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AIGUES-MORTES Aux sources de la Saint-Louis

L'adjoint à la culture et au patrimoine et le créateur de la fête de la Saint-Louis
L'adjoint à la culture et au patrimoine, Jean-Claude Campos et Guy Delmas, référent et créateur de la fête de la Saint-Louis

Dimanche, Saint-Louis repart en croisade. Il embarquera une nouvelle fois à Aigues-Mortes, dimanche vers 22 h 30. Trente-deux ans que ça dure. Récit de la naissance d'une idée à succès.

Une nef sauvée des eaux ou plutôt de l'art contemporain par la municipalité, qui gère la fête depuis quelques années, après des implications associative et privée. Un jour, la nef arborera une voile latine, promis. La nef actuelle a été repérée lors d'une exposition de la FRAC où dans la Cour des Logis du gouverneur, au pied de la Tour de Constance, elle voisinait avec une bétonnière, une voiture et quelques menus objets, agglomérés par des artistes contemporains. Retapée, rénovée, elle attend patiemment chaque année le départ du grand homme dans un entrepôt municipal. Elle a pris la succession depuis trois ans d'un fier chalut maquillé, dont l'itinéraire a varié au fil des éditions.

Jamais tout à fait la même, jamais tout à fait autre, la fête de la Saint-Louis, qu'on croit quand on arrive de loin aussi ancienne que les remparts de la cité, n'est juste qu'une alerte trentenaire.  A un moment, sacrilège, elle était devenue payante : "ça n'est jamais passé", résume Guy Delmas, le commerçant à l'origine de la célébration, qui a lancé l'affaire dans les années 1985-1986 et présidé, vingt ans durant à sa bonne mise en place. Avant de rendre son tablier, fatigué. Puis de revenir depuis trois ans, sonné par la municipalité de Pierre Mauméjean, élu maire en 2014.

La manifestation a aujourd'hui un tel succès que près de 80.000 personnes se pressent intra muros chaque week-end de Saint-Louis, la date d'août qui correspond à l'anniversaire du roi pieux. Contre un à deux milliers de visiteurs payants quotidiens aux plus fort de l'été sur les remparts.  Mais comment tout cela a-t-il été possible ? Comment Saint-Louis, sa cour ou leurs incarnations successives réussissent-ils à attirer autant de monde à Aigues-Mortes, au-delà de la mode pour l'époque médiévale ou de la beauté de la place forte camarguaise ?

Un secret aigues-mortais

"A l'époque, j'étais président de l'union commerciale aigues-mortaise, il fallait trouver quelque chose pour retenir les visiteurs au-delà du 15 août. Comme ça a correspondu au patrimoine et à l'histoire de notre cité, la fête a pris cette ampleur formidable", raconte Guy Delmas. J'avais discuté avec une dame qui m'avait dit qu'après-guerre, ils avaient tenté une petite reconstitution historique. Et... on m'a traité de fou ! La décision est passée à une voix près au bureau de l'association. Huit pour, sept contre ! On a organisé une petite soirée privée, restaurant et spectacle,  avec un tournoi déjà et des chevaux. C'était complet la première année. Même le lancement a été épique !" Pour la petite histoire, seul un professionnel, un commerçant avait osé se costumer. La taverne, le marché, les diverses animations se sont ajoutés au fil des éditions. L'équipe d'organisation se prend tellement au jeu qu'elle se rend aux Archives nationales pour retrouver la composition exacte de la Cour et le déroulé de la journée. On ne plaisante pas avec l'histoire.

Reste une mobilisation sans pareille de bénévoles, de petites mains, qui réalisent les costumes, loués ensuite aux participants et vacanciers. "Tout est gratuit, ça reste une fête populaire", précise  Jean-Claude Campos l'adjoint à la Culture et au patrimoine.

Tout cela se déroule évidemment  avec une sécurisation particulière, époque oblige. "Quand une ville est historique, elle pèse plus lourd. La ville est liée aux Croisades, à l'histoire du catholicisme, du protestantisme. C'est son secret et sa force" selon M. Campos. Embarquement dimanche...

Florence Genestier

florence.genestier@objectifgard.com

Le programme de la fête : http://www.objectifgard.com/2017/08/23/aigues-mortes-retour-au-temps-des-chevaliers-et-de-saint-louis/

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Florence Genestier

Arrivée à Objectif Gard depuis juillet 2017, ma première carte de presse date de 1991 (si, si !). Née en Bourgogne, des études lyonnaises, quinze ans de PHR dans une région de montagnes, puis un détour par une mairie, la vie web d'associations et de projets sur Paris, Dijon, le sud Bourgogne, quelques chroniques judiciaires. Me voilà chargée de l'actu de la Petite Camargue :) de l'Espiguette jusqu'à Vauvert et au-delà. C'est sportif mais passionnant !

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