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FAIT DU JOUR Des chauves-souris et des hommes

Nuit internationale de la chauve-souris le 23 août à 20h au château d'Espeyran.

Grand rhinolophe a un drôle de museau, mais c'est c'est un petit être inoffensif et un dévoreur de moustique, alors pas de délit de sale gueule !(photo DR)

Voilà un petit animal qui focalise encore bien des idées reçues et avec lequel il est temps de se réconcilier. Pour aider à mieux le connaître et à cohabiter avec lui en toute sérénité, chaque année, cet animal protégé partout en France est la vedette d'une nuit internationale. Chez nous elle se tiendra ce vendredi 23 août au château d'Espeyran à 20h.

On le dit vampire, enragé, toxique, prompt à s’emmêler dans les chevelures, associé du diable… Bref, même Batman ne suffit pas à changer l'image de ce petit mammifère plutôt mignon, discret, fragile et vraiment utile. Pour en savoir plus sur le déroulement de la soirée et lever le voile sur cet animal encore méconnu, nous sommes allés rencontrer Nicolas Bonton, chef du développement territorial, eau et biodiversité du syndicat mixte de la Camargue gardoise, au centre du Scamandre.

La France est riche en espèces de chauves-souris, puisqu’on y trouve 34 des 41 espèces présentes en Europe… Sans parler des 132 vivant dans les territoires et départements d’outre-mer. Nicolas Bonton nous apprend en guise d'introduction que sur les 34 espèces de l'Hexagone, 17 vivent en Camargue. Un trésor de plus donc à mettre au tableau d'honneur du territoire et à protéger soigneusement.

Un colocataire utile

Les chauves-souris du Chateau d'Espeyran ont trouvé un abri sûr et des hôtes bienveillants (photo D.R)

Aujourd'hui nous sommes indirectement ou directement les principaux ennemis de la chauve-souris : pollution nocturne qui désorientent les jeunes, un habitat naturel qui se réduit, des chats domestiques tueurs et des propriétaires qui hésitent, voire refusent de garder des colonies chez eux. Même si les chauves-souris sont protégées par des textes qui empêchent de leur nuire sous peine de sanctions, il reste encore des précautions à prendre.

Mais, tout d'abord, il est important de faire connaissance. Les chauve-souris forment l'ordre des chiroptères. Ce sont des mammifères pas vraiment prolifiques. Seuls les 2/3 des femelles d’une colonie sont fécondées et ne donnent naissance qu’à un seul petit par an. Leur fertilité est comparable à la nôtre, pas à celle des rongeurs. Si l’on ajoute à cela une mortalité élevée (environ 60%) des jeunes au cours de leur première année, on peut considérer que pour l’essentiel les colonies restent stables en effectif, voire diminuent. Si une colonie est installée chez vous, elle ne risque donc pas de tout envahir.

On en sait peu sur leur vie sociale, mais on sait que ce petit animal nocturne veille sur ses bébés avec un soin jaloux (photo Groupe Chiroptères Languedoc-Roussillon)

Quant aux vampires, chez nous, ce n'est pas chez les chauves-souris qu'il faut les chercher. Nicolas Bonton, nous le confirme. "Toutes les espèces françaises sont insectivores, elles consomment des mouches, moustiques, coléoptères, papillons et pucerons et peuvent mettre araignées et autres petits invertébrés au menu". Loin d'être nuisibles donc, toutes les espèces présentes chez nous sont utiles. Si vous en doutez, sachez qu'elles peuvent dévorer un tiers de leur poids en moustiques en une seule nuit de chasse. Une bonne raison d'être copains !

"La chauve-souris n'est pas à franchement parler un animal migrateur", nous apprend Nicolas Bonton, "mais au cours de l'année, elle change de territoire". C'est pourquoi on peut les voir s'installer pour la saison, dans des greniers, hangars ou autre zones sèches et obscures. Elles choisissent souvent des lieux différents pour hiberner ou mettre-bas car leurs exigences ne sont pas les mêmes. En hiver, elles auront besoin de fraîcheur et d’humidité et préféreront une cave tandis qu’en été, elles orienteront leur choix plutôt vers un grenier pour obtenir la chaleur nécessaire à l’élevage des petits.

Comme ce n'est pas un rongeur mais un chasseur d'insectes, elle ne risque pas de dégrader son environnement. Seul nuisance, son guano (comprendre ses excréments). Les quantités ne sont pas importantes et le guano n'est pas toxique mais fait au contraire un excellent engrais. Il suffit de placer une bâche protectrice à l'aplomb de la colonie et la laisser pour la saison.

Assister à l'envol et apprendre à cohabiter

Le château d'Espeyran. (Photo d'illustration)

Depuis trois ans, les communes le Syndicat Mixte de Camargue gardoise dirige un projet financé à 80% par le ministère de l'écologie en association avec les communes du territoire et accompagné par une association de spécialistes le Groupe des Chiroptères Languedoc-Roussillon pour observer les animaux et collecter les données sur un site Internet ouvert au public qui sera riche en informations et en conseils et devrait voir le jour courant 2020.

Le 23 août, le fil rouge de la nuit sera "cohabiter avec les chauves-souris en Camargue" et débutera par une observation de l'envol des petits mammifères au coucher du soleil. Elle sera animée par Julien Penvern, du groupe des Chiroptères Languedoc-Roussillon. Cette soirée est gratuite et sans inscription.

Véronique Palomar Camplan 

Etiquette

Véronique Palomar

Après une longue carrière au service de l'information dans l'hémisphère sud, me voilà de retour dans l'hexagone. Heureuse de mettre, plume, regard neuf et expérience au service d'un journal indépendant et de continuer à informer.

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