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SAINT-QUENTIN-LA-POTERIE Elle lance une cagnotte pour offrir une meilleure vie à ses chevaux

Stéphanie Claverie souhaite offrir un terre de paradis pour ses trois chevaux : Itxaro, Yoda et Darwin. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Stéphanie Claverie est propriétaire de trois chevaux depuis plusieurs années : Itxaro, Yoda et Darwin. Trois animaux qui n'ont toujours connu des jours heureux. Ils vivent aujourd'hui dans un parc, mais leur "sauveuse" veut un cadre de vie idyllique pour ses petits protégés : une belle pâture de 2 hectares et demi. Elle a lancé une cagnotte en ligne pour l'aider à financer l'installation.

Un grand pré avec de l'herbe toute l'année. C'est le cadeau que veut offrir Stéphanie Claverie à ses trois chevaux. Aujourd'hui, les équidés vivent dans un pré de 4 000 m² à Vallabrix, un peu caillouteux avec quelques zones boueuses malgré un nettoyage quotidien. Ils se nourrissent de foin mais les brins d'herbe à grappiller sont presque inexistants. Un parc qui ressemble à beaucoup d'autres. Très convenable mais pas parfait.

Sauf que Stéphanie, elle veut un cadre de vie exceptionnel pour ses trois protégés. Fin 2019, elle est tombée sur un ancien terrain agricole à l'extérieur de Saint-Quentin-la-Poterie. Elle y a tout de suite imaginé son petit paradis. Le propriétaire a accepté de lui louer pour presque rien.

Sauf que clôturer et aménager 2 hectares et demi de prairie, ça a un coût. Environ 2 000 € selon Stéphanie. Elle a donc lancé il y a deux semaines une cagnotte en ligne sur gofundme.com pour financer rétroactivement cette dépense. Pour l'heure, 264 € ont été récoltés sur les 1 500 € espérés. La somme servira à amortir l'achat de 280 piquets, du portail, des fils électrifiés, des isolateurs, de l'électrificateur solaire... mais aussi du bois pour construire l'abri où les chevaux pourront se réfugier en cas de pluie ou qui pourra stocker des bottes de foin. "Rien que le bois de la cabane, c'est 1 200 €" assure la propriétaire, qui a tout bâti avec son ami, Jean-Paul. D'autant que c'est du bois non-traité (mais résistant aux intempéries) de bonne qualité.

Stéphanie Claverie espère collecter 1 500 € via sa cagnotte en ligne, pour financer notamment l'abri des chevaux. (Marie Meunier / Objectif Gard)

En effet, elle a imaginé tout un mode de vie écologique pour les chevaux. "Le terrain est bio, je compte les vermifuger naturellement, je vais faire du pâturage tournant pour éviter d'épuiser les sols et laisser à la terre le temps de se reposer", explique-t-elle. Avec cette méthode, elle espère que les animaux pourront se nourrir exclusivement d'herbe verte toute l'année.

"Je n'ai aucun but avec ces chevaux si ce n'est que de se guérir
chacun de nos blessures"

Enfant, Stéphanie Claverie pratiquait l'équitation en club "un peu comme toutes les petites filles". Mais après une violente chute, elle n'a pas remis le pied à l'étrier. Entre temps, elle est devenue chimiste spécialisée en environnement et certifiait des sites industriels. L'expérience professionnelle tourne mal, elle subit du harcèlement moral et finit aux Prud'hommes où elle gagnera: "J'ai décidé à ce moment-là de vivre en accord avec mes valeurs. Je me suis tournée vers l'art, l'animal, l'humain, la photographie et l'écriture." Elle sort du système du salariat et passe une formation dans le comportement animal, qui l'amènera très vite vers celui des hommes. Elle valide ensuite une licence psychologie à Paris 8 puis devient écrivain public.

En 2013, son chemin a croisé celui de la petite jument Itxaro. Elle vivait en semi-liberté dans les montagnes basques. Il lui manque un bout d'oreille, vestige d'un "marquage "traditionnel" inhumain", d'après Stéphanie Claverie. Yoda est arrivé en 2015, ôté des griffes d'un maquignon alors qu'il n'était encore qu'un poulain. Elle a racheté Darwin à une jeune femme en 2016, qui l'a elle-même sauvé de la boucherie. Elle a craqué sur le cheval et sa robe couleur or, incapable de la laisser sur ce marché de la dernière chance. Encore aujourd'hui, l'équidé reste très sensible.

"Je n'ai aucun but avec ces chevaux si ce n'est que de se guérir chacun de nos blessures et de faire profiter aux autres cette expérience", atteste la propriétaire, qui a connu une année 2019 difficile après un deuil familial. Elle aimerait par la suite faire des ateliers thérapeutiques avec les équidés. Mais elle ne veut rien imposer à ces animaux "à qui les hommes demandent souvent beaucoup de choses. Je n'exclus pas de faire quelque chose avec eux mais ça ne sera pas sous la contrainte. Je veux d'abord qu'ils mangent, qu'ils galopent et se roulent dans l'herbe. Qu'ils soient heureux" Ses trois compagnons investiront leur nouveau pré le 16 février, situé à 5 km à pied de leur demeure actuelle.

Marie Meunier

Les personnes qui contribuent à la cagnotte "Un paradis pour mes chevaux"  auront leur nom gravé sur une petite plaque, qui sera accrochée à l'abri en bois.

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