Comment sait-on que sa ville a les deux pieds dans la campagne des municipales ? Facile : les adversaires s’échangent d’acides amabilités. Du côté du candidat de la gauche unie (hors LFI), Vincent Bouget, les attaques sont fréquentes. Logique, l’élu est le premier opposant au conseil municipal et communautaire. D’ailleurs, lorsque le communiste a appris ce qu’allait coûter à la ville le divorce avec l’ex-patron du Nîmes Olympique, Rani Assaf, le candidat s’est empressé de l’annoncer, fustigeant au passage : « le coût de l’inconséquence de la majorité (…) Que ceux qui se veulent se faire passer pour des sauveurs se fassent tout petits… ».
Ces joutes sont classiques au débat public. Mais en campagne, la lutte entre Franck Proust, candidat Tout Nîmes, et Vincent Bouget, de Nîmes en commun, s’intensifie. La température monte d’un cran… Et jusqu’au 15 mars, date du premier tour de scrutin, le thermomètre n’est pas prêt de redescendre. Depuis son QG de campagne, avenue Jean-Jaurès, le candidat LR-UDI-Horizons affiche régulièrement sa volonté « d’empêcher les communistes » de reprendre le pouvoir. La raison, même, de sa candidature aux municipales à 62 ans. Son argument de campagne élude, bien sûr, les neuf autres partis derrière « le communiste » comme le Parti radical de gauche, les écologistes ou encore Parti socialiste. À ce propos, Carole Delga s’est récemment rappelée à son bon souvenir…
Du « vent » et des « paillettes »
Attentif aux faits et gestes de son adversaire, Franck Proust se livre à de petits tacles. Dernier en date ? Le « projet » présenté par celui-ci : « Je sais que le vent fait avancer le navire, c’est pas parce que l’on est en campagne qu’il faut vendre de l’air aux électeurs. » Lors de cette présentation, Vincent Bouget avait en effet insisté : « Notre son projet n’est pas d’un catalogue de promesses électorales. » Sous-entendu : contrairement à la droite…
Mais Vincent Bouget, 46 ans, s’y connaît, lui aussi, en punchlines. Alors que plusieurs centaines de personnes étaient réunies pour la présentation de sa liste, devant le théâtre, le candidat scande haut et fort : « Ce n’est pas un casting de paillettes mais une équipe populaire, engagée et profondément humaine », en référence aux colistiers présentés par Franck Proust, comme l’ancien directeur de l’hôpital de Nîmes, Jean-Olivier Arnaud ou le président de l’USAM, David Tebib. Finalement, ces échanges occulteraient presque les adversaires comme le candidat de RN Julien Sanchez ou l’ex-Premier adjoint Julien Plantier, dont Franck Proust ne parle même plus…