Les grands électeurs sont officiellement entrés dans la campagne des sénatoriales. Dans un courrier adressé aux maires et aux élus locaux du Gard, Denis Bouad, sénateur sortant (PS), sollicite leur soutien aux côtés de ses colistiers Cathy Chaulet, Fabrice Verdier, Sylvie Arnal et Gilles Guillaud.
L'argument central de cette lettre tient en une idée : l'union. Les candidats expliquent avoir répondu aux appels de nombreux élus et responsables locaux qui souhaitaient une candidature commune afin d'éviter une dispersion des voix.
« Face à l'ambition politicienne du Rassemblement national (...), seule une candidature de rassemblement pouvait créer une dynamique, permettre l'élection de deux sénateurs et de ce fait empêcher l'élection d'un 7e parlementaire RN dans notre département », écrivent-ils.
Une campagne tournée vers les maires
Le choix des destinataires n'a rien d'anodin. Les sénateurs sont élus au suffrage universel indirect par un collège composé à près de 95 % de délégués des conseils municipaux, au premier rang desquels figurent les maires et les conseillers municipaux. Dans le Gard, trois sièges sont à pourvoir le 27 septembre selon un scrutin de liste à la représentation proportionnelle.
Dans leur courrier, les candidats rappellent que le Sénat est la chambre des collectivités territoriales et insistent sur leur proximité avec les élus locaux.
« La voix des maires et des élus locaux doit plus que jamais être entendue au Sénat », écrivent-ils, avant de mettre en avant leur expérience des collectivités, notamment au Conseil départemental du Gard, où Denis Bouad a présidé l'exécutif départemental avant son élection au Sénat.
Des difficultés concrètes mises en avant
Le courrier reprend plusieurs préoccupations exprimées régulièrement par les élus locaux : tensions sur les finances des communes, multiplication des normes, conséquences du zéro artificialisation nette (ZAN), interrogations autour de la loi SRU, difficultés de recrutement, hausse du coût des assurances ou encore maintien des services publics.
Les candidats estiment que ces évolutions renforcent le rôle des sénateurs comme relais des collectivités auprès de l'État.
« Être sénatrice ou sénateur, ce n'est pas seulement voter la loi mais bien l'améliorer pour qu'elle soit applicable sur le terrain », soulignent-ils, en promettant de défendre l'autonomie des collectivités et de faire remonter les réalités vécues par les maires.
Un scrutin stratégique dans le Gard
Le courrier intervient dans une campagne particulièrement suivie. Le Gard renouvelle ses trois sièges de sénateurs le 27 septembre. Les candidats sont élus à la proportionnelle, un mode de scrutin où l'équilibre des forces parmi les grands électeurs est déterminant. Les municipales de mars dernier ont, comme partout en France, renouvelé une grande partie de ce collège électoral.
En plaçant la menace d'une percée du Rassemblement national au cœur de son message, Denis Bouad cherche à convaincre les élus que le rassemblement est la meilleure stratégie pour conserver une représentation de gauche au Palais du Luxembourg. Une campagne qui s'annonce particulièrement disputée dans un département où les équilibres politiques ont fortement évolué ces dernières années.