La venue du député communiste André Chassaigne avait réveillé l'idée d'accueillir des médecins cubains dans les Cévennes (relire ici). Une lettre ouverte et une pétition plus tard (relire ici et ici), l'idée fait son chemin, d'autant plus après la rencontre de ce même Chassaigne avec le conseiller santé du Président de la République, Emmanuel Macron.
Après avoir souligné que "16 000 personnes sont sans médecin traitant sur le territoire d'Alès Agglo", Roger André, membre du comité rappelle que la venue de médecins cubains est vue comme "une solution transitoire, pratique et immédiatement utile". Jusqu'à ce que la fin du numerus clausus à la faculté de médecine produise des effets, pas avant une dizaine d'années encore. Entre-temps, un quart des généralistes alésiens, au moins, aura pris sa retraite.
La venue de médecins cubains, argumente le comité, se ferait sans financement de la Sécurité sociale. "C'est une logique de coopération, un contrat d'État à État", explique Roger André, alors que "la santé et l'éducation sont les priorités cubaines pour exporter", dans une situation de blocus. "La France et Cuba ont à y gagner", la France récupérant des médecins, et Cuba des devises.
"Un statut expérimental du dispositif, dans les Côtes d'Armor, les Alpes de Haute-Provence et les Cévennes"
Le 10 décembre dernier, le comité était reçu au ministère de la Santé "pour poursuivre la réflexion sur la venue de médecins". Le 15 décembre, une pétition signée par 3 500 personnes a été déposée en sous-préfecture pour réclamer leur venue. Mais surtout, le 14 janvier, André Chassaigne a rencontré "le conseiller santé du Président de la République. Il ne voit pas d'obstacle de principe à ce projet. Au contraire, se réjouissent les membres du comité, il a parlé de développer les relations et d'associer l'ensemble du corps médical."
L'idée reposerait sur "un statut expérimental du dispositif, dans les Côtes d'Armor, les Alpes de Haute-Provence et les Cévennes. Le conseiller de l'Élysée a même formulé des propositions, comme d'incorporer aussi la Guyane." Localement, le comité de défense poursuit un travail de terrain, notamment avec Reseda (association de coordination des réseaux de santé du bassin alésien) et Filieris, qui se seraient montrés eux aussi favorables au projet, tout comme le directeur de l'hôpital d'Alès, Christian Cataldo. "On y met notre patte. Mais il y aussi la patte des professionnels de santé !", insiste l'élu alésien d'opposition, Jean-Michel Suau.
Le comité ne voit donc "pas d'obstacle à proprement parler" à la, finalisation du projet. Le 23 février, l'ambassadeur de Cuba en France, Otto Vaillant Frías, viendra dans les Cévennes constater la motivation locale. Le programme est en cours de confection mais la venue du diplomate est sans doute un signe que les choses deviennent sérieuses. La journée devrait donc réunir les décideurs du monde de la santé, et les politiques.