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NÎMES Démantèlement d’un trafic de cigarettes : 600 cartouches et 40 000€ saisis par les policiers

600 catouches de cigarettes, 40 000€ en liquide, deux armes à grenaille et des bijoux ont été retrouvés dans un appartement à Nîmes. Photoi DR/S.Ma
600 cartouches de cigarettes, 40 000€ en liquide, deux armes à grenaille et des bijoux ont été retrouvés dans un appartement à Nîmes. Photo DR/S.Ma

Sept personnes d'origine arménienne (une femme et six hommes) ont été interpellées lundi dernier dans le cadre d'une enquête menée par la brigade des stupéfiants de la sûreté départementale de Nîmes. Déférés ce mercredi après-midi au parquet de Nîmes, six ont été mis en examen pour "contrebande de marchandise fortement taxée en bande organisée, blanchiment d'argent, travail dissimulé, détention d'armes et de faux billets d'euros." Trois d'entre eux ont été écroués, les trois autres ont été libérés et placés sous contrôle judiciaire. Le cas du septième mis en cause sera étudié dès la semaine prochaine.

Cette affaire remonte au mois de septembre. Un jeune homme est contrôlé en possession d'un paquet de cigarettes de contrebande aux abords de son établissement scolaire, le lycée Albert Camus à Nîmes, situé le long de l'avenue Georges Pompidou. Sur cette même avenue se trouve un cybercafé, le point de vente où s'approvisionnait le jeune fumeur. Dès lors, les policiers de la sureté départementale de Nîmes mettent en place un système de surveillance sur ce commerce qui régulièrement se fait livrer des sacs remplis de cartouches de cigarettes. Très vite, un autre point de vente en lien avec le premier est démasqué. Il s'agit cette fois d'une épicerie, elle aussi installée à proximité d'un lycée nîmois, Dhuoda. Cette épicerie avait d'ailleurs déjà fait l'objet d'une fermeture administrative de huit jours pour des faits similaires. "Il y avait une véritable organisation pour le ravitaillement. Le travail effectué en collaboration avec le GIRG du Languedoc-Roussillon (Groupement d'Intervention Régional Gendarmerie) a permis de constater des allers-retours jusqu'en Espagne pour se réapprovisionner. D'autres cartouches provenaient de Pays de l'Est" a précisé Gil Andreau, le directeur de la police départementale (DDSP) et commissaire central de Nîmes, lors d'une conférence de presse qui a réuni autour d'une table Yves Fabre, commandant de police, le lieutenant-colonel Philippe Soupé (GIRG Languedoc-Roussillon), Véronique Berthaud, capitaine de police à la brigade des stupéfiants et Ghislaine Mazoyer, présidente de la Chambre Syndicale des Buralistes du Gard.

Au delà du trafic de cigarettes...

La marchandise achetée hors de nos frontières françaises était ensuite stockée dans un appartement nîmois "inscrit au nom d'une des personnes mises en cause." Un lieu de stockage visité par les policiers dans lequel ils ont pu retrouver 600 cartouches de cigarettes de diverses marques (Pall Mall, Camel et Winston) ainsi que 40 000€ en liquide, deux armes à grenaille, des bijoux et 49 faux billets d'euros. Mais cette affaire va au delà du trafic de marchandise fortement taxée (le tabac) en bande organisée. Car l'enquête menée par le GIRG du Languedoc-Roussillon a établi que les deux commerces surveillés, l'épicerie et le cybercafé, n'étaient en fait que des façades pour pouvoir vendre les cigarettes. "Les deux gérants n'ont aucune déclaration de bilan sur leur activité, c'est ce que l'on appelle un blanchiment de fraudes fiscales" explique le Lieutenant-colonel Soupé.

Et si on ne sait pas depuis quand dure ce petit manège, on sait par contre qu'il tournait bien : "30 000€ ont été saisis sur des comptes bancaires. Les personnes mises en cause avaient un train de vie au dessus de la moyenne" affirme le directeur de la police départementale. Et pour cause, les deux points de vente écoulaient chaque jour entre 50 et 80 cartouches de cigarettes. Les trafiquants achetaient le paquet à l'unité 3,50€, qu'ils revendaient ensuite entre 4,50€ et 5€, soit plus d'un euro moins cher que dans les bureaux de tabac traditionnels. Les clients affluaient forcément même si ces derniers, sans le savoir,  se rendaient peut-être ainsi coupables de recel.

"Ça fait deux ans que l'on se bat pour ça !"

Bien entendu, Ghislaine Mazoyer, présidente de la Chambre Syndicale des Buralistes du Gard, satisfaite, a tenu à féliciter les enquêteurs pour leur ténacité dans cette affaire qui les a occupé plusieurs semaines. "Ça fait deux ans que nous nous battons pour ça. Maintenant, nous attendons toujours, avec le soutien du Préfet du Gard, le projet de loi sur l'extension des fermetures administratives de huit jours à trois mois. Ce qui pourrait déstabiliser les trafiquants et peut-être les dissuader. Mais nous ne sommes pas naïfs, plus le prix du paquet de cigarettes augmentera, plus les marchés parallèles se propageront."

Stéphanie MARIN

stephanie.marin@objectifgard.com

 

 

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