » Sans doute. Mais en politique, lorsqu'on commence à parler d'organigramme, c'est rarement uniquement une question d'organigramme. Et à gauche, certains semblent déjà vouloir préparer l'après-lune de miel.
À droite, chacun prépare son avenir. Battu aux municipales, Franck Proust n’a manifestement pas renoncé à peser dans le débat politique. L’ancien candidat à la mairie de Nîmes a récemment été aperçu lors d’une réunion de soutien à David Lisnard. Le maire de Cannes, qui ne cache plus ses ambitions nationales, pourrait bientôt croiser le fer avec Bruno Retailleau pour incarner l’avenir de la droite. Et visiblement, le Nîmois a déjà choisi son camp. Mais une autre personnalité commence à susciter les conversations : Steeve Calligaro. Le président du Medef Gard et patron du RCN serait en pleine réflexion sur son avenir. « Il va quitter dans les prochains mois le RCN et le Medef pour s’inscrire dans un projet politique à Nîmes », assure l’un de ses proches. Reste à savoir sous quelle bannière. Pour ceux qui l’observent, la ligne est déjà connue : David Lisnard en référence, libéral sur l’économie, ferme sur les questions régaliennes. « Il est persuadé que la droite nîmoise est morte et qu’il y a aujourd’hui un espace à reconstruire », glisse un observateur. Dans cette hypothèse, difficile d’imaginer que le sujet n’ait pas été évoqué avec Franck Proust. Les deux hommes se sont d’ailleurs retrouvés cette semaine à Place à l’entreprise, en compagnie de Thierry Procida. « Ils étaient seuls aux premiers rangs. Aujourd’hui, ils sont devenus radioactifs », ironise un participant. Pendant ce temps, au Medef, la succession s’organise déjà. Un nom circule avec insistance : celui du chef d’entreprise Philippe Poulet, réputé proche d’Éric Giraudier. Avant son éventuel départ, Steeve Calligaro a toutefois pris soin de verrouiller un dossier stratégique : le recrutement de la future secrétaire générale du Medef Gard. À compter du 1er septembre, Camille Taberne prendra ses fonctions. Un choix qui intrigue autant qu’il séduit. Fondatrice du club des entrepreneurs de Montpellier Business School, habituée des grands rendez-vous internationaux, elle travaille actuellement sur l’organisation du G7. « Son seul défaut, c’est d’être mariée à Anthony Belin », sourit un chef d’entreprise gardois en référence à l’ancien candidat UDR à Lunel. Avant d’ajouter aussitôt : « Elle est bourrée de talent, n’a jamais été engagée politiquement, n’est pas du tout dans les extrêmes et c’est une mère de trois enfants particulièrement investie. » Un recrutement qui ressemble aussi à un dernier message : avant de penser politique, Steeve Calligaro entend laisser une maison en ordre. Enfin, autant que possible.
Le roi Chapon. À Uzès, il existe un duc. Le 17e d’une longue lignée. Il s’appelle Jacques de Crussol. Mais dimanche dernier, dans la cité ducale, il n’y avait qu’un seul roi : Jean-Luc Chapon. Comme chaque année, plus de 1 000 Uzétiens se sont retrouvés dans la vallée de l’Eure pour le traditionnel repas champêtre offert par la municipalité. Au menu : déjeuner gratuit, animations et convivialité. Une seule condition pour participer : habiter Uzès. « Encore une fois, Chapon a frappé les esprits. Il est le seul maire du Gard à offrir un tel moment à tous ses administrés sans distinction. Et je peux vous dire que les sourires étaient au rendez-vous », glisse l’un de ses fidèles. Il faut dire que Jean-Luc Chapon maîtrise parfaitement cet exercice. Après 43 ans à la tête de la commune et huit mandats consécutifs, le maire d’Uzès continue de régner sur la vie politique locale avec une aisance déconcertante. Pendant que certains élus comptent les mois avant les prochaines élections, lui continue de remplir les tables. La vraie question n’est d’ailleurs plus de savoir s’il sera candidat. Mais plutôt à quel moment il décidera de s’arrêter. « Il est en pleine forme et toujours aussi motivé. Rien ne peut l’arrêter », assure un proche. À Uzès, les alternances politiques sont rares. Les légendes locales encore davantage. Et après plus de quatre décennies de règne, Jean-Luc Chapon appartient désormais un peu aux deux catégories.
Arles : la guerre continue. Les municipales sont passées, mais à Arles, les plaies ne sont manifestement pas refermées. Et l'opposition n'entend laisser aucun répit à Patrick de Carolis. Dernier sujet de friction : la liquidation de l'entreprise Masoni. Une institution locale emportée après près d'un siècle d'existence. Derrière les chiffres, ce sont des salariés et des familles qui se retrouvent sur le carreau. « Cette fermeture doit nous interroger collectivement. Malgré les annonces sur l'attractivité économique, malgré les opérations de communication et les promesses de développement, nos entreprises historiques continuent de disparaître », tacle Nicolas Koukas, chef de file de l'opposition. Mais ce n'est pas le seul dossier qui fait monter la température. La récente réunion organisée contre le projet de ligne THT aérienne a laissé un goût amer à plusieurs élus. Officiellement, il s'agissait d'afficher un front commun. Dans les faits, une partie de l'opposition n'avait tout simplement pas reçu d'invitation. « C'est l'union sacrée... mais sans l'opposition », ironise un élu. Avant d'enfoncer le clou : « Il suffit de regarder avec qui Patrick de Carolis choisit de poser sur les photos pour comprendre la stratégie de droitisation de ce dossier. » Et comme si cela ne suffisait pas, un autre sujet continue d'empoisonner l'ambiance : les relations entre la mairie et le club de football d'Arles. Une affaire qui a déjà alimenté de nombreuses colonnes dans la presse locale. « L'histoire est loin d'être terminée. Et elle pourrait finir devant les tribunaux », prévient un observateur du dossier. À Arles, la campagne municipale est officiellement terminée depuis longtemps. Officieusement, certains semblent ne jamais avoir quitté le terrain.
Damien Alary entre dans la mémoire de Pompignan. Les hommages politiques sont parfois éphémères. Celui-ci est appelé à durer. Samedi prochain à 11 heures, à Pompignan, une place du centre du village sera officiellement inaugurée au nom de Damien Alary. Une façon pour sa commune natale de graver dans la pierre le souvenir de celui qui l'a dirigée pendant vingt ans, de 1979 à 1999, avant de devenir l'une des figures incontournables du socialisme gardois. Président du Conseil général puis du Conseil départemental, il aura également présidé la Région Languedoc-Roussillon lors de la délicate période précédant la fusion avec Midi-Pyrénées. Décédé le 27 août dernier à Nîmes, Damien Alary laisse derrière lui une empreinte rare dans la vie politique locale. Celle d'un élu qui aura traversé plusieurs décennies de pouvoir sans jamais rompre le lien avec son territoire d'origine. Pour l'occasion, Carole Delga devrait faire le déplacement. Un geste qui n'a rien d'anodin tant Damien Alary fut l'un des artisans de la transition régionale et l'un des soutiens de la présidente de Région au moment où l'Occitanie prenait forme. À Pompignan, le nom de Damien Alary ne figurera désormais plus seulement dans les livres d'histoire politique gardoise. Il deviendra aussi une adresse. Une distinction que peu d'élus peuvent revendiquer de leur vivant... et plus rares encore sont ceux qui la méritent aux yeux de leur commune.