Actualité générale.ActualitésEconomieEconomie.

CÉVENNES Les élus et exploitants au charbon pour faire avancer le tourisme à toute vapeur

Le tourisme au cœur du débat. Un sujet d'actualité, le soleil daignant enfin faire son apparition dans le ciel, les commerçants vont enfin pouvoir retrouver le sourire. Mais dans le Pays Cévennes, pourtant haut lieu du tourisme vert, le vacancier se fait timide. Le tourisme ne représente que 6% de son PIB, tandis qu'en Languedoc-Roussillon il est estimé à 14%. Conséquence d'un manque de professionnalisation des hébergeurs et ce malgré une aide à la formation proposée par Cévennes Tourisme (100 hébergeurs formés en 2013), de la dispersion de l'offre dans les territoires ruraux et peut-être aussi "d'un manque de synergie entre toutes les composantes du tourisme" pointe du doigt Bonifacio Iglesias, maire d'Anduze, autrement dit les patrons des divers sites touristiques doivent avancer main dans la main.

De gauche à droite : La conseillère générale du Gard, Geneviève Blanc, Laurent Pons, président de l’Agence de Développement et de Réservation Touristiques du Gard, Lucien Affortit, président de l'Office de tourisme de Saint-Jean-du-Gard, Max Roustan, président d'Alès Agglomération et Bonifacio Iglesias, maire d'Anduze. Photo DR/S.Ma

C'est dans ce but précis que les élus du Pays Cévennes, spécialistes et professionnels du tourisme des Vallées Cévenoles (Anduze, Mialet, Saint-Jean-du-Gard) se sont réunis ce mercredi 5 juin au matin dans la salle des fêtes de la mairie d'Anduze. Sur le fond, il s'agissait de revenir sur les deux chantiers inclus dans le cadre du Pôle d'Excellence Rurale (PER) qui devraient être lancés d'ici la fin du troisième trimestre 2013 : Le confortement de la structure ferroviaire du Train à Vapeur des Cévennes et le transfert du Musée des Vallées Cévenoles à la Maison Rouge de Saint-Jean-du-Gard, site de la dernière filature de soie ayant fonctionné en Europe jusqu'en 1965. Deux projets culturels pour lesquels l’État, l'Europe, la Région, le Département et Alès Agglomération ont prévu un investissement de plus de 13 millions d'euros (3 637 000€ pour le Train Vapeur des Cévennes et 9 656 000€ pour la Maison Rouge). Un financement colossal, vous en conviendrez, qui fait l'objet d'un suivi assidu. Le cahier des charges du PER fait l'obligation à ses titulaires de mettre en place autour des projets financés, qui doivent être innovants, fédérateurs et créateurs d'emplois, des actions de créations d'animations, de constitution de réseaux afin que l'ensemble du territoire puisse profiter de cette manne financière. "Le fondement de cette opération touristique, c'est de tous travailler ensemble et ce matin, nous nous sommes tous accordés sur ce principe" a lancé le maire d'Anduze au sortir de la réunion. Quand Bonifacio Iglesias dit "tous", il veut bien entendu parler des entités politiques mais aussi des responsables des dix sites touristiques majeurs de ce territoire situé en cœur des Cévennes : la Bambouseraie de Prafrance, le Train à Vapeur des Cévennes, la Grotte de Trabuc, le Musée du Désert, l'Aquarium de Saint-Jean-du-Gard, le Musée des Vallées Cévenoles, le Parfum d'Aventure, l'Arboretum Bonzaï, le Musée de la musique et l'Abracadabranche.

Un enjeu économique

"Ces deux projets culturels seront pour le territoire des atouts de développement touristique mais aussi économique" ajoute la conseillère générale, Geneviève Blanc. A Lucien Affortit de reprendre : "La création d'emplois n'est pas le point majeur de ces deux chantiers, bien qu'il permettra d'en préserver et notamment en ce qui concerne le Train Vapeur des Cévennes -- dont la maintenance de l'infrastructure ferroviaire était devenue très difficile à assumer pour l'intercommunalité, Ndlr -- mais elle pourrait le devenir. Car la dynamique impulsée sur le territoire par le biais de ce PER pourrait améliorer son image et peut-être faire venir des investisseurs."

Sans son transfert, le Musée des Vallées Cévenoles n'aurait pu survivre

Pour Daniel Travier, conservateur du Musée des Vallées Cévenoles et responsable du dossier de transfert pour Alès Agglomération, "ce sera l'occasion de donner une offre complémentaire" et non concurrentielle à l'offre touristique sur ces vallées où l'impact économique est déjà estimé à près de 20 millions d'euros par an. "Isolé, sans possibilité de fidéliser la clientèle car nous ne pouvons pas accueillir d'expositions temporelles, avec son petit espace, le Musée n'aurait pu survivre." Le projet de transfert dans la Maison Rouge avec son bâtiment de plus de 3 500m² intérieur et ses extérieurs est donc une renaissance pour ce musée qui a pour vocation de faire découvrir au plus grand nombre ce qu'était le travail de la soie, la filature. "Mais il s'agit aussi de donner aux visiteurs des points d'interprétation de ce qu'était notre société autrefois en leur proposant par exemple de découvrir en extérieur dans un parc de plus de 2 000m², les plantes qui étaient utilisées pour se soigner, se nourrir etc."

Mais pour cela, il faudra attendre trois ans de travaux à compter du mois de septembre 2013. Pour le Train des Cévennes, les travaux s'étaleront sur les quatre prochains hivers.

S.Ma

Etiquette

Vous aimeriez aussi

1 commentaire sur “CÉVENNES Les élus et exploitants au charbon pour faire avancer le tourisme à toute vapeur”

  1. Les élus locaux devraient plus souvent lire les rapports qu’ils commandent à leurs administrations : certes la professionnalisation et la mise en réseau est un « plus » indéniable dans l’offre touristique mais cela ne suffit pas. Il faut aussi que le territoire dégage une image cohérente avec les slogans et les produits d’appel touristiques. Et ça c’est un travail au quotidien, une volonté politique et une fermeté dans les principes à long terme : « La transversalité de l’économie touristique et son interdépendance avec les autres secteurs de production en font un facteur réel du développement durable. Par ailleurs, la qualité de l’environnement, la préservation des ressources, la rencontre avec les populations locales, sont autant de nouvelles attentes que les clientèles expriment et qui sont en osmose avec les principes du développement durable. Face à ce double constat, la nécessité de s’appuyer sur une « gouvernance » et des règles collectives partagées apparaît comme incontournable pour piloter ce choix de développement. » (Schéma départemental de l’économie des tourisme et des loisirs – 2010-2013). Autrement dit : cessons de banaliser le paysage par des aménagements de seconde zone, soyons ambitieux dans la minutie qualitative, pas dans le « gros coup qui se voit de loin ».

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Close

Adblock a été detecté.

Merci de nous aider en désactivant votre blockage de publicité