Publié il y a 1 an - Mise à jour le 02.02.2023 - Propos recueillis par Coralie Mollaret  - 3 min  - vu 460 fois

L’INTERVIEW Le responsable de la CGT, Bruno Rivier : « Le Gouvernement prend les salariés pour des imbéciles ! »

Le responsable de la CGT, Bruno Rivier

Le responsable de la CGT, Bruno Rivier. 

- (Photo : droits réservés)

Entre 17 000 et 20 000 manifestants mardi à Nîmes, 7 000 à Alès et 2 000 à Bagnols. La mobilisation contre la réforme des retraites ne désemplit pas. Entretien avec le responsable de la CGT du Gard, Bruno Rivier.

Objectif Gard : Une nouvelle mobilisation s’est tenue, mardi, contre la réforme des retraites. Une réussite ?

Bruno Rivier : Oui ! Ça fait de très longues années que nous n’avons pas eu ce niveau de mobilisation. Le 19 janvier, certains ont manifesté pour la première fois et sont revenus en ramenant du monde. C’est assez exceptionnel ! Ça montre bien que 90 % des actifs sont opposés à cette réforme… Réforme qui d'ailleurs n’est pas une réforme mais un recul. Le Gouvernement fait une erreur et sous-estime la grogne sociale qui est bien là avec la hausse de l’énergie et l’essence alors que les salaires, eux, n’augmentent pas.

De mémoire de syndicaliste, à quand remonte pareille mobilisation dans le Gard ?

Cette manifestation est plutôt de l’ordre de celles de 1995 pour la première réforme de notre protection sociale. Depuis cette date, j’entends les Gouvernements successifs dirent que c’est la dernière réforme pour sauver notre système… On voit bien que ce n’est pas de cette manière que l’on sauve le système. Au contraire, ils le font couler. Aujourd’hui, il n’y a jamais eu autant de bénéfices dans ce pays. Des bénéficies qui viennent du travail des salariés. 

Dans le Gard, quels sont les secteurs le plus touchés par les grèves ?

Dans le privé comme dans le public, ça a beaucoup mobilisé. Près de 90 % de grévistes chez Haribo : ce sont des techniciens mais aussi des cadres. Les salariés de Perrier ou d’Orano se sont aussi mobilisés. Quant au public, les enseignants et autres services publics étaient très mobilisés. On voyait d’ailleurs que le cortège CGT était le plus important lors de la manifestation !

Malgré l’ampleur de la mobilisation, le Gouvernement ne semble pas vouloir lâcher du lest… Il propose seulement des possibles ajustements sur la pénibilité.

Vous savez, dans n’importe quel mouvement social, il faut tenir une seconde de plus que le directeur ou le patron. Donc nous ne sommes pas très étonnés par la position du Gouvernement. Ensuite, Emmanuel Macron a détruit la médecine du travail, les comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail et a enlevé quatre critères de pénibilité dans le calcul actuel de la retraite… Le Gouvernement prend les salariés pour des imbéciles !

Deux prochaines mobilisations sont prévues les 7 et 11 février. Pourquoi dans un temps plus rapproché ?

La décision a été prise avec les huit organisations syndicales. La réforme sera présentée bientôt à l’Assemblée, il ne faut donc pas trop tarder.

Le texte sera examiné par les députés à partir du 6 février. Êtes-vous en lien avec les députés et sénateurs du Gard ?

Pas pour l’instant. On les a sollicités et j’aimerais bien débattre avec eux, sauf avec les élus du Rassemblement National.

Ça va être difficile… Sur six circonscriptions, quatre ont élu des députés RN aux dernières législatives.

Ah non. Le RN est une véritable imposture sociale. Ils ont voté contre l’augmentation du SMIC. Ce n’est pas un parti politique républicain. Il propose même de diminuer les cotisations sociales des salaires qui servent à financer notre protection sociale.

Vous êtes favorable à un retour à la retraite à 60 ans. Comment financez-vous cette proposition ?

Déjà, une égalité salariale entre les femmes et les hommes. Dans la fonction publique, certaines femmes ne parviennent pas à avoir les mêmes grades en raison de leur congés maternité et finissent leur carrière avec 500 € ou 1000 € de moins qu’un homme. Quant aux entreprises privées, il faut mettre en place un système de pénalités. Ensuite, on pourrait mettre dans l’assiette des cotisations l’ensemble des primes, l’intéressement et les stock-options. Sans oublier qu'il faut mettre un terme aux exonérations sociales des entreprises du CAC 40. 

Propos recueillis par Coralie Mollaret

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