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INTERVIEW Denis Bouad (PS) : « Nous devons faire de la politique autrement »

Le président PS du Département, Denis Bouad. Photo : Coralie Mollaret.
Le président PS du Département, Denis Bouad. Photo : Coralie Mollaret.

Dans un contexte politique et économique tendu, le Président PS du Département mise sur une meilleure explication de ses décisions. Un moyen, selon lui, de faire renouer les Gardois avec la politique. La vraie. 

Objectifgard : Il y a un an, vous fixiez l’objectif de redresser financièrement la collectivité. Aujourd’hui, où en êtes-vous ?

Denis Bouad : À mon arrivée en avril, la situation était alarmante : le directeur financier m’annonçait qu’on ne serait pas en mesure de payer le 12ème mois du RSA*. Alors, nous nous sommes mis autour de la table. Nous avons procédé à des coupes sombres sur les dépenses qui n’étaient pas contraintes ou nécessaire : les 500.000 € d’économies sur le budget communication ou encore, le non-remplacement de personnel (77 postes sur 3500 agents, en 2015). Et puis, l’année 2015 a donné lieu à quelques surprises en matière de recettes…

Surprises ? 

D'abord, nous avons reçu une compensation de l’État de 4,5 M. Je rappelle que les aides de l’État ont baissé de 11 M en 2015. Ensuite, il y a eu la fiscalité : les droits de mutation (taxe comprise dans les frais de notaire) nous ont rapporté 17 M. Ce n’est pas rien !

Finalement le budget 2015 est excédentaire…

Au lieu d’avoir un déficit de 14 M, comme c’était prévu pour 2014, le Département a enregistré un excédent réel de 4 M. Nous les consacrerons aux investissements de 2016. Cela permettra de moins emprunter.

Le budget 2017 voté en décembre

Vous préparez actuellement le budget 2017. Comment s’annonce-t-il ?

Ça arrive très vite, puisque nous souhaitons le voter en décembre. Une première réunion avec l’administration s’est tenue ce vendredi. Là encore, nous allons regarder ligne par ligne où nous pouvons réaliser des économies.

Vous avez un objectif chiffré* ? 

On n'y est pas encore. N’oublions pas qu’en 2016, nous avons augmenté les impôts (taxe sur le foncier bâti). Cela devrait nous rapporter 17 M. Les mesures d’économies (4 M), prises en 2015, correspondent à 6 mois d’exercice. Regardons leurs effets sur une année pleine.

Par ailleurs, on s’aperçoit que les dépenses liées au RSA (179 M en 2016) se stabilisent. Vous savez, si l'on fait 3% de moins, cela correspond à 5 M. Ce n’est pas une bricole ! Certes, ce sont des frémissements que l'on observe actuellement intrinsèquement lié à la baisse du chômage, mais au moins nous savons que nous n’aurons pas de mauvaises surprises…

Parlons de votre Majorité relative au Département. Est-ce un obstacle à la politique que vous souhaitez mener ?

Honnêtement ? Ce n’est ni un avantage, ni un handicap ! Alors bien sûr, j’aurai préféré avoir 4 élus de gauche supplémentaires pour que toutes les délibérations passent à la majorité. Nous parlons davantage avec la droite, c'est vrai. Mais ça ne changerait rien à la gestion du quotidien. Aujourd’hui, il nous faut réduire les frais de fonctionnement afin de dégager de l’argent pour investir.

Le 9 juin devant le Département, Denis Bouad s'est confronté aux agents des routes, en grève depuis mardi. Photo : Coralie Mollaret
Le 9 juin devant le Département, Denis Bouad s'est confronté aux agents des routes, en grève depuis mardi. Photo : Coralie Mollaret

Ni avantage, ni inconvénient ? Avouez que la droite vous sert un peu d’alibi pour justifier certaines économies,  non ? Prenons l'exemple des routes... 

Non. Sur la question des routes, le service public doit tout simplement s’adapter à la situation d’aujourd’hui. Pensez-vous que les agents des routes travaillent comme ils le faisaient il y a 10 ans ? On a supprimé un certain nombre de postes, c’est vrai. Des postes de direction ou de chefs de service qui n’étaient pas indispensables. À côté de ça, combien avons-nous créé d’emplois ces dix dernières années ? Avons-nous supprimé du personnel dans le domaine du social, qui connaît une crise terrible avec 14 % de chômage ?

Transport scolaires : vers une modulation des tarifs

La droite vous avez demandé expressément d’augmenter l’abonnement des transports scolaires. Si elle ne l’avait pas mis sur la table, l’auriez-vous fait ?

Oui. Nous avons un service qui coûte excessivement cher : 907 € par an pour un enfant, transporté dans le Gard. Le tarif est passé de 30 à 70 € par an, soit une augmentation de 6 € par mois. Le niveau de service est bon et mérite d’être maintenu.

Votre hausse touche tout le monde de la même manière... Pourquoi, à aucun moment, la question de la justice sociale n’a pas été mise sur la table ?

Tout me laisse penser qu’au 1er janvier 2017, la Région signera avec nous une convention pour nous déléguer la compétence transport qu'elle devait reprendre (loi NOTRe). Nous travaillons actuellement sur un tarif dégressif (en fonction du nombre d’enfant) et sur un paiement en plusieurs fois.

Pourquoi ne pas l’avoir fait avant ?

C’est techniquement compliqué. Il fallait mettre en place une régie de recettes. Lorsque vous payez 70 euros en une fois, vous le faites directement au receveur, à la trésorerie. Nous avons voté cette hausse il y a trois mois, les inscriptions se faisant à partir de juin, le laps de temps était trop court.

Politique ou gestionnaire ?

Finalement aujourd’hui, vous faites plus de gestion que de politique ?

Il faut faire de la politique autrement. Le Département aide les gens tout au long de leur vie. Des crèches aux maisons de retraites, c’est nous qui payons. Vous l’avez retrouvé, ça, dans les urnes en mars 2015 ?! La montée du FN est insupportable. Il y a douze ans, quand je suis arrivé à Habitat du Gard, il y avait un déficit budgétaire avec une construction de 20 logements par an. Cette année, on vient de voter 5 M d’excédent de fonctionnement avec la construction de 300 logements neufs par an. Ce n’est pas de la  politique, ça ? Nous devons nous adresser autrement aux gens, parce qu’ils ne nous écoutent plus.

*En 2016, il manquait 25 M d'€ pour présenter un exercice à l'équilibre. Dix millions avaient été soustrait grâce à un artifice budgétaire (relire ici).

Propos recueillis par Abdel Samari et Coralie Mollaret

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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4 réactions sur “INTERVIEW Denis Bouad (PS) : « Nous devons faire de la politique autrement »”

  1. « La montée du FN est insupportable …  »
    Eh oui, malgré les petites arrangements entre amis LRPS, le FN monte inexorablement par la volonté des Français qui en ont assez de cette politique de boutiquiers. Le département aurait pu, aurait dû négocier avec la mairie de Nimes l’immeuble qui sert de mosquée boulevard Sergent Triaire pour le transformer en logements sociaux … mais le clientélisme politicien en a décidé autrement.

  2. Qui n’écoute plus qui ??? « Il faut faire de la politique autrement. Le Département aide les gens tout au long de leur vie. Des crèches aux maisons de retraites, c’est nous qui payons. » Non Monsieur le résident, les contribuables par leurs impôts… Oui il est urgent que le politique se remette à écouter ses concitoyens et pas Bruxelles….

  3. « Nous devons faire de la politique autrement » (Dixit BOUAD).

    Réponse Armand MAGAN « tu l’as dit bouffi » !!!
    Et tout ça avec PISSAS ??? »Nous devons faire de la politique autrement » (Dixit BOUAD).

    Réponse Armand MAGAN « tu l’as dit bouffi » !!!
    Et tout ça avec PISSAS ??? »Nous devons faire de la politique autrement » (Dixit BOUAD).

    Réponse Armand MAGAN « tu l’as dit bouffi » !!!
    Et tout ça avec PISSAS ???

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