Publié il y a 28 jours - Mise à jour le 24.06.2024 - Coralie Mollaret - 2 min  - vu 245 fois

EXPRESSO Nez de Mbappé, abolition de l'esclavage et découverte de l'Amérique... Les pompiers répondent à leur directeur

Lors de la manifestation des pompiers, vendredi dernier, à la caserne de Nîmes-centre 

Lors de la manifestation des pompiers, vendredi dernier, à la caserne de Nîmes-centre

 

- (Photo : Coralie Mollaret)

En amont de la grève des pompiers du 21 juin, la direction s'est rappelée au bon souvenir de ses agents. La réponse du berger à la bergère ne s’est pas faite attendre. 

Entre le syndicat Sud et le colonel Carret, directeur des pompiers du Gard, les relations ne sont pas au beau fixe. Vendredi dernier, une petite centaine d’agents s’est mobilisée contre le manque de dialogue social, mais aussi des « mutations forcées » de personnels sanctionnés ou de leur entourage. À l’annonce de la manifestation, « le président et le directeur » - c’est-à-dire Alexandre Pissas et le colonel Carret - ont écrit aux agents, histoire de leur donner leur version. 

« Éléments factuels indiscutables » 

Dans un communiqué interne de quatre pages diffusé le 19 juin - et dont Objectif Gard a pu avoir accès -, la direction revient sur la situation de la caserne de Saint-Gilles où un agent a été révoqué et un autre suspendu pendant neuf mois suite à une enquête administrative. Selon la direction, « les relations fortement conflictuelles entre les agents en poste » rendaient « indispensable de procéder à un renouvellement de l’effectif ». Le but étant de « retrouver un collectif plus serein qui permettrait l’accomplissement des missions dans les meilleures conditions ».

La direction réfute le terme de « mutation forcée ». Au sujet de l’agent muté au Vigan - qui a attaqué cette décision au tribunal administratif de Nîmes - : « Il réside à Montpellier, la distance de sa nouvelle affectation est équivalente à son ancienne ». Pour les trois autres, deux agents ont été mutés à Alès, « conformément à leur souhait » et un autre à Saint-Génies-de-Malgoires, « avec engagement de répondre à sa demande de mobilité sur Vergèze ». 

La directeur s’est lensuite ancé dans une liste à la Prévert. Une série « d’éléments factuels indiscutables » visant à garantir la qualité du service public tout en portant intérêt à la vie de ses agents. On y retrouve le recrutement de plus de 50 postes de pompiers professionnels d’ici 2028 ou encore les 339 véhicules neufs acquis depuis 2019, dont un renouvellement très important de la flotte de véhicules feux d’espaces naturels. Alors si la direction se dit «  profondément attachée au droit de grève », elle affirme que celui-ci doit « s’exprimer dans le respect des personnes ». Ambiance… 

« Gestion odieuse et injuste » 

Suite à ce message, le syndicat Sud n’a pas manqué de réagir avec humour : « Nous voulions tout d’abord commencer par remercier notre directeur intérimaire pour la découverte de l’Amérique, l’abolition de l’esclavage, les congés payés et pour avoir remis en place le nez de Mbappé ». Et de rappeler que les acquis des pompiers ont été remportés suite à leurs luttes sociales et autres manifestations organisées par le syndicat Sud.

Le message de la direction n’aura donc pas convaincu le syndicat : « Les relations conflictuelles auraient pu être résolues par un dialogue social renforcé et des mesures de médiation adaptées ». Et d’apurer : « Qu’aucun élément concernent les effectifs, la rémunération, le temps de travail ne donne droit à une gestion odieuse et injuste de ces agents, frôlant l’irrespect, la malhonnêteté et la méchanceté ». Entre le directeur et le syndicat sud, la rupture est-elle consommée ?  

Coralie Mollaret

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