Objectif Gard : Comment se sont déroulés vos débuts à l'hôtel de ville ?
Jean-Antoine Bunoz : Je suis très heureux et très fier de la mission que les Poulxois m’ont confiée. Prendre un navire de cette taille à mon âge (63 ans, NDLR), c’est beaucoup de responsabilité. Mais j’ai œuvré en politique pour arriver à ce graal. Aujourd’hui, leur confiance m’honore et m’oblige à mener une politique digne de leurs attentes. Je veux restaurer l’image de la politique. Tous les deux mois, je rendrai compte de nos actions. Nous avons été élus sur la base d’un programme. J’ai demandé à chaque adjoint que celui-ci soit leur livre de chevet.
Vous dites vouloir « restaurer l’image de la politique ». C’est en ce sens que vous avez pris quelques mesures symboliques en début de mandat…
Mon slogan de campagne était : « Le changement, c’est nous et c’est maintenant. » Dès que nous avons été élus, l’apéritif du conseil municipal d’installation a été payé et organisé par le collectif J’aime Poulx, qui compte 170 adhérents. Ce n’est pas le personnel communal qui s’en est chargé. Nous avons aussi baissé les indemnités du maire et des adjoints de 30 % pour les partager avec l’ensemble de nos colistiers. Tous ont une mission. Je suis gaulliste (il montre le portrait du Général de Gaulle, derrière son bureau, offert par Alain Boule, ex-secrétaire départemental du RPR). La démocratie, c’est pour et par le peuple.
Incendie volontaire : la mairie porte plainte
Quelles mesures avez-vous mises en place ?
Nous avons lancé une enquête sur la sécurité, pour laquelle nous avons reçu 300 réponses. Les résultats seront annoncés à la fin de l’été. Pour l’instant, nous avons remis l’éclairage en place jusqu’au 1er septembre, à 5 heures du matin. Cela permet de lutter contre la « petite délinquance », des jeunes qui veulent faire un peu la fête… Mais aussi et, surtout, de voir les visages d’auteurs d’incendies volontaires. Depuis juillet, nous avons eu cinq départs de feu dans le secteur Saint-Gervasy, Cabrières, Nîmes et Poulx. Quelqu’un, la nuit, a balancé un tissu imbibé d’alcool dans la garrigue. Heureusement que nous avions des pompiers du camp des Garrigues en alerte. La commune a déposé plainte.
Vous souhaitez également créer une brigade citoyenne pour lutter contre le risque incendie… De quoi s'agit-il ?
Si poulx est surnomé "la perle de la garrigue", ce n'est pas pour rien. Sur le modèle de ce qu’a fait Langlade, nous souhaitons lancer une association, subventionnée par la municipalité. Elle sera hébergée dans les locaux de la mairie. L’idée : un week-end par mois, avec des tronçonneuses et des débroussailleuses, nous veillerons à ce que les OLD (obligations légales de débroussaillement) soient respectées. C’est vraiment une préoccupation de tous les jours. Par ailleurs, nous avons acheté, avec les communes voisines, un appareil permettant de mesurer la pression et le débit des bornes incendie. Les années paires, c’est aux communes de le faire pour le compte du SDIS (Service départemental d’incendie et de secours).
Transports : « Les Poulxois préfèrent prendre leur voiture »
Sans transition, vous réfléchissez à modifier votre réseau de transport. Pourquoi ?
Nous sommes le plus mauvais élève de l’Agglo nîmoise. Les gens préfèrent prendre leur voiture. La raison : le bus qui dessert Poulx fait tout le tour du village. Cela prend 45 minutes. Nous sommes en train de réfléchir avec Nîmes Métropole pour qu’il y ait un arrêt avec un parking à l’entrée du village. Ce serait uniquement pour les usagers non scolaires.
Un mot sur les finances de Poulx. Vous avez lancé un audit. Quel en est le résultat ?
Pour appliquer notre programme, le nerf de la guerre, c’est l’argent. Nos finances ont été déséquilibrées avec la construction de la halle couverte. Un outil à 750 000 € ! On n’avait plus de trésorerie. Il y a eu 500 000 € d’emprunt, avec 27 000 € de frais bancaires. Heureusement que l’on a pu rebondir avec des ventes de terrains communaux. Je pense que la précédente majorité n’a jamais eu le sens des priorités. Il y avait des travaux d’étanchéité de la toiture des écoles, l’isolation de la crèche… Aujourd’hui, je dois créer quatre bureaux de vote pour les prochaines élections parce que l’on est trop nombreux. Je ne sais même pas comment faire.
Qu’en est-il de la dette ?
Elle n’est pas élevée. L’ancienne municipalité a vu à court terme sur les créances. Nous avons un budget de personnel un peu élevé, a révélé l’audit. En tant que gaulliste, si on veut améliorer les finances publiques, il faut toucher aux dépenses et pas aux recettes. Dans une entreprise, on ne peut pas compter sur le fait d’augmenter les prix et espérer avoir plus… Nos marges de manœuvre sont sur la masse salariale. Des fonctionnaires ne seront pas systématiquement remplacés. Parfois, il vaut mieux avoir une entreprise extérieure qui exécute une charge ponctuelle plutôt que d’avoir quelqu’un que tu paies à l’année et qui ne servira pas forcément à grand-chose.
Maison médicale : où en est le projet ?
Où en est le projet de maison médicale ?
Le projet est prévu sur un grand terrain de 6 000 m², rue des Micocouliers. Nous venons d’avoir l’estimation des Domaines. Nous avons reçu une lettre d’intention, signée par un promoteur qui a déjà réalisé une dizaine de maisons de ce type dans le Gard et l’Hérault. On lancera l’autorisation de vente de ce terrain en septembre ou en octobre. À cette maison médicale, nous aimerions associer des commerces ainsi qu’un projet d’habitat social. D’ailleurs, nous continuons les projets lancés par l’ancienne majorité, dans le respect de l’acceptation des Poulxois. À la préfecture, nous avons un objectif de construction de 129 logements sur trois ans.
Quatre comités de quartier créés
D’autres projets ?
Oui, nous avons créé quatre comités de quartier avec Marie-France Vabre, adjointe aux comités de quartier et à la démocratie participative. Je fais un peu comme Vincent Bouget avec la démocratie participative… Même si nous ne sommes pas forcément du même bord (sourire). Nous leur donnerons un petit budget pour faire des travaux. Une politique municipale n’est comprise que si elle est entendue. Il faut aller vers les citoyens, y compris vers l’opposition. Je pense d’ailleurs que Vincent Bouget a fait une erreur en rejetant les élus RN des commissions. Qu’il le veuille ou non, ils sont élus. Je ne partage pas leurs idées mais, je suis gaulliste, il faut respecter cette sensibilité du peuple.
Enfin, est-ce un plus d’avoir été chef d’entreprise quand on est maire ?
Évidemment. Ça m’apporte énormément dans la gestion des femmes et des hommes. Dans mon entreprise (Pertuis Froid, NDLR), j’ai 46 salariés, à peu près la même chose qu’ici. Je les ai profondément respectés. J’ai un turn-over qui est de zéro. En 40 ans de métier, je n’ai eu aucun prud’homme. Je suis un bon père de famille qui gère ses ressources humaines avec dignité et cœur. Après, la finalité n’est pas la même : dans une société, le but est de faire du profit. Dans une collectivité, il faut éviter le déficit. En tout cas, en arrivant ici, j’ai trouvé des gens engagés dans leur mission. Je bosse plus que lorsque j’étais au boulot mais j’adore ça.