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NÎMES : TROUVER UNE PLACE DANS L’ALTERNANCE, ÇA SE TRAVAILLE !

Aziz, 21 ans, tente de décrocher un contrat en alternance auprès de Marie-Josée Lamarque, chargée de Gestion des carrières à la Banque Populaire. Photo DR/S.Ma

Le carnet d'adresses est un outil essentiel, voire indispensable pour tout travailleur qui se respecte. D'année en année, on le complète, on le peaufine, pourvu que les noms et numéros de téléphone s'entassent sur les pages. Oui mais voilà, lorsqu'on est jeune, ce carnet d'adresses affiche souvent page après page des lignes vierges. Et pourtant, c'est au début d'une carrière que les contacts sont les plus utiles. Alors pour pallier à cette difficulté éprouvée par de nombreux jeunes, notamment ceux qui habitent dans les quartiers dits mal famés, stéréotypes mis à part, l'AFIJ (Association pour faciliter l'insertion professionnelles des jeunes diplômés) met en place plusieurs manifestations mettant des chefs d'entreprise face aux jeunes. Ce mardi 27 mars et ce jusqu'au vendredi 30 mars est ainsi organisée "ALT SUP", une opération nationale dédiée à "l'alternance et à la mise en relation jeunes et entreprises." À Nîmes, c'est à la Maison des compagnons du devoir qu'a eu lieu la deuxième édition de la manifestation.

Ainsi, les jeunes, inscrits à l’AFIJ de Nîmes, ont pu participer à une interface très complète sur la formation en alternance animée par le MEDEF LR, OPCALIA, FONGECIF et POLE EMPLOI et rencontrer des représentants de la Banque Populaire et de Formapost pour La Poste. Et attention, ce rendez-vous, c'est du sérieux car les deux entreprises recherchent des candidats pour signer un contrat en alternance. "Chaque jeune a un entretien avec un professionnel à qui il a présenté son CV et sa lettre de motivation, explique Fanny Guignard, responsable de relais AFIJ Gard convaincue que les études en alternance "séduisent beaucoup les jeunes car ils peuvent gagner leur vie tout en étudiant. Et puis ils acquièrent de l'expérience et accèdent plus facilement à un contrat de travail."

Ce mardi, les métiers de la banque ont été mis à l'honneur. Tout au long de la matinée, 13 personnes ont défilé CV à la main, devant le bureau improvisé de Marie-Josée Lamarque, chargée de la Gestion des carrières à la Banque Populaire. "L'alternance est notre vivier de contrats en CDI. Nous recrutons au niveau BTS mais aussi Licence. Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que nous les faisons évoluer dans l'entreprise. Ils entrent en tant que conseillers accueil-vente, mais au bout d'un an, tout en gardant ce statut, ils peuvent être détachés pour suivre un conseiller clientèle." Avoir des objectifs, de l'ambition, connaître l'entreprise, adhérer à ses valeurs, être mature. Voilà ce que cherche Marie-Josée Lamarque chez un candidat. Et dans le lot des 13 jeunes, il semblerait que la chargée de Gestion de carrières ait trouvé la perle rare. Par respect pour les autres candidats, nous ne dévoileront pas son nom.

Des compétences plutôt que des savoirs

Julien, 19 ans, étudiant au Lycée Daudet à Nîmes. Photo DR/S.Ma

Parmi ces 13 jeunes, Julien Kabongo, 19 ans. Le lycéen en Terminale STG option marketing à l'établissement Daudet à Nîmes a entendu parler de ce forum grâce à la Mission locale. Il s'est inscrit à l'AFIJ de Nîmes et le voilà, ce mardi, face à Marie-Josée Lamarque pour tenter d'obtenir un contrat en alternance. "L'alternance, c'est le meilleur moyen d'associer la théorie à la pratique. Ce ne sont pas que des savoirs mais bien des compétences que l'on acquiert tout au long de la formation. Et le fait que l'AFIJ permettent aux jeunes d'échanger avec les chefs d'entreprise, c'est un vrai avantage pour nous qui ne savons pas toujours à quelle porte frapper" explique-t-il.

Quant à l'exercice de l'entretien face à la représentante de la Banque Populaire, Julien est plutôt satisfait de sa prestation. "Je lui ai expliqué mes motivations. Je pense que ce BTS en alternance serait la suite logique de mon parcours scolaire. J'ai beaucoup préparé cet entretien, je savais ce que je devais dire, développer mes qualités, parler de mon ambition et de mon envie de travailler dans une banque. Après le BTS, je voudrais compléter mon cursus avec une licence, là encore en alternance et poursuivre soit en Master, soit en école de commerce." L'avenir du jeune homme semble déjà tout tracé. Il faudra cependant attendre la validation de l'entretien par Marie-Josée Lamarque. S'il est retenu, Julien devra encore passer les tests du centre de formation le Greta Nîmes-Camargues (partenaire de cette semaine dédiée à l'alternance) et puis enfin passer à nouveau un entretien avant de signer le contrat de formation en alternance avec la Banque Populaire.

Pas facile de s'en sortir lorsqu'on est un jeune issu d'un quartier

Autre jeune, Aziz, 21 ans, étudiant à l'Université en Licence Mention administrative économique et sociale. Aziz a un parcours différent de celui de Julien. Il s'est retrouvé à la Fac un peu par hasard, alors qu'il venait de réussir les examens du Bac pro vente et avait trouvé une formation en alternance dans le secteur immobilier. "Mais à quelques semaines de la rentrée, le directeur de l'agence immobilière s'est désisté. Il était trop tard pour que je trouve une nouvelle entreprise, je me suis donc inscrit à la Fac. Mais pour moi, ça ne sert à rien. C'est trop théorique. Moi je veux apprendre un métier, et il n'y a que la pratique qui peut m'aider." Comment passer du secteur de l'immobilier à celui de la banque. Tout simplement grâce à un stage, là encore une question d'expérience. "J'ai travaillé pendant six semaines pour la banque spécialisée dans le transfert de fonds, Wafabank à Nîmes. Ça a été une super expérience, à tel point que j'ai décidé de me diriger vers ce secteur. Et je ne baisse pas les bras, je vais y arriver" lance Aziz, presque comme s'il devait se justifier. De quoi ? De qui ? En discutant un peu plus, le jeune homme raconte amer, les mauvais regards que quelques chefs d'entreprise ont posé sur lui lorsque sur son CV il y avait inscrit Adresse : Chemin-Bas d'Avignon. "J'ai même dû mentir à certains et leur faire croire que j'habitais sur la route d'Avignon pour qu'ils ne me jugent pas. Ce n'est pas facile de s'en sortir lorsqu'on est un jeune issu d'un quartier car on nous assimile très vite à la violence, à la délinquance, au vol. Mais moi je suis persuadé que dans les ZUP  il y a des richesses que les chefs d'entreprise pourraient faire ressortir. Pour ma part, j'ai le meilleur exemple qui puisse exister, mon frère, Icham. Après un bac pro, il a poursuivi ses études, il a beaucoup travaillé. Aujourd'hui, il est inspecteur dans les ouvrages nucléaires." À bon entendeur...

 

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