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L’AGENDA NÎMES Laurent Bazin : « la politique française est entrée dans la 4e dimension »

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Éditorialiste politique à TV 5 Monde, auteur d'un  brûlot intitulé " Le bal des Dézingueurs -ce que les politiques balancent en off- '', Laurent Bazin sera l'invité d'honneur du Club de la presse et de la communication du Gard, ce jeudi 9 mars, à 18 heures 30 (entrée libre). Le spécialiste animera une conférence-débat intitulée "Politiques et journalistes : les liaisons dangereuses" à la Maison du Protestantisme, 3 rue Claude Brousson (près de l'Office de tourisme). Préambule...

Comment devient-on éditorialiste politique ?

En ce qui me concerne c'est arrivé un peu par hasard, par goût et par curiosité. Je n'étais pas du tout parti pour être un éditorialiste politique. J'étais reporter, correspondant à l'étranger, animateur de la matinale de RTL et de C dans l'air. Je croisais des politiques mais je n'étais pas destiné à les analyser, à les scanner... Le hasard a fait que l'on m'a confié l'interview politique de la matinale d'I Télé il y a une dizaine d'années et que j'ai observé ce numéro (sic). C'est là que j'ai contracté le virus.

Quels seront les thèmes que vous allez aborder jeudi ?

Ils sont entièrement résumés dans le contenu du livre que j'ai écris avec Alba Ventura. Je montrerai les relations qu'entretiennent les politiques, les élus et les gouvernants avec les journalistes lors de petits-déjeuners et déjeuners. Des moments partagés au cours desquels les journalistes viennent à la pêche aux informations et où les politiques construisent , où croient construire leur carrière. Ça passe par des confidences politiques, par des vacheries et des cruautés sur les rivaux. Jusqu'aux coups bas et autres règlements de compte et l'étalage d'états d'âme. C'est une relation qui peut apparaître curieuse au grand public. Voire suspecte !

Que vous inspire les affaires qui se sont fait jour dernièrement autour de certains candidats à la présidentielle ?

Je vis ça comme une catastrophe pour notre démocratie. C'est quand même la première fois que deux candidats pourraient se présenter lors du premier tour de l'élection présidentielle en étant mis en examen. Ce qui me frappe, c'est que ces affaires prennent le dessus sur le débat, devenu inexistant alors que le pays affronte des problèmes fondamentaux et attend des solutions. Pour autant, je ne dis pas que les journalistes ont eu tord de porter ces révélations sur la place publique. Ils sont dans leur rôle. Celui que s'attendent à les voir endosser le grand public. Simplement, la proportion que cela prend est juste inouïe.

Si l'on se plie au petit jeu des pronostics, qui verriez-vous comme prochain locataire de l'Elysée ?

Je ne sais pas. Je peux par contre vous donner le nom du candidat qui sera à coup sûr présent au 2e tour : Marine Le Pen. Le reste est pour moi plus incertain et volatil.que jamais. La politique française est entrée dans la 4e dimension.

Où situez-vous la frontière entre relations normales ou dangereuses entre journalistes et politiques ?

Elles deviennent dangereuses quand le journaliste oublie qu'il est journaliste et qu'il se doit à ses téléspectateurs où à son lectorat. Hubert Beuve-Méry, le fondateur du Monde, a dit  : "le journalisme, c'est le contact et la distance". C'est normal qu'un journaliste aille au contact, c'est dangereux quand il oublie de garder ses distances.

Etes-vous déjà venu à Nîmes ou dans le Gard ?

J'ai visité les arènes de Nîmes quand j'avais une dizaine d'années. Ma mère nous emmenait mon frère et moi découvrir la France pendant les vacances. Nîmes était un incontournable culturel. J'avais été impressionné par ces lieux imposants chargé d'histoire. C'est un moment qui m'est resté précieux...

Propos recueillis par Philippe Gavillet de Peney

philippe@objectifgard.com 

Le bal des Dézingueurs. Flamarion et collection J'ai lu (355 pages, 20 euros).

Philippe Gavillet de Peney

Après avoir traîné ma plume et ma carcasse un peu partout dans les rédactions des quotidiens régionaux de l'Hexagone, j'ai posé mes valises à Objectif Gard en mars 2016. Couteau suisse de la rédaction, j'interviens dans plusieurs rubriques avec une inclination plus marquée pour le sport, les portraits et les sujets de société... Au sein du journal, j'assure par ailleurs le Secrétariat de rédaction.

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Un commentaire

  1. « Je vis ça comme une catastrophe pour notre démocratie »

    Sommes nous encore en démocratie lorsque une grande partie des Français n’est pas représentée comme il se devrait à l’assemblée nationale, lorsque son vote majoritaire (29 mai 2005) est bafoué, lorsque le système (puissances financières, économiques, médiatiques, politiciennes) impose sa loi ?

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