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FAIT DU JOUR Marguerittes et William Portal à l’épreuve de la rigueur

William Portal, maire (sans étiquette) de Marguerittes depuis 30 ans. Photo : Coralie Mollaret / Objectif Gard.
William Portal, maire (sans étiquette) de Marguerittes depuis 26 ans. Photo : Coralie Mollaret / Objectif Gard.
William Portal, maire (sans étiquette) de Marguerittes depuis 26 ans. Photo : Coralie Mollaret / Objectif Gard.

Sous le sceau de la baisse des aides de l’Etat, le budget 2015 a été adopté, mercredi, en conseil municipal. Maire depuis 26 ans, William Portal réfléchit plus que jamais à rationaliser la dépense publique pour continuer à investir. 

Marguerittes, une petite commune de 9 000 âmes, située à quelques kilomètres de la capitale gardoise. Particularité : William Portal. L’édile sans étiquette est plébiscité depuis 26 ans par ses administrés. Seulement, la confiance que lui porte les Marguerittois sera-t-elle mise à mal par les choix contraints contenus dans le budget 2015 ? Mercredi, en conseil municipal, l’exercice budgétaire a été adopté à la majorité. Il enregistre une baisse des dotations de l’Etat de 287 506 euros, ce qui a poussé l’exécutif à réduire la voilure en terme d’investissements : « vous ne trouverez pas ici d’importants projets d’équipements structurels comme nous l’avons fait ces dix dernières années », avoue le premier adjoint délégué aux finances, Denis Bruyère.

Les impôts n’augmentent (presque) pas 

La diète étatique n’épargne aucune collectivité : la ville de Nîmes a enregistré 4 millions d’euros de baisse en 2015 contre 14 millions pour le conseil départemental. L’heure des choix, difficiles et impopulaires, a sonné pour les élus. En liminaire de l’ouverture de sa séance publique, William Portal prend la parole. L’amertume de l’édile est palpable : « Les choix du gouvernement mettent à mal les services publics et les investissements des communes, créateurs de richesses ». Militante, l’entrée en matière est à l’image de ce que souhaite monter la municipalité en décidant de « ne pas augmenter les impôts cette année ». Toutefois, le maire le reconnaît : « les bases au calcul des taxes locales ayant été augmentées par l’Etat, les Marguerittois paieront mécaniquement plus d’impôts« .

Pour présenter un budget à l’équilibre, en assurant le fonctionnement de Marguerittes dont l’entretien des 95 km de voirie et 62 bâtiments communaux, la municipalité a emprunté un million d’euros : « Nous pouvons nous le permettre puisque nous sommes peu endettés (735 euros par habitant, NDLR)« . De son coté, le deuxième adjoint au maire, Vivan Mayor, explique comment il a pu faire économiser 133 000 euros à sa commune :  » la ville paye des pénalités puisque nous n’avons pas assez de logements sociaux. Cependant, lorsque nous vendons un terrain à un bailleur social, comme ce fut le cas avec le Champ de foire, la somme de ces investissements est déduite des pénalités« .

Un audit pour optimiser l’argent public

Si beaucoup s’offusquent de la diminution des aides de l’Etat, l’opposant de William Portal, Rémy Nicolas, comprend la philosophie du gouvernement « qui cherche à ce que les collectivités diminuent leur fonctionnement« . L’ex-socialiste pointe les « 52% de budget » dédiés à cet effet : « C’est trop, nous devons nous interroger sur les dépenses de personnel ou sur le coût de la MGTO*« . Des remarques jugées « constructives » par le maire qui se permet d’apporter une précision : « l’augmentation du coût du personnel est principalement liée à la revalorisation des fonctionnaires territoriaux de catégorie C« .

Aujourd’hui, William Portal dit « réfléchir à commander un audit des finances publiques pour optimiser nos dépenses« . Ce libéral convaincu avance aussi son souhait de « développer des partenariats public/privé« , en illustrant : « aujourd’hui l’entretien des ronds-points nécessite dix employés publics. Si on passait un marché avec le privé, cela nous coûterait cinq fois moins cher« . Une idée en entraînant une autre, Rémy Nicolas émet son ultime solution : « on pourrait revoir les critères d’attribution des subventions aux associations« .

A première vue, il semble qu’à Marguerittes, les élus de droite comme de gauche, ont compris l’intérêt du travail collectif.

*La Maison de la garrigue et des Terroirs de l’Olivier. 

Coralie Mollaret

Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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7 commentaires

  1. « A première vue, il semble qu’à Marguerittes, les élus de droite comme de gauche, ont compris l’intérêt du travail collectif. »
    Il en ressort surtout que, qu’ils soient de droite ou « socialistes » les élus sont tous prêts à faire une politique libérale de droite. Alors pourquoi des partis différents ?

  2. Il est normal que les élus collaborent entre eux. A marguerittes Mr le maire n’est pas de droite alors forcément la collaboration est d’autant plus facile…

  3. Disons qu’aux dernières élections, il a gagné avec des voix de droite et des voix de gauche, mais c’était avant tout pour empêcher le FN de gagner !

  4. « W.Portal,l’édile sans étiquette est plébiscité depuis 26 ans par ses administrés. »
    Pas exact :Son 1er mandat n’a duré que 13 mois. Sanctionné par sa majorité.
    Les suivants sont gagnés avec 1/3 des inscrits.
    Monsieur Gillet l’a battu aux dernières élections.

  5. A Raymond, Gillet l’a battu aux élections? Vous avez rêvé, mon ami???

    C’est William Portal et Joëlle Murré qui ont gagné, élus par des voix de gauche et de droite, pour empêcher le FN d’arriver. Pas plus.

  6. Pour répondre à Raymond,

    Aux dernières élections, Monsieur Portal l’a emporté sur Yoann Gillet avec 51,26% des voix sur le canton.

    Sur la commune de Marguerittes, le score de William Portal était de 52,99% contre 47,01 à Gillet.

    Alors, n’écrivez pas n’importe quoi

  7. « Pour présenter un budget à l’équilibre, en assurant le fonctionnement de Marguerittes dont l’entretien des 95 km de voirie et 62 bâtiments communaux, la municipalité a emprunté un million d’euros » je croyais que les collectivités territoriales ne devaient pas s’endetter pour financer leur fonctionnement, elles n’auraient le droit de s’endetter que pour financer des équipements.(appelés investissement souvent abusivement: un investissement est une dépense qui rapporte ultérieurement)

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