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JUSTICE La septuagénaire meurtrière condamnée à 10 ans de prison

Maître Florence De Prato et Maître Sabine Gony-Massu en discussion avec Franck, le fils de la victime et de l'accusée. Photo Tony Duret / Objectif Gard
Maître Florence De Prato et Maître Sabine Gony-Massu en discussion avec Franck, le fils de la victime et de l'accusée. Photo Tony Duret / Objectif Gard

Ce mardi, lors du troisième et dernier jour de son procès, Mireille Ayala a été condamnée à une peine de 10 ans de prison. La septuagénaire avait tué son mari Robert le 6 septembre 2014 à Rousson.

Mireille Ayala persiste et signe. Ce mardi matin, alors que l’audience s’ouvre à peine, l’accusée continue de donner une image peu flatteuse de l’homme qu’elle a tué :

-      Mon mari avait deux visages. En huis clos, je le craignais, il était violent. Je ne savais pas sa réaction. C’était pas le même avec moi qu’à l’extérieur. J’étais détruite psychologiquement.

Elle concédera seulement que son mari Robert était un « bon père » et un « bon travailleur ». L’avocate de la partie civile, Maître Sabine Gony-Massu, s’attarde davantage sur la souffrance de son client, Franck Fernandez, le fils du couple :

-      C’est un cauchemar dont monsieur Fernandez ne se réveillera jamais. Monsieur Fernandez est la vraie victime de ce dossier. Il trouvera un réconfort dans la justesse de la peine que vous allez prononcer.

Dans son réquisitoire, l’avocat général, Frédérique Rouchon-Lemetter, tient tout de même à rappeler aux jurés qu’ils sont là « pour juger un crime ».

-      Vous allez juger le geste d’une meurtrière qui a, dans un premier temps, choisi de mentir. Pendant quelques semaines, elle restera dans cette position de « je suis victime ». Elle est dans l’auto-persuasion qu’elle est une victime, analyse-t-elle avant de demander une peine de 14 ans de réclusion criminelle.

Un réquisitoire jugé très sévère par les deux conseils de la défense. La première à s’élancer pour réduire la peine de Mireille Ayala est Magali Fiol qui a rappelé aux jurés que l’accusée était « dans un état second au moment du passage à l’acte ». Maître De Prato, elle, est revenue sur d’anciens dossiers de violences sur lesquels personne n’avait rien vu des coups. Sous-entendu comme pour sa cliente. Elle a enfin demandé une « peine raisonnable » pour Mireille, « la doyenne de la maison d’arrêt de Nîmes ». Cette dernière, qui avait la parole en dernier, a lu un petit texte très émouvant en regardant son fils :

-      Franck, je n’oublierai jamais ce geste qui t’as rendu malheureux, cette blessure qui restera toute ta vie en toi. Je regrette ce geste et nos vies gâchées. Je te demande mille fois pardon.

Pour la première fois de l’audience, Mireille fend l’armure. Peut-être un peu tard. Après un peu plus de deux heures de délibéré, la cour d’assises du Gard a condamné la septuagénaire à une peine de 10 ans de prison.

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Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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2 réactions sur “JUSTICE La septuagénaire meurtrière condamnée à 10 ans de prison”

  1. c’est une honte. Encore une victime d’un mari violent, contrainte à la légitime défense préventive comme Jacqueline Sauvage, et que la société condamne pareil. La justice française, composée d’hommes, est evidemment sexiste. que font les féminismes, pour défendre la légitime défense préventive des femmes ?

    1. La condamnation de cette femme n est pas suffisante ,la comparaison n est pas du tout identique à l affaire sauvage.
      Cette femme à tout calculée (préméditée)
      Il est trop facile de se référer à ( affaire sauvage).
      De plus elle a été jugée par des femmes il faut arrêter de dire des conneries lorsque l on ne connaît pas l historique.
      C est trop facile c est une porte ouverte à donner la mort il faut une sanction sévère un exemple.

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