Publié il y a 17 jours - Mise à jour le 09.05.2024 - Coralie Mollaret - 2 min  - vu 933 fois

NÎMES Avec le maire de Montpellier, la Gauche retrouve des couleurs

(Photo : Coralie Mollaret)

Mardi soir aux costières, le maire PS de Montpellier est venu expliquer à ses camarades comment rendre les transports en commun gratuits. 

C’était un peu l’heure du « réarmement » de la Gauche. Aux commandes des opérations : Nicolas Nadal, nouveau secrétaire de la section PS à l’origine de la venue du maire de Montpellier, Michaël Delafosse. Cela faisait bien longtemps que l’ensemble des forces de Gauche ne s’étaient pas retrouvées. Ce mardi soir, le portrait de famille était quasi complet : le communiste Vincent Bouget, le sénateur Denis Bouad, les élus départementaux Alexandre Pissas, Maryse Giannaccini... Mais aussi l'écologiste Sibylle Jannekeyn et François Séguy du Parti de Gauche. 

« Vaincre » les opposants

« Les socialistes nîmois souhaitent mettre en place des rencontres avec les élus, introduit Nicolas Nadal, ce soir, la question de la gratuité des transports pourrait être un enjeu des prochaines municipales 2026 ». Micro en main, Michaël Delafosse démarre son discours. Nîmes, il connaît un peu puisque son épouse est directrice adjointe de l'hôpital de Nîmes et qu'il entretient des relations cordiales avec le président LR de Nîmes métropole, Franck Proust. D'ailleurs, pour ne pas vexer son voisin, le Montpelliérain précise qu’avec Nîmes, « je suis attaché à construire une coopération territoriale et non pas une rivalité ». 

Beaucoup d’élus - pas forcément concernés par ce débat - sont venus voir l’animal politique qu'est Michaël Delafosse. Charismatique, presque lyrique, le socialiste tient son auditoire pendant deux bonnes heures. Peu clivant, il est même plutôt charmeur : « C’est la première fois que je quitte Montpellier pour parler de ce sujet. J’espère qu’il y aura une jurisprudence Nîmes. » Sa mesure de gratuité a définitivement été mise en place en décembre 2023 : « C’était une promesse que nous avions carrément inscrite sur le bulletin de vote. Beaucoup m’ont dit que ce n’était pas possible, que rien n’était gratuit… Je vais vous expliquer comment les vaincre. »

Une centaine de personnes est venue voir le maire de Montpellier 
Une centaine de personnes est venue voir le maire de Montpellier  • (Photo : Coralie Mollaret)

À Montpellier, la gratuité s’est faite par étape : d’abord les week-ends puis à destination des jeunes et seniors pour enfin, la généraliser à tous. Michaël Delafosse insiste sur l’écosystème à mettre en place pour réussir cette politique : « Une fiabilité du réseau des transports, de la sécurité avec le développement d’infrastructures comme le vélo ou le covoiturage. » L'auditoire boit ses paroles. D'autant que le Montpelliérain, bon communicant, conclut en disant : « On me parle de la question du coût… Mais faire de la politique, c’est quoi ? Être un bon gestionnaire uniquement ou changer la vie des gens ? » 

Un enjeu à Nîmes ? 

Le coût, justement, lui a été rappelé : autour d’une quarantaine de millions d’euros. Pour les payer, le socialiste a pu compter sur des recettes fiscales en hausse, mais aussi grâce à des économies passant par la baisse des subventions aux clubs sportifs. Dans la salle, un militant lui oppose le périphérique très embouteillé : « Le problème, ce sont les villages, il faut proposer une offre de transports. Ce sont eux qui viennent sur Montpellier. » Sa politique a-t-elle été judicieuse ? L'avenir le dira. En attendant, la Gauche nîmoise est conquise. Vincent Bouget lui a même demandé quelques tuyaux en fin de réunion publique. On ne sait jamais : si la recette montpelliéraine pouvait s'exporter à Nîmes en 2026...

Coralie Mollaret

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