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FAIT DU JOUR Le calvaire de Chloé devant la cour d’assises de Nîmes

Photo d'archive.

Le vendredi 9 novembre 2012, Chloé, une adolescente alors âgée de 15 ans, disparait mystérieusement à Barjac. Ce jour-là, la jeune fille passe l’après-midi chez une amie qu’elle quitte vers 17h30 avant de rentrer chez elle en scooter. Depuis, plus de nouvelles… Commence alors une semaine d’angoisse pour sa famille, ses proches, ses ami(e)s qui apprendront, le 16 novembre 2012, que Chloé a été retrouvée vivante dans le coffre d’une voiture en Allemagne.

Lundi 12 novembre 2012. Depuis près de 72 heures, la jeune Chloé a disparu et toute la commune de Barjac est mobilisée pour retrouver l’enfant du pays. Sur un parking situé à l’entrée de la ville, que les habitants ont surnommé « le QG », les gendarmes, cartes de la région en main, donnent les directives aux habitants venus aider aux recherches. A l’aide d’un fluo jaune, ils délimitent sur une carte la zone à inspecter. Un groupe d’une dizaine d’habitants part aussitôt dans les champs, explore les talus, fouille dans les buissons, scrute le moindre lopin de terre suspect. Rien n’est laissé au hasard. A ce moment-là, aucune piste n’est privilégiée mais aucune n’est écartée : la fugue, l’accident, le suicide, l’enlèvement…

Un appel venu d’Allemagne

Les gendarmes déploient les grands moyens : un appel à témoins est largement diffusé dans les média et sur les réseaux sociaux. Les auditions des amis, des proches et l’enquête de voisinage ne donnent rien. Le profil de la jeune fille fait l’unanimité : pour tout le monde, Chloé est une adolescente équilibrée, sans problème. Reste tout de même quelques énigmes : pourquoi le scooter de Chloé est-il au domicile de ses parents, avec les clés sur le contact ? Pourquoi son casque a-t-il disparu ? Pourquoi son téléphone a-t-il été subitement coupé un peu après 18h, ce 9 novembre ?

Pendant une semaine, toutes ces questions vont rester en suspens jusqu’à ce que la section de recherches de la gendarmerie de Nîmes reçoive un appel en provenance de Kehl en Allemagne. Au bout du fil, un douanier indique qu’une jeune femme ressemblant à Chloé a été retrouvée dans le coffre d’une voiture. Quelques minutes plus tôt, ce véhicule avait été signalé aux policiers car son conducteur venait de commettre un vol à la roulotte. Repéré, puis pris en filature par la police d’Offenburg, le chauffard tentera de prendre la fuite à pied après un accident. Il sera rattrapé. Chloé, car c’est bien elle, sera enfin libérée après une semaine de calvaire.

Un auteur au profil inquiétant

Alors que l’adolescente est aussitôt emmenée à la clinique d’Offenburg pour y subir des examens, le chauffard est identifié. Il s’agit de Kamel Bousselat*, un nom bien connu de la justice française puisqu’il compte 13 condamnations sur son casier judiciaire, notamment pour agression sexuelle. Originaire de Bagnols-sur-Cèze, cet homme de 36 ans, consommateur de cannabis depuis l’âge de 16 ans, a constamment vivoté dans sa vie professionnelle enchaînant les missions en intérim. Interrogé par les enquêteurs dès son arrestation, il reconnaîtra les faits en omettant toutefois d’évoquer les sévices imposés à sa jeune victime. Il racontera comment, à bord de sa voiture volée et recouverte de fausses plaques, il a aperçu Chloé sur son scooter une semaine plus tôt ; comment il l’a suivie jusqu’à son domicile ; comment il l’a kidnappée en la menaçant de mort.

Comme dans sa vie de tous les jours, la semaine avec sa victime sera celle de l’errance. Il se rendra en Italie avant de faire demi-tour. Il traversera ensuite l’est de la France pour finalement se retrouver en Allemagne où, on l’a vu, les policiers mettront fin à son périple fou.

Trois jours de procès

Dès lundi et jusqu’à mercredi, la cour d’assises du Gard jugera le prévenu qui a été mis en examen pour « enlèvement, séquestration, viols et vols ». Kamel Bousselat sera défendu par Maître Morgane Armand. Pour la partie civile, Maître Béatrice Lobier-Tupin défendra Chloé dont on ignore encore si elle aura la force et le courage d’affronter son ravisseur.

*Tant qu’il n’a pas été déclaré coupable, Kamel Bousselat reste présumé innocent.

Tony Duret

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Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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