Publié il y a 1 an - Mise à jour le 10.05.2023 - François Desmeures - 4 min  - vu 573 fois

CAUSSES ET CÉVENNES Trente-six communes élaborent une cohérence territoriale pour 15 000 habitants

Un territoire majoritairement forestier qui doit élaborer des pistes de développement et d'aménagement du territoire

- (photo François Desmeures)

C'est à l'échelle des intercommunalités du Pays viganais et de Causse-Aigoual-Cévennes que le pôle d'équilibre territoriale et rural (PETR) va présenter aux élus, ce jeudi 11 mai à 17h, au foyer de Saint-André-de-Majencoules, le projet d'aménagement stratégique, troisième étape du schéma de cohérence territoriale (SCoT) qui trace les choix de développement, notament urbanistiques, des deux territoires pour les vingt ans à venir. Une réunion ouverte à tous ceux qui souhaitent savoir quels sont les choix de développement proposés. 

Daniel Zeberko, Sylvie Pavlista et Régis Valgalier, présidente et élus référents du pôle d'équilibre territorial et rural • (photo François Desmeures)

Prévu pour baliser durant vingt années les choix d'un territoire donné, le Schéma de cohérence territoriale (SCoT) est lui-même le fruit d'une réflexion de plusieurs années. Et celui d'un temps administratif qui effectue plusieurs navettes entre collectivités sollicitatrices, cabinets d'études et agences d'urbanisme, population locale lors de réunions publiques et élus pour arrêter définitivement le document qui servira aussi, ensuite, de matrice à la révision des plans locaux d'urbanisme. Autour du Vigan, de l'Aigoual, de la Dourbie et de la vallée Borgne, le document est établi par le Pôle d'équilibre territorial et rural (PETR) Causse et Cévennes qui regroupe les intercommunalités du Pays viganais et de Causse-Aigoual-Cévennes.

Soit l'ajout d'une strate supplémentaire dans un millefeuille administratif déjà indigeste pour une grande part de la population. Présidente du PETR, la première adjointe à la mairie du Vigan, Sylvie Pavslista, en est bien consciente. Mais ce regroupement est avant tout un besoin d'obtenir une taille critique pour gagner en possibilités, selon elle. "L'intérêt est de regrouper toutes les énergies et de donner un sens à notre projet de territoire. C'est aussi une taille qui nous permet d'avoir des subventions, de répondre à des appels à projets. Certaines subventions ont des planchers importants, et les communautés de communes que nous sommes n'y auraient pas droit." Sans parler d'une aide au paiement de 80 % du salaire de coordinateurs pour assurer la mission. "Il faut bien se conformer aux exigences d'État, sinon on passe à travers", s'incline Sylvie Pavlista. 

"Rien n'est figé, ce sera quelque chose de mouvant, de très évolutif"

Régis Valgalier, maire de Trèves

Mais cet agrandissement d'échelle a aussi du bon, selon la présidente et les élus référents du SCoT au PETR, Régis Valgalier, maire de Trèves, et Daniel Zeberko, conseiller municipal de Molières-Cavaillac, "ça nous fait travailler avec les voisins". Sur un territoire en lui-même cohérent, comme l'a illustré l'agence d'urbanisme de la région nîmoise et alésienne, en charge du diagnostic. Quatre axes ont présidé autant au diagnostic qu'au projet d'aménagement stratégique, qui sera présenté demain soir aux élus du comité de pilotage : "Territoires préservés, territoires habités, territoires solidaires et territoires dynamiques". Le tout en gardant, en toile de fond - ou comme éléphant dans la pièce - la transition écologique. 

"En 2020, on a réuni tous les élus et commencé à questionner tout le monde pour dégager des thèmes", explique Sylvie Pavlista. En gardant à l'esprit que "rien n'est figé, ce sera quelque chose de mouvant, de très évolutif, rassure Régis Valgalier. On fait des projections mais on ne peut pas être totalement justes." Les thèmes sont venus se graver dans les quatre axes déjà cités. "Préserver et garantir la ressource en eau" ou "assurer l'équilibre entre espaces naturels, agricoles, forestiers et l'activité humaine" entrent ainsi dans l'axe des territoires préservés. "Garantir l'offre de logement pour tous" ou "soutenir une dynamique démographique" s'incluent dans le volet Territoires habités. Côté solidarités, "proposer des solutions de mobilités en milieu peu dense et de montagne" ou "soutenir les commerces de proximité et la logistique" font partie des pistes. Enfin, "intégrer l'agriculture comme pilier de développement" ou "garantir un tourisme durable" sont des exemples de thèmes au chapitre Territoires dynamiques. 

"Des terrains constructibles de 5 000 m2, on en verra de moins en moins"

Sylvie Pavlista, présidente du PETR et 1re adjointe à la mairie du Vigan

Des bonnes intentions qui peuvent se heurter, aussi, à l'évolution du territoire sous l'effet de contraintes qui le dépassent. Ainsi - et même si le nord-ouest du département est moins concerné que le Piémont cévenol, par exemple - de la pression démographique que subissent actuellement les Cévennes, qui peut remettre en cause le développement agricole ou l'offre de logement pour tous. Régis Valgalier doute cependant que la pression soit pérenne. "Il y a un effet Covid, c'est vrai, les gens ont acheté des propriétés, avance le maire de Trèves. Mais dans trois ou cinq ans, ils ne se seront pas tous faits à la vie d'ici et revendront sans doute." "Pour moi, on est dans une mutation, pense Sylvie Pavlista. Des terrains constructibles de 5 000 m2, on en verra de moins en moins. Il faut entretenir, il y a le risque incendie, etc..." Le SCoT prévoit une hausse de population de 0,4 %, en moyenne, jusqu'en 2040, amenant 120 logements supplémentaires par an, "dont 43 % à partir du parc de logements existants"

"Et puis, il ne faut pas tout focaliser sur l'habitat, avance Daniel Zeberko. Il y a toute une partie du projet stratégique sur l'auto-suffisance alimentaire, par exemple ; sur l'économie circulaire, qui représente une nouvelle façon de faire du commerce et de l'artisanat." Isolé dans le coin nord-ouest du Gard, Régis Valgalier avance aussi les mobilités comme sujet essentiel, "parce que de Trèves on peut déjà aller au Vigan. Mais les horaires sont intéressants si on veut aller à Montpellier ou Nîmes, mais pas pour faire ses courses ici, avec une arrivée à 11h et un retour à 13h..." D'où la volonté de créer des "mini-pôles multimodaux dans les villages", avance Daniel Zeberko. 

Ce jeudi 11 mai, un an pile après un séminaire de vision stratégique, 44 représentants des deux communautés de communes débattront donc du projet d'aménagement stratégique présenté, avant de le mettre au vote. "Les gens du public pourront poser des questions", précise Sylvie Pavlista, même si la réunion publique a déjà eu lieu le 11 avril. Le document d'orientation et d'objectifs - la partie réglementaire du SCoT, opposable devant les tribunaux - sera produit au cours du second semestre de cette année. Le SCoT devrait être finalisé en début d'année 2024, puis adopté en décembre de la même année. 

François Desmeures

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