C’était le jeudi 22 janvier. Ce jour-là, à l’Assemblée nationale, les députés Les Républicains ont eu l’opportunité de mettre aux voix plusieurs de leurs textes, à l’occasion d’une "niche" parlementaire. Plusieurs de ces propositions étaient soutenues par le Rassemblement national. Parmi elles : l’interdiction du port du voile aux mineurs, portée par le député du Bas-Rhin Patrick Hetzet. Même si ce texte avait été rejeté en commission des lois, quelques jours plus tôt. Finalement, ladite interdiction n’a pu être examinée, faute de temps.
Une « perversion » de la laïcité
Dans le bloc central, certains députés avaient pu voter favorablement, leur leader Gabriel Attal l’ayant proposé, l’an dernier, pour les moins de 15 ans. À l’époque, Élisabeth Borne, ex-Première ministre, avait émis des doutes sur sa constitutionnalité. À Nîmes, le sujet a eu un certain écho auprès de Nicolas Cadène. Ex-membre du PS, ancien candidat aux Législatives Nouveau front populaire dans la 6ᵉ circonscription, le Nîmois fut aussi rapporteur de l’Observatoire de la laïcité. Un texte qu’il juge « absurde », « une perversion » du principe de laïcité. Le Nîmois rappelle : « La laïcité, ce n’est pas interdire à une jeune de 17 ans de porter un foulard, un voile ou un bandana, mais de garantir la liberté de conscience. »
Dans sa démonstration, il constate : « Ici, seul l’islam est visé. On fabrique une interdiction qui ne frapperait que les musulmanes… quand des mineurs masculins d’autres religions pourraient, eux, porter des couvre-chefs (kippa, turban, patka…). C’est une discrimination indirecte fondée sur le sexe et la religion. » Et d’ajouter : « Si le but est vraiment de protéger les jeunes filles, qu’on mette des moyens dans l’ASE, les PMI, l’accompagnement des familles. Pourtant, les partisans de ce texte ont soutenu la baisse des budgets ! On est en Absurdie… »