Culture

UZÈS Les lycéens racontent leur génération au cours d’une résidence artistique

Lors de la résidence au lycée Gide d'Uzès (DR)

Pour cette classe de Première du lycée Gide d’Uzès, ce mois de janvier est particulier.

En effet, la classe de la professeure de lettres, Cécile Rigoulot, participe à une résidence d’artistes de la compagnie Le Cri dévot, basée à Montpellier, qui les a vu créer une pièce de théâtre, en à peine vingt heures d’ateliers avec les artistes. « Nous leur faisons traverser en un temps très court le processus de création comme nous le menons au sein de la compagnie, en vingt heures au lieu d’un an », résume Jérémy Cateland, du Cri dévot.

Autant dire que la résidence est « un gros challenge », abonde Bastien Guadagnino, de la compagnie, qui a déjà réalisé des projets de ce type dans d’autres établissements. D’autant que l’ambition du projet était grande : partir du travail auto-socio-biographique d’Annie Ernaux, Les Années, qui retrace la vie d’une femme des années 1950 aux années 2000, pour le poursuivre aujourd’hui. « Annie Ernaux traverse la société française à travers des marqueurs des époques et la mémoire collective, dans laquelle elle insère sa mémoire intime », retrace Bastien Guadagnino.

Une oeuvre achevée en 2007, alors que les lycéens d’aujourd’hui étaient encore, pour les plus âgés d’entre eux, tout petits. Alors « l’idée avec ce projet est de poursuivre cette aventure avec les lycéens et composer le manifeste poétique de leur génération, avec un texte assez engagé et incarné », explique Bastien Guadagnino. Au cours des ateliers, les artistes ont d’abord fait émerger des idées avec les lycéens, puis composé le texte avec eux, avant de le mettre en scène, en musique et même en vidéo.

Car il s’agit d’une véritable pièce de théâtre, jouée et mise en scène, et pas seulement d’une lecture. L’occasion aussi de faire découvrir aux élèves « des formes de théâtre contemporain qu’ils n’ont pas l’habitude de voir », commente Bastien Guadagnino. Et ça marche, même si les élèves n’ont pas eu le choix de participer ou pas à l’atelier. « Il y en a eu plein qui sont venus à reculons, mais à la fin nous avons eu des bons retours. La réussite du projet est aussi là, affirme Bastien Guadagnino. C’est ce que ça génère humainement, au-delà du côté artistique, qui est important. » « C’est un revirement total pour certains élèves », explique pour sa part la professeure, Cécile Rigoulot, qui évoque aussi « un groupe de classe qui s’est retrouvé soudé » par le projet.

La résidence, « un point de départ »

Et deux jours après une première représentation de #Génération(s) à destination du lycée ce lundi (une deuxième suivra à destination des parents), « le résultat est bluffant », avance Nadège Molines, la directrice du Développement culturel de la communauté de communes du Pays d’Uzès (CCPU), qui organise la résidence d’artistes en partenariat avec la Région Occitanie et la direction régionale des affaires culturelles (DRAC). Le but est « de soutenir la création d’une compagnie que nous suivons depuis un moment, et qui présente une dimension très importante de rapport au territoire et à l’histoire », note Nadège Molines. Et pour les lycéens, « ça a aussi du sens, car demain, ce sont eux qui iront à l’Ombrière pour découvrir ces formes artistiques », ajoute-t-elle.

Cette résidence est vue comme « un point de départ du parcours que nous souhaitons mettre en place avec cette compagnie », affirme le directeur de l’Ombrière, Sébastien Toureille. Car durant la résidence, les artistes ne font pas que travailler avec les élèves. Ils ont d’ores et déjà entamé un processus d’écriture, sur place, toujours en lien avec l’oeuvre d’Annie Ernaux. « Nous sommes en train d’écrire un solo autobiographique sur notre adolescence », présente Bastien Guadagnino. Le tout au lycée, « ce qui est assez cathartique », glisse l’auteur.

Trois textes seront ainsi présentés sous le nom - qui parlera à plus d’un - de La Trilogie du samedi, d’abord devant les lycéens très prochainement, puis fin 2020 probablement dans les médiathèques du réseau de la CCPU. Un autre spectacle inspiré d’Annie Ernaux, La Forme de la photo, suivra au printemps 2021 à l’Ombrière, dans le cadre du soutien aux nouveaux projets artistiques.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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