C’est avec une haie d’honneur que Patrick Manco est sorti du match Générac RC – AC Bessèges (2-2) dimanche. Au stade Eliane et Pierre Bourdy, celui qui arbitre sur les terrains du district Gard-Lozère a vécu un grand moment d’émotion. « J’avais demandé à finir à Générac car c’est là-bas que j’ai pris ma première licence au début des années 1980. Il y avait toute ma famille et mes amis aussi. J’ai ressenti une forte émotion parce que je me suis dit que je ne participerai plus à des matchs de D1. » Patrick Manco, qui revendique environ 1 000 matchs en deux décennies d'arbitrage, a été bien sûr mis à l’honneur : « Frédéric Touzelier, le maire de Générac, m’a offert la médaille de la Ville, un maillot à mon effigie et un tableau de mon premier match quand j’étais gamin. »
La CAN des quartiers devant 3 000 personnes
Le Gardois avait été élu meilleur arbitre de D2 il y a une dizaine d’années, ce qui lui avait permis d’officier à l’étage supérieur. Mais c’est souvent dans les matchs à élimination directe qu’il a connu ses plus grands moments : « Mon meilleur souvenir reste la finale de la coupe André-Granier 2021 entre le Sporting Club nîmois et l'Olympique de Gaujac. C’était un match renversant puisque le Sporting nîmois menait 3-1 à la mi-temps. Puis il y a eu 4-4 avant que Gaujac l'emporte 5 à 4 dans les prolongations. C’était ma première finale en tant qu’arbitre. » Référent au centre social Simone-Veil à Valdegour, l’arbitre conserve un excellent souvenir d’une compétition officieuse : « La CAN des quartiers n’était pas arbitrée et j’y suis allé bénévolement. En finale, il y avait un Maroc-Sénégal devant plus de 3 000 personnes au stade Marcel-Rouvière. C’était une réussite et bon enfant ».
Hassana et Djamel, les fidèles soutiens
En se retournant sur toutes ces années passées sur les pelouses du district Gard-Lozère, Patrick Manco est reconnaissant envers les personnes qui l'ont soutenu : « C’est Hassana, ma femme, qui préparait mon sac tous les dimanches et c’est une corvée qu'elle n’aura plus à faire. Elle est toujours à mes petits soins et elle m’appelait après chaque match pour savoir comment ça s’était passé. J’avais un rituel. Mon ami d’enfance, Djamel Boucceredj, est aussi arbitre et à chaque fois on s’appelait avant et après les matchs. »
Une page est tournée pour l’arbitre, mais il ne compte pas lâcher le football pour autant : « J’ai envie de me diriger vers le coaching, mais aussi d’observer les jeunes arbitres. J’irai peut-être faire du vélo ou du padel. » Si le sifflet de Patrick Manco est désormais rangé dans un tiroir, les baskets lui seront encore utiles pour longtemps.