Publié il y a 1 h - Mise à jour le 12.02.2026 - Propos recueillis par Coralie Mollaret - 3 min  - vu 325 fois

L'INTERVIEW Bruno Jeanbart, vice-président Opinion Way : «  À Nîmes, il y a une envie de changement, d’alternance  »

Bruno Jeanbart

Bruno Jeanbart, vice-président de l'Institut de sondage Opinion Way

- IP3 PRESS/MAXPPP

Après le dévoilement de notre sondage exclusif, Bruno Jeanbart, vice-président de l'institut de sondages Opinion Way, propose son analyse.

Objectif Gard : Quels sont les grands enseignements de notre sondage Opinion Way/Objectif Gard ?

Bruno Jeanbart : Le premier, c’est qu’il y a un grand favori : Vincent Bouget (candidat de la gauche unie, hors LFI) qui, dans cette élection, semble très bien parti pour l’emporter et faire basculer la ville à gauche, après la période de Jean-Paul Fournier (maire LR depuis 25 ans, NDLR). Qu’il soit en tête au premier tour, ce n’est pas une surprise. C’est plutôt qu’il le soit nettement au second tour, dans l’hypothèse, la plus probable, d’une triangulaire. Le RN étant au premier tour très nettement au-dessus de 10 %. Quant à la droite, divisée, elle est très handicapée.

Ce phénomène d’alternance politique est-il assez classique ou y a-t-il une particularité à Nîmes ?

Non, c'est assez classique. Quand un maire, une personnalité qui était assez forte, qui tenait la ville, s’en va, la prochaine élection est souvent une période à risque pour les sortants. Après, ça dépend des villes... Dans certains territoires, les rapports de force établis sont différents. Par exemple, l'alertenance peut parfois venir du même camp. Il y a des villes qui ont changé de maire mais jamais de bord politique. Toutefois, Nîmes est une ville équilibrée. Elle a été longtemps à gauche. D’où la possibilité d’alternance, renforcée par l’éclatement de la droite.

D’après notre sondage, le RN ne fait pas de percée dans le scrutin… Une surprise ?

On n’a pas l’impression que la personnalité de Julien Sanchez apporte forcément un plus. Après, ce n’est pas forcément une surprise. L’électorat RN est un électorat très partisan. Il est un peu moins sensible à une élection.

Le candidat Franck Proust, adoubé par Jean-Paul Fournier, est en souffrance.

Alors il est en tête par rapport à Julien Plantier. Il fait quand même un score non négligeable. Mais la difficulté, c’est qu’il ne parvient pas à récupérer ses voix…

… C’est l’un des enseignements de notre sondage. Les électeurs centristes de Julien Plantier préfèrent voter Vincent Bouget et même s’abstenir, plutôt que de voter pour Franck Proust, leur ex-allié !

Ce sont les stigmates de la bataille entre ces deux hommes pendant la campagne. C’est une difficulté pour Franck Proust. Il y a un enjeu de leadership très fort et puis, une envie de changement, d’alternance. Après une longue période où la droite était au pouvoir, ces phénomènes de bascule s’observent.

En cas de désistement du RN, le candidat Franck Proust peut-il l’emporter ?

Ce n’est pas aussi simple que ça. C’est sûr, ce serait quelque chose qui pourrait changer nettement la donne. Mais tous les électeurs du RN ne votent pas automatiquement à droite. Il ne faut donc pas en conclure qu’un retrait serait synonyme d’une victoire pour Franck Proust.

Enfin, un mot sur LFI (La France insoumise) qui, comme le RN, ne performe pas vraiment dans ce scrutin.

Non, pas de percée de LFI à Nîmes. D'ailleurs leur score est relativement bas dans cette enquête. Ce n’est pas le cas partout, comme à Marseille ou Paris. La dynamique de rassemblement autour de Vincent Bouget, du PC au PS, est peut-être l’une des raisons. Du coup, Vincent Bouget n’a pas de très grosse concurrence à gauche. Ensuite, comme avec le RN, le vote LFI est sur l’étiquette politique. Du coup, au local, la formation a beaucoup plus de mal.

Enfin, à un mois du scrutin, les dés sont-ils jetés ? Ou certains candidats peuvent encore inverser la tendance ?

À un mois du scrutin, les électeurs commencent à entrer dans la campagne. C'est tout à fait possible qu’il y ait des évolutions assez sensibles. On a l’impression que la dynamique est très favorable à la gauche. Ça, ça ne risque pas de changer. Tout comme le poids du RN ou la division de la droite et du centre. L’handicap est assez important pour les sortants. Après, les électeurs rentrent de plus en plus tard dans la campagne, même aux municipales. Le dépôt officiel le 26 février, la campagne durera deux semaines. Aujourd’hui, le rapport de force est assez établi. Le chemin semble un peu long pour renverser les choses.

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Propos recueillis par Coralie Mollaret

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