Le feuilleton des municipales nîmoises a rebondi fin décembre avec l’officialisation de l’union entre la candidate Renaissance et l’ancien premier adjoint déchu, qui n’est pas parvenu à s’entendre avec le candidat choisi par la droite, Franck Proust. La première prise de parole commune de Valérie Rouverand et Julien Plantier était attendue, et le binôme s’est présenté, tout sourire. « Nous avons tellement en commun », dira l’ancien adjoint de Jean-Paul Fournier.
Et au même niveau : « Nous sommes tous les deux têtes de liste, la seule investiture qui nous importe est celle des Nîmois, lancera Julien Plantier. Viendra prochainement le choix de la tête de liste, comme le Code électoral l’impose, mais nous sommes un véritable duo. » L’union, Valérie Rouverand la présente comme « un acte de responsabilité », « une réponse au repli sur soi », et ce « quand d’autres choisissent la fracture et les ambitions personnelles. » Et elle l’affirme : « Cette union n’est pas un arrangement de circonstance, c’est un acte politique au sens le plus noble du terme. »
« Le temps de la politique des barons est révolu »
Pour autant, les deux candidats avaient jusqu’ici leur propre équipe, et traçaient chacun leur route. « Nous n’avons pas effacé nos singularités, nous les avons conjuguées », glisse Valérie Rouverand. « C’est la rencontre entre deux engagements sincères pour Nîmes et les Nîmois », reprend Julien Plantier. Tous deux se connaissent bien pour avoir été ensemble dans l’équipe Fournier entre 2014 et 2020, et « si nos parcours sont bien différents et nos choix pas toujours les mêmes, nous avons dû faire face à la même adversité », affirme Valérie Rouverand.
L’adversité « pour avoir remis en cause l’ordre établi », lance Julien Plantier, qui estime qu’il est « grand temps de faire preuve de modernité, le temps de la politique des barons est révolu », jetant une jolie pierre dans le jardin de Jean-Paul Fournier et de son successeur désigné Franck Proust. S’il ne jette pas le bébé avec l’eau du bain et donc le bilan dont il est comptable avec les bisbilles politiques, Julien Plantier veut désormais « faire de la politique autrement, ne pas renoncer à l’action, mettre en place une gouvernance apaisée. Ce n’est pas une gouvernance faible, c’est tout l’inverse : une gouvernance forte parce que transparente, assumée, construite sur la confiance, une garantie de cohérence. »
Alors « il ne s’agit pas d’additionner des ambitions personnelles mais de construire une cohérence politique », poursuit Valérie Rouverand, qui veut « remettre l’humain au cœur des décisions à prendre, que les Nîmois redeviennent la priorité, bien davantage que le patrimoine historique, si prestigieux soit-il. La vraie démocratie, c’est quand on écoute vraiment. »
Sécurité, environnement et baisse des impôts
Côté programme, le duo présente « trois priorités », à commencer par la sécurité, « le premier défi, la condition de toutes les libertés », dit Julien Plantier, qui estime que « le maire de Nîmes doit être un maire protecteur ». La liste propose de « réorganiser la police municipale, avec la création de deux brigades, une contre le narcotrafic, une contre les incivilités du quotidien », et de créer « trois postes de police mixtes police municipale et nationale à Nîmes-est, Nîmes-ouest et en centre-ville ».
Deuxième priorité : l’environnement. « Pas une incantation de plus mais une politique concrète d’adaptation, nous sommes une des villes les plus chaudes de France », lance Valérie Rouverand, qui propose « un plan massif de végétalisation », « le doublement des alignements d’arbres sur les rues et la plantation de 500 arbres dans le centre-ville élargi et de 5 000 arbres sur l'ensemble de la ville », et « un plan Marshall de rénovation thermique et d’adaptation climatique des écoles et des crèches ».
Enfin, la troisième priorité sera « la gestion économique et fiscale, une ville bien gérée respecte l’argent de ses habitants », avance Valérie Rouverand, qui affirme que « l’allègement progressif de la pression fiscale est une obligation ». « Et ce n’est pas une promesse irréaliste », reprend Julien Plantier, qui souhaite ainsi « redonner de l’air et du pouvoir d’achat aux Nîmois. »
Plus globalement, le duo veut incarner « une gouvernance moderne et équilibrée », où « l’intelligence collective sera toujours plus efficace que l’intelligence d’un seul. » Reste désormais à voir si cette union, à coup sûr nécessaire pour les deux candidats, sera suffisante pour les porter à la victoire.
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