« Nous ne ferons pas du neuf avec du vieux ». C'est la punchline marquante lancée par Pascale Bordes, maire de Bagnols/Cèze, lors du conseil municipal. À quel moment ? Pour évoquer l'avancement des travaux de restauration de la piscine bagnolaise. Avant que les langues se délient, et que des membres de l'opposition donnent leur avis, la priorité de ce mercredi 29 avril, pour la majorité, était de faire adopter le budget. Plus précisément : le budget primitif 2026 pour le budget principal.
Avant de procéder aux votes, Denis Daude, rapporteur de la question 4, a d'abord débroussaillé le terrain, en livrant des chiffres jugés clés, et sa vision : « Le projet de budget 2026 s'équilibre en fonctionnement, à la somme totale de 30 781 794 euros. Et en investissements, à la somme de 12 760 357 euros. » Un focus a été fait sur les recettes générées : « Dans les recettes réelles, elles représentent 29 731 794 euros. » À retenir : les impôts n'augmenteront pas à Bagnols-sur-Cèze.
Avant de rentrer davantage dans le vif du sujet : « 60 % des recettes d’investissements correspondent à des emprunts », note l'adjoint délégué aux Finances. Tout en épinglant l'ancienne municipalité aux manettes : « Les prêts représentaient 57 % en 2025, 55 % en 2024. » Comme pour mieux appuyer sur leur vision économique diamétralement opposée.
Des subventions aux associations « étudiées au cas par cas »
Pascale Bordes lui a emboîté le pas, en réaffirmant sa volonté de faire des économies, afin de préserver les comptes publics de Bagnols/Cèze : « Il n’est plus question de faire des dépenses exagérées. » Denis Daude a repris la parole pour se pencher sur la question des subventions accordées aux associations. Le 3ᵉ adjoint au maire a développé : « Nous avons discuté pied à pied avec chacune des associations. Nous les avons regardées, étudiées au cas par cas. Ce sera ajusté aux besoins réels tout au long de l’année. Nous ferons le nécessaire pour réajuster au fur et à mesure », a commenté le délégué aux Finances, face à des représentants et bénévoles d'associations présents dans le public et attentifs à cette question.
Parmi les autres chiffres à retenir des investissements : la taxe d'aménagement a coûté 150 000 euros ou encore la restauration du patrimoine, à hauteur de 44 000 euros. « Le chapitre 16 est proposé à hauteur de 2 920 000 euros pour permettre le remboursement du capital total de la dette ». Une seconde fois, Denis Daude a dénoncé : « Sur les cinq dernières années, 13,5 millions d'euros ont été utilisés pour le remboursement capital total de la dette. » Jérôme Jackel a pris la parole pour donner un éclaircissement : « Quand nous avons fait le DOB, je n'ai pas vu de PPI (Plan pluriannuel d'investissement, NDLR). Je voulais savoir si vous attendiez l'audit. »
Jérôme Jackel : Le savoir-nager est très important pour les enfants
Le conseiller municipal d'opposition a saisi ensuite la perche, pour aborder un sujet sensible : la piscine couverte de Bagnols/Cèze. Des travaux évalués à un million d'euros. "Le savoir-nager est très important pour les enfants. Nous n'avons pas de piscine couverte dans le Gard rhodanien. Les travaux, je les suis, ils sont très engagés. Je ne sais pas si vous arriverez à casser le contrat (...) Si un enfant n'arrive pas à nager, dans la Cèze, il se noie », a-t-il réagi et alerté.
Pascale Bordes : la piscine couverte ? Une évidence, mais pas à n'importe quel prix
La maire de Bagnols-sur-Cèze a tenu à partager son avis, tranché, sur la piscine couverte. Réponse sans appel aux préoccupations soulevées par Jérôme Jackel : « La sagesse commande d'attendre le résultat de l'audit. Qu'il y ait besoin d'une piscine couverte pour que les enfants apprennent à nager, c'est une évidence. Mais pas à n'importe quel prix et pas n'importe comment », a tranché l'élue municipale, bien décidée à arrêter les frais, quitte à utiliser une métaphore pour se faire bien comprendre : « Dépenser autant pour un local à poissons, c'est non. Cela restera un bassin moyen. On ne fera pas du neuf avec du vieux. Cela fait trop longtemps que les enfants ne peuvent pas nager dans de bonnes conditions », considère-t-elle. La solution se fera sur Bagnols/Cèze. «Je réfléchis à un autre projet de piscine, beaucoup plus adapté pour le territoire », avance la maire bagnolaise, déterminée à avoir une longueur d'avance.
Budget primitif 2026 pour le budget principal : plus de 30 millions d'euros
Christine Muccio, conseillère d'opposition, a fait une observation, pour inciter la maire à en dire davantage : « J'aimerais bien savoir quel est votre projet », questionne-t-elle. « Il faut faire preuve de patience. La question de la piscine, c'est le serpent de mer. On en parle depuis un peu plus d'une décennie. Quand nous aurons avancé dans nos réflexions, vous serez, rassurez-vous, les premiers informés. Les enfants ont perdu beaucoup trop de temps. » Après cette remarque, Pascale Bordes est passée au vote du budget primitif 2026 pour le Budget principal, « équilibré en section de fonctionnement, à hauteur de 30 781 794 euros », et en investissements à la somme de 12 660 377 euros. Les six membres et conseillers de l'opposition se sont abstenus. À la majorité, la délibération centrale du conseil municipal a donc été adoptée.
Michèle Fond-Thurial : La Pyramide participe à l’image positive de Bagnols/Cèze
Enfin, Après 1h45 d'échanges, une délibération portait sur la modification du règlement intérieur et des tarifs de location de La Pyramide. « On veut réserver cet espace aux Bagnolais. On n’augmentera pas les tarifs pour attirer un autre public », a confié la maire. Michèle Fond-Thurial, conseillère d'opposition, a voulu gratifier ce lieu de culture XXL qu'est la Pyramide : « Je voudrais insister sur le fait que c'est une réalisation magnifique pour Bagnols/Cèze. Cela participe à l’image positive de Bagnols/Cèze. Je suis attachée à la tirer vers le haut. »
Pascale Bordes a enfin tenu à donner une nouvelle fois son opinion à propos des soirées du Mont-Cotton, prévues cet été, avec notamment la présence sur la scène en plein air du chanteur à succès Ben Mazué : « Le cachet de l'artiste est de 131 000 euros, sans compter les repas. Les recettes estimées seront de 60 000 euros. J’espère qu’il y aura du monde au concert de Ben Mazué », a tancé la maire, amère de prévoir le paiement de ses frais, convenus par l'ancien maire Jean-Yves Chapelet et son équipe, en pleine étude du budget 2026.
Mot d'adieu appuyé pour Jérôme Talon
Le conseil municipal s'est conclu par une parenthèse. Pascale Bordes a « salué » Jérôme Talon, en le complimentant pour son investissement, dans la capitale du Gard rhodanien : « Il a œuvré dans cette commune depuis 2008 et en tant que DGS (directeur général des services, NDLR) depuis 5 ans. Il nous quitte ce 30 avril pour voguer vers d'autres cieux. Nous n'avons pas toujours été d'accord. N'empêche, je tiens à le remercier d'avoir pu œuvrer pour la ville de Bagnols/Cèze. Je vous souhaite une poursuite de carrière remplie de belles choses. » Saluer un adversaire politique, pour son travail accompli, ne coûte rien.