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GARD RHODANIEN Le baroud d’honneur de Scène campagne ?

Le président de l'Agglo Jean-Christian Rey (au micro) et son vice-président Christophe Serre (à G.), le 18 juin 2018 lors du conseil communautaire de l'Agglo du Gard rhodanien à Vénéjan (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Abandonné fin 2016, le projet Scène campagne a fait un spectaculaire retour à l’ordre du jour du conseil communautaire de l’Agglo du Gard rhodanien, hier soir à Vénéjan.

Le président de l'Agglo, Jean-Christian Rey, (au micro) et son vice-président, Christophe Serre, (à G.), lundi soir lors du conseil communautaire de l'Agglo du Gard rhodanien à Vénéjan (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

On doit ce retour au Communistes locaux, qui ont fait parvenir une lettre ouverte aux élus communautaires il y a une dizaine de jours pour s’émouvoir de l’argent public dépensé pour le projet abandonné, puis aux élus du groupe Bagnols c’est vous, qui ont déposé une demande d’informations.

Concrètement, le PCF local estime à 606 000 euros le coût du projet abandonné et dénonce un pilotage du projet « plus qu’aléatoire » par l’ex-communauté de communes de Valcézard, notamment en confiant une partie du projet à l’association Interface, avec qui l’Agglo est désormais en contentieux. « C’est un serpent de mer. On jette des sommes comme ça, a d’abord réagi le président de l’Agglo Jean-Christian Rey. Je vais répéter une chose : Scène campagne et le PER (Pôle d’excellence rural, NDLR) sont deux choses différentes. »

« Tout est transparent »

Et le président d’expliquer que oui, « Scène campagne a été arrêtée. Il a fallu tout de même dédommager les architectes : 40 000 euros en tout pour les deux perdants et 210 000 euros pour le gagnant. Derrière, il y a tous les frais inhérents aux études, 250 000 euros, cet argent a été dépensé en face de travail fait. Cette somme existe et a été dépensée. » Seulement voilà, Jean-Christian Rey rappelle que « le PER a plusieurs pieds, il y avait Scène campagne, mais il y avait aussi les bornes wi-fi, 22 communes vont être équipées en juillet, c’est le PER. » En clair : la somme avancée par les Communistes ne concernerait pas que Scène campagne.

Concernant Interface, l’association « avait été sélectionnée par Valcézard et son travail portait sur le portail numérique, a rappelé le président. Au début tout allait bien, mais quand fin 2016-début 2017 on a commencé à ne plus être satisfaits, on a demandé un règlement du problème à l’amiable. Ça n’a pas été possible et c’est entre les mains de nos avocats. » Bref, circulez, y’a rien à voir ! « Tout est transparent, mais il y a ceux qui veulent tout mélanger. On a l’habitude », conclura Jean-Christian Rey.

« Fouiller dans les poubelles »

L’ex-président de Valcézard, désormais vice-président de l’Agglo, Christophe Serre, prendra le relais pour se défendre en faisant un long historique du projet de PER et en revenant en détail sur Interface. Sur le choix de ce prestataire douteux, « notre attachée de presse de l’époque nous a présenté celui qui allait devenir le président d’Interface. Son bureau était à Lunel-Viel. Il nous a dit qu’il serait intéressant de développer un web-magazine et une application mobile. On a aussi vu d’autres associations et la Chambre de commerce et d'industrie d’Alès, mais ils ne proposaient pas d’outils particuliers pour le territoire. Interface nous a présenté des outils intéressants et le travail a été fait. Pas terminé mais fait. »

Et Christophe Serre de rappeler que « le PER c’était 3 axes et 7 opérations. Interface n’en avait que 2 ». Le web-magazine et l’application mobile, donc. Deux opérations au budget de 150 000 euros pour la première et 140 000 euros pour la seconde, subventionnées à hauteur de 80 000 euros chacune via le PER, a rappelé le vice-président.

Par ailleurs, « quand on a basculé vers l’Agglo, ni la Chambre régionale des comptes, ni le trésorier-payeur, ni la brigade financière n’ont dit quoi que ce soit sur la gestion de Valcézard », se défendra l’ancien président de la Communauté de communes, soutenu par ses anciens vice-présidents, Guy Aubanel et Gérard Castor, puis avec véhémence par le maire de Saint-Paul-les-Fonts, Marc Angéli, qui poussera sa gueulante trimestrielle en s’en prenant cette fois à la presse et à « ceux qui vont fouiller dans les poubelles. »

Quant à ceux qui veulent fouiller, mais dans les archives, Christophe Serre les invite à le faire. Et dans son agenda tant qu’on y est : « j’ai même édité quatre années de mon agenda. Si, si ! » Reste à voir si Scène campagne et Interface reviendront à l’agenda de l’Agglo.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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Un commentaire

  1. Il y a la rhétorique que pratiquait Cicéron et la vulgarité dans laquelle la majorité est malheureusement tombée.

    Les sorties ou éructations verbales du maire de Saint-Paul-Les-Fonts portent préjudice au débat public et le ramène à un niveau si bas qu’il en devient ridicule..

    Le contrôle des citoyens sur l’argent public est un principe qui même s’il peut déplaire ne doit pas être empêché. Aujourd’hui Scène Campagne, demain les contrats de concession (eau, assainissement, dechets…) conclus à grand frais feront l’objet d’un contrôle soigné par les mouvements associatifs. Soyez en sûrs messieurs et mesdames les élus !

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