Faits Divers

AU PALAIS L’avocat : « L’ADN ne donne pas encore l’heure »

Palais de justice de Nîmes. DR
Palais de justice de Nîmes. DR

Si l’ADN est souvent déterminant dans plusieurs affaires, il peut aussi être très fortement contesté dans d’autres. Cette semaine, Bilal et son avocat ne se sont pas privés d’en démontrer les limites. Bilal, 29 ans, comparaissait devant le tribunal correctionnel de Nîmes pour des violences avec arme commises le 21 janvier 2014 à Saint-Gilles.

Sur les coups de 5 heures du matin, Pierre, un habitant de Saint-Gilles très matinal, se rend comme il en a l’habitude à son tabac-presse, dès l’ouverture de la grille. Mais dans une ruelle, alors qu’il attend l’ouverture du commerce, il aperçoit deux hommes dont l’un, armé et menaçant, qui lui demande de partir. Pierre file mais prévient aussi sec le commerçant et les gendarmes. Arrivés sur place, les deux hommes ont disparu mais les enquêteurs retrouvent un mégot de cigarette. Exploité par les scientifiques, le mégot livre un ADN : celui de Bilal. Il s’explique :

-          Je vais tous les jours dans un squat. Je passe souvent là-bas, j’y retrouve des amis.

-          Mais que dites-vous sur votre ADN retrouvé sur un mégot ?, demande le président Cyril Ozoux.

-          C’est normal, je fume.

-          Vous n’avez pas braqué une arme sur ce monsieur ?

-          Ben non, je ne vois pas ce que j’aurai à y gagner. C’est pas moi !

La vidéosurveillance ne viendra pas aider les enquêteurs car aucun individu porteur d’une arme n’est filmé ce matin-là. En revanche, les forces de l’ordre ont trouvé un nouvel élément : le téléphone de l’accusé a déclenché une borne du centre-ville de Saint-Gilles à 3h30. Pour le procureur Laurent Gumbau, les coïncidences sont trop nombreuses : il demande six mois de prison.

-          Ce dossier, c’est de l’à peu près, proteste l’avocat de Bilal. Ce n’est pas parce qu’on est dans une rue à 3h30 qu’on y est encore à 5h. Et pour l’ADN sur le mégot, ça prouve simplement que mon client a fumé une cigarette. Hélas, l’ADN ne donne pas encore l’heure.

Faute de preuves, Bilal a été relaxé.

Etiquette

Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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