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FAIT DU JOUR. À d’Alzon, la conscience politique se cultive dès la terminale

D.R/C.M
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Un an après la réforme du lycée, l'option "Sciences politiques" de terminale ES nourrit les consciences déjà bien éveillées des élèves de l'Institut Emmanuel d'Alzon de Nîmes. 

Le professeur Philippe Cabrol. D.R/C.M
Le professeur Philippe Cabrol. D.R/C.M

Impulsée en 2012 par le gouvernement de Nicolas Sarkozy qui, en matière d'éducation a fait sortir un sacré paquet de manifestants dans la rue, les nouvelles options proposées en terminales ES ont fait des heureux. A l'institut Emmanuel d'Alzon, dirigé par l'adjoint UDI aux finances de Nîmes, Yvan Lachaud,  une trentaine de lycéens suivent à raison d'une heure et demi par semaine, l'option : "Sociologie et Sciences Politiques". Plus couramment appelée sciences-po !

"C'est une vraie ouverture d'esprit pour la compréhension du monde actuel", explique le professeur Philippe Cabrol, qui ne se lasse pas de trouver des stratagèmes éducatifs pour accrocher ses élèves aux leçons.

Ce mardi, "la parité homme/femme en politique" est à l'ordre du jour… A la fin de l'année, les lycéens devront connaître trois thèmes sur le bout de leurs doigts : les systèmes politiques, la participation et l'ordre européen. Une dernière thématique qui ne soulève pas les foules.

Convictions. "Je vais vous lire un texte sur une grande femme politique. Une femme qui fut ministre sous Mitterrand. A vous de devener de qui il…". Pas le temps de finir sa phrase, que le professeur Cabrol est interrompu par un de ses élèves, Arthur : "A c'est la femme qui a fait autoriser l'avortement…." Après quelques indices, les lycéens parviennent à résoudre l'énigme : "Simone Veil".

Avec des images, leur enseignant, accompagné de sa consœur Cécile Taurino, fait le comparatif entre la photo du gouvernement Debré et celle du gouvernement Ayrault : "Qu'est-ce qui vous frappe ?". "Le peu de femmes présentes… ", réagit immédiatement Maurine, "c'est important d'en parler. Au regard de l'histoire. Les femmes ont eu le droit de vote très tardivement, alors qu'en France nous sommes tous citoyens et égaux".

Voter, voilà ce qui attend la plupart d'entre eux dans quelques mois, à l'occasion des municipales. Et pour accomplir cet acte républicain, mieux vaut être armé… Armé de connaissances et de méthodes. "Ces jeunes ont beaucoup de préjugés, de convictions, qui résultent le plus souvent des parents. Notre rôle est de les déconstruire afin qu'ils acquièrent une vraie méthode", explique Cécile Taurin. D'ailleurs, "nous aussi nous devons nous débarrasser de nos  préjugés". Ce qui est loin d'être facile dans un domaine où les sujets peuvent aussi bien être passionnants que passionnels.

La politique fait échos auprès des adolescents. Lorsqu'on leur demande qu'est-ce que leur inspire ce mot, chacun y va de sa petite appréciation : "Des escrocs ! Il y a un réel décalage entre les actions des hommes politiques et ce qu'ils nous promettent", lance Yoan. "Bien souvent, les politiques ne nous représentent pas ! Regardez à l'Assemblée", pense Sophie. "Mais la politique, c'est très important. C'est grâce à eux que le pays est géré", ajoute Nathan. Qui a dit que la jeunesse n'était pas éveillée ?!

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Abstention. Dans l'assistance, beaucoup avouent avoir choisi cette option par "défaut" : "Je ne voulais pas prendre maths et il n'y avait plus éco", lance sans complexe Arthur. Malgré leurs réticences, ces adolescents estiment que l'option 'sciences-po' leur a ouvert l'esprit : "Même si ce n'était pas forcément un choix pour tout le monde, cela nous aide à nous forger notre propre opinion", avance Anne-Laure qui ambitionne d'entrer dans un IEP (institut de Sciences Politique).

A l'appel du professeur Cabrol, Thomaso, un ancien élève de terminal ES, est venu témoigner de son expérience :  "Je suis content d'avoir suivi ce cursus. Avant, j'accordais peu d'importance à la politique. Même si aujourd'hui je me dirige dans l'hôtellerie, ces cours m'ont beaucoup apportés. Maintenant je comprends mieux quand je regarde des émissions télé avant d'aller voter".

Si des critiques sont émises par certaines organisations syndicales qui s'émeuvent de la diminution des heures ou du peu de "sociologie" dans l'option "sociologie et sciences politiques", cette initiative est un premier pas prometteur. Et pourrait sans doute, si il était étendu plus largement aux autres terminales, diminuer le taux d'abstention des jeunes lors des élections. Pour rappel, au premier tour de l'élection présidentielle de 2012, 19,30 % des inscrits ne se sont pas rendus aux urnes. Un taux nettement supérieur à celui du 1er tour de 2007 : 16,23 %, dont 37% pour les jeunes.

Coralie Mollaret

coralie.mollaret@objectifgard.com

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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Un commentaire

  1. J’ai sursauté en lisant le texte.
    J’espère qu’il s’agit d’une coquille rédactionnelle, et non d’une monumentale erreur du professeur.
    Simone Veil n’a jamais été ministre de François Mitterrand, mais de Valéry Giscard D’Estaing.

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