Lors du dernier conseil municipal, samedi à Nîmes, l’adjoint aux travaux Emmanuel Carrière a fait voter l’acquisition d’un appartement : 68 m², situé 13 rue Bigot, pour un montant de 140 000 €. Cette opération est une nouvelle étape pour élargir la rue Bigot, dans le quartier de la Placette. En 2023, le plan local d’urbanisme avait été modifié, réservant une partie des constructions (n° 176C, NDLR) bordant cette voie pour « création d’une voirie ». Cet achat suscite quelques réserves de l’opposition… Le président du groupe Nîmes citoyenne à gauche et candidat de la gauche unie (hors LFI) aux municipales, Vincent Bouget, alerte : « Un certain nombre de propriétaires, notamment de la bodega Pépé de Montijo, s’inquiètent… Ils refusent de vendre leur bien. »
« La piétonisation n’est pas exclue »
Emmanuel Carrière se veut rassurant : « Les procédures sont exclusivement amiables. Il n’y a aucune expropriation. » Vincent Bouget poursuit néanmoins : « Vous nous avez dit qu’il n’y avait pas de piétonisation possible de la rue. La rue Bigot, c’est un axe entrant du quartier. Y a-t-il un lien avec l’accessibilité du nouveau parking silo dont, apparemment, vous auriez signé le permis de construire ? » L’adjoint aux Travaux précise que « la piétonisation n’est pas exclue ». Sa réponse surprend Vincent Bouget : « Mais vous nous avez répondu par mail que ce n’était pas possible… Vous l’avez écrit noir sur blanc ! » Et un autre élu de souffler, un brin narquois : « Hum, ça sent les élections… »
L’adjointe chargée de l’Urbanisme - numéro 6 sur la liste du premier adjoint Franck Proust aux municipales -, Dominique Lacambra, prend la parole. Le parking silo de quatre étages, porté par Holding Tissot, qui prévoyait initialement du logement, fait couler beaucoup d’encre. Le comité de quartier n’y étant peu favorable… « Oui, j’ai signé il y a quelques jours le permis de construire. Il est affiché aux services techniques, nous n’avons rien caché », pique l’adjointe. Et de reprendre : « Il y a quelque chose qui m’interpelle : lorsque le Département a vendu cet immeuble, qui était l’ancienne DDASS, pourquoi, à l’époque, vous ne vous êtes pas opposé à cette vente ? Vous saviez qu’il allait y avoir un projet ! »
Un parking « qui peut être transformé en logements »
« C’était du logement, pas un parking ! Ce n’est pas la même utilisation ! », réplique Vincent Bouget. Les échanges se poursuivent : « En effet », concède Dominique Lacambra, qui contre-attaque : « C’était au départ un projet, sur deux niveaux, avec 60 logements pour 270 places. Aujourd’hui, nous passons à 330 places. Je ne vois pas pourquoi ce projet vous dérange autant ! Vous n’allez pas me dire que ces quelques places supplémentaires sont problématiques. » De plus, « cette solution de parking silo est temporaire. Dans quelques années, si ce parking ne convient pas, il y aura deux étages complets qui pourront être transformés en logements. »
« C’est du bricolage ! », rétorque l’élue d’opposition Sylvette Fayet. Vincent Bouget persiste : « Au départ, c’était du logement résidentiel. Là, ce sont des personnes qui vont venir et repartir ! Ce n’est pas la même utilisation du parking ! Et puis, comment on y accède ? » Dominique Lacambra répond : « L’entrée se ferait par la rue Hôtel-Dieu et la rue Villeperdrix. Ça ne remet pas en cause le plan de circulation prévu… Je ne vois pas ce qui est inquiétant ! On a longuement reçu le comité de quartier pour leur expliquer ! »
« 50 % des préabonnements sont pris par les habitants du quartier»
Ce match entre les deux élus inspire le maire, Jean-Paul Fournier, qui livre son commentaire : « Je ne vois pas pourquoi on fait une histoire là-dessus… ». Franck Proust clôt le débat : « Juste pour la parfaite information de M. Bouget, à l’heure où je vous parle : 50 % des préabonnements sont pris par les habitants du quartier sur ce parking. Ça correspond donc aux besoins des gens du quartier. Pas forcément de ceux du comité de quartier… » Reste à savoir, à terme, le sort de la rue Bigot.