"Depuis que la direction a changé il y a deux ans et demi, on a vu de très bons projets, entame Thomas Bernard, délégué syndical au centre hospitalier de Ponteils, notamment en diabétologie, avec les consultations délocalisées de chirurgie orthopédique, etc. Mais, au coeur des services, l'organisation du travail est de plus en plus compliquée." Thomas Bernard fait notamment référence aux 12 heures de travail d'affilée, qui concerne, par exemple, le service SMR (services médicaux et de réadaptation) Gériatrie ouvert en septembre dernier. La CGT souhaiterait revenir à 8 heures "pour harmoniser les plannings et être enfin rémunérés pour le travail que l'on fait".
"On assiste aussi à pas mal d'arrêts maladie, à des accidents du travail, qui correspondent à des missions en plus, à des activités en plus, poursuit Thomas Bernard. On a de plus en plus besoin de brancardage, mais aucun poste de brancardier. Notamment en interne, quand nos patients ont besoin d'une consultation spécialisée : il faut réorganiser les soins en interne, amener les patiensrt, les attendre, les ramener, etc." Le centre hospitalier de Ponteils compte 75 lits et embauche 120 agents. "On a toujours des difficultés à recruter", concède Thomas Bernard, qui sait que le caractère isolé de l'établissement représente à la fois un atout pour le territoire et une compléxité pour embaucher.
"La santé au travail, aujourd'hui, fait défaut à Ponteils, complète Thomas Bernard. On a enfin un hôpital local qui répond à ses objectifs, mais à quel prix ? La réalité vécue par la direction est bien loin de celle des agents." D'autant, estime la CGT, que la hausse de l'activité "amène une augmentation des tensions avec la hiérarchie et une injonction à se plier aux ordres sous peine de sanction disciplinaire. S'il y a un problème d'organisation, c'est de la faute de l'individu, jamais de sa direction. Alors que nos collègues de l'encadrement sont de moins en moins nombreuses à pouvoir assumer leurs missions et que les arrêts maladie commencent aussi chez elles." Pour le syndicat, "le dialogue social est rompu entre la CGT et la direction".
Directrice déléguée de l'hôpital, Murielle Plaza confirme, en soulignant que "lors des trois derniers CSE (comité social et économique), la CGT n'est pas venue". Murielle plaza conteste le constat d'arrêts maladie en forte hausse. "On en est au même chiffre qu'il y a deux ans, argumente-t-elle. C'est vrai qu'ils avaient un peu baissé, mais ils sont remontés." Elle s'étonne, aussi, de voir le syndicat satisfait de la hausse de l'activité, "alors que ses membres ont voté contre l'ouverture du SMR gériatrie".
"Lors de l'ouverture de nouveaux lits, on a embauché quinze personnes, plaide encore Murielle Plaza. Notre ratio agents/lits est au-dessus de la moyenne nationale." La directrice déléguée ne se sent pas, non plus, concernée par la demande de repaser aux 8 heures, alors que "c'est une revendication qui date de sept ans, et qui n'a pas été validée lors des négociations. Leur souhait aboutirait à l'embauche de quatre personnes pour couvrir les 4 RTT de plus par agent que ça impliquerait, je ne peux pas accéder à cette demande."
Soutenus par quelques agents basés à Alès, et par l'union locale CGT, la quinzaine d'agents a déambulé autour du centre hospitalier. Avant un nouveau mouvement de grève qui concenera, cette fois-ci, le centre hospitalier alésien, le 23 juin prochain.