Plus ancienne société taurine d’Europe, sans interruption d’activité, l’Union taurine nîmoise (UTN), issue du Club taurin nîmois, compte aujourd’hui 130 ans d’aficion, et pour la première fois à sa tête, et ce depuis 2017, une présidente. Les messieurs moustachus en costume foncé trois pièces de 1896 seraient bien surpris de l’évolution de la tauromachie en général, et de la place des femmes en particulier.
Pour célébrer dignement cet anniversaire, Isabel Vigne, présidente de l’UTN, et son bureau ont choisi de proposer plusieurs manifestations tout au long de l’année 2026, la première sera une conférence sur le thème de « La corrida au féminin : libératrice ? »
L’Union taurine nîmoise reçoit Macarena de Pablo-Romero, présidente titulaire de la Maestranza de Séville ; Nicole Lutchmaya, « La India » première nîmoise novillera, Mireille Ayma, novillera française détentrice du plus grand nombre de novilladas piquées et non piquées et, pour boucler le cartelazo, Marie Sara, la rejoneadora gardoise qui prit son alternative à Nîmes, avec Conchita Cintron pour marraine.
Les invitées
Élégante et racée, Macarena de Pablo-Romero est une fille du Campo, celui où naît le noir, celui où la vie des hommes s’organise autour de celle du toro. Petite fille de José Luis de Pablo-Romero et nièce du vice-ministre du développement Jaime Raynaud, elle a passé toute son enfance sur les terres du domaine familial, la Finca La Herreria, à 20 km de Séville, à moins de 3 de Sanlucar la Mayor, et plus ou moins 12 de Gerena. Une zone bien connue de nombreux Nîmois aficionados, et encore plus des membres du club taurin « Les amis de Pablo-Romero » et plus précisément, de Jaime, l’oncle de Macarena, ami et inspirateur de la peña éponyme.
Née après-guerre d’une mère cévenole et d’un père indien originaire de l'île Maurice, Nicole découvre la tauromachie de deux façons : en suivant sa mère aficionada convaincue, et en décidant de se mettre devant des taureaux.
La vie de famille est compliquée par le mélange de deux cultures, mais la maman de Nicole a déjà contourné la férule paternelle cévenole en adhérant à fond à la tauromachie espagnole. Habitant à la Placette, la mère et la fille n’ont que la rue Bigot à prendre pour arriver aux arènes et applaudir les maestros de l’époque Ordonez et Dominguin.
Provençale des bords de Méditerranée, Mirèio a découvert la tauromachie espagnole par le biais de corridas de ferias où se rendaient parfois ses parents, plus aficionados à l’atmosphère de fête qu’au toreo puro. Elle a 13 ans en 1979, lorsqu’à force de recherches et d’attraction irrépressible elle s’inscrit à un stage d’été prodigué par Frédéric Pascal, à Nîmes. Depuis ses 11 ans, la passion est ancrée : elle lit les revues taurines et parvient à convaincre ses parents de partir découvrir Séville.
Son autre passion, l’Espagne, s’articule bien à la première. Il n’y aura pas de retour possible. Elle torée de salon, participe à des becerradas et finit par sauter d’espontaneo lors d’une capea à Bellegarde. Chance des débutants, elle pègue deux passes et est vite protégée par Robert Piles. Elle a la foi, et ça se ressent. Elle sera appelée pour des becerradas, puis des capeas à Arles et même Céret.
Enfin, fille du metteur en scène Antoine Bourseiller et de la comédienne Chantal Darget, la petite Marie Sara (ce sont bien ses prénoms officiels) grandit à Paris dans un univers peuplé de comédiens connus et d’écrivains célèbres. De santé fragile, mais protégée par une grand-mère aux origines égyptiennes (voire egiptanos/l’origine du mot gitan), et au caractère bien trempé, Marie aurait pu devenir une belle jeune femme blonde vivant aisément dans son monde artistique d’origine.
Jusqu’à l’âge de 14 ans, elle apprend à aimer la Camargue où ses parents profitent d’un pied-à-terre, et la maison bourgeoise de ses grands-parents paternels originaires d’Aigues-Vives. C’est le 14 juillet 1978, lorsqu’elle accepte d’accompagner sa mère à une corrida à Méjannes, que Marie Sara attrape le virus.
Rendez-vous est pris le samedi 7 mars à 19h30 dans les salons de l’hôtel CSuites, Ville Active, 152 rue Claude-Nicolas Ledoux à Nîmes (entrée cinq euros avec une boisson offerte), inscription recommandée au 06 11 55 65 12 ou sur uniontaurinenimoise(@)cmail.com