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VILLENEUVE-LÈS-AVIGNON Rien de neuf pour le dernier débat d’orientations budgétaires du mandat

Mercredi soir, lors du conseil municipal de Villeneuve (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Comme chaque année à pareille époque, le débat d’orientations budgétaires s’est tenu ce mercredi soir lors du conseil municipal de Villeneuve. Et comme chaque année, on a assisté aux mêmes débats, parfois musclés. Tant pis si cette année n’est pas comme les autres.

À vrai dire, rien n’indiquait au profane la tenue prochaine d’une élection municipale, ce jeudi lors de l’avant-dernier conseil municipal de la mandature, et ce fut de même arrivés au débat d’orientations budgétaires. Rien d’anormal, rien d’inhabituel, à commencer par la teneur du document présenté par le conseiller municipal délégué, François Zanirato. Après le traditionnel contexte national, l’élu a évoqué les derniers exercices pour démontrer la bonne gestion de la commune, avec « une épargne brute satisfaisante », « un taux d’épargne conséquent » ou encore une stabilité fiscale à l’exception notable de la hausse de la taxe d’habitation en 2017.

François Zanirato évoquera également les « 13,5 millions d’euros » investis par la commune entre 2013 et 2018, et un encours de la dette en baisse de « 23 % sur les six dernières années, soit plus de 3 millions d’euros de baisse. » De quoi placer Villeneuve largement en dessous de la moyenne de sa strate en terme de dette, avec 653 euros par habitant contre 864 euros par habitant.

Côté orientations pour 2020, la majorité sortante propose de poursuivre sa trajectoire. Ainsi, on y retrouve comme chaque année la sempiternelle « poursuite de la maîtrise des dépenses de fonctionnement », le tout aussi habituel « gel des taux communaux de taxe d’habitation et des taxes foncières » et les autres grands classiques « préservation de la capacité d’autofinancement », « l’adaptation du plan pluriannuel d’investissement » ou encore « la poursuite de la politique de désendettement. » Bref, rien de nouveau.

Côté investissements, 3,15 millions d’euros de nouvelles dépenses d’équipement sont prévues en 2020, soit « plus de 50 % du budget d’investissement 2020 », précisera François Zanirato. La majorité sortante prévoit 176 000 euros pour les acquisitions foncières, 325 000 euros pour les subventions d’équipements versées, 90 000 euros pour les études et le Plan local d’urbanisme, 310 000 euros pour les équipements et 2,25 millions d’euros pour les travaux annuels. Au chapitre travaux, on retrouve notamment la rue des Récollets/Pente rapide, la via-rhôna ou encore l’aménagement des rues Porte-rouge, de l’Amelier et Saint-Roch.

« Rien de neuf sous le ciel de Villeneuve »

Bref, « une situation financière très saine », « une ville bien gérée où il fait bon vivre », résumera le conseiller municipal, comme chaque année. Et comme chaque année, l’opposition s’exprimera, à commencer par le communiste Dominique Declosmenil. Comme chaque année, l’opposant démarrera sa longue intervention par une large partie sur la politique nationale avant, à la fin, d’estimer que « un bon bilan comptable ne fait pas un bon bilan politique », et d’affirmer que « la seule réussite (de la majorité sortante, ndlr) est celle d’une ville dortoir cossue. » « Tout ceci, je l’ai dénoncé tout au long de ce mandat, rien de neuf sous le ciel de Villeneuve », ajoutera-t-il.

Rien de bien neuf non plus du côté de l’opposant et candidat Florent Lemont, qui estimera pour sa part que « tout est assez monotone dans ce bilan », à l’image « d’une ville peu dynamique, qui n’évolue pas dans son bassin de vie et qui voit sa population baisser au cours des années. » Dénonçant « une certaine forme d’attentisme » de la majorité sortante, l’opposant dénoncera une ville « dans le peloton de tête des villes les plus taxées de France » ou encore « des choix d’investissements essentiellement axés sur la voirie. » Rien de nouveau sous le soleil, y compris du côté des orientations de la majorité, « qui reprennent fidèlement celles prises au cours des dernières années, dans la continuité, elles auront les mêmes effets. »

L’opposante et candidate aux côtés de Florent Lemont, Monique Novaretti, déplorera la création d’un service dédié à la recherche de subventions externes, et remettra en cause l’implication des élus dans la recherche de subventions, notamment régionales. Celle qui est également conseillère régionale affirmera ensuite que « de 2016 à 2019 inclus vous n’avez demandé que deux subventions à la Région, pour 33 000 euros », avant de demander le coût de ce nouveau service.

Le maire, Jean-Marc Roubaud, répondra que ce service ne coûterait rien de plus, car il s’agit « d’un agent en disponibilité que nous avons réintégré » et que concernant la Région, « il fut un temps où nous étions systématiquement écartés car nous n’avions pas la bonne couleur politique. » Sur l’intervention de Dominique Declosmenil, le maire répondra que le communiste lui avait « fait plaisir », ne trouvant à ses yeux « rien à reprocher à notre gestion. »

Sur celle de Florent Lemont, Jean-Marc Roubaud estimera que « la personne qui écrit (les) interventions (de son opposant) n’est pas inspirée, ni d’une grande perspicacité ou ouverture d’esprit », et que Florent Lemont « ressort les mêmes litanies pour une seule raison : vous ne travaillez pas vos dossiers. Vous êtes en hibernation tout au long du mandat, et à l’approche de l’élection vous vous réveillez et trouvez un sens à votre existence. »

L’opposant lui répondra qu’il n’avait pas que la mairie dans son existence, et le maire lui rétorquera qu’il était « le candidat d’un clan et d’une secte » et que compte tenu « de l’effort fait cette année (par ses opposants, ndlr) » il n’allait pas « plus (se) fatiguer. » L’opposante de la liste Rassemblement national, Christel Mediavilla, estimera ensuite que la fiscalité de la ville était « réfractaire (sic) », avant que le conseil municipal soit appelé à voter le fait que le débat s’était bien tenu.

Dominique Declosmenil indiquera qu’il s’abstiendrait pour ne pas donner l’impression d’un blanc-seing à la majorité. « Je ferai la même chose », affirmera ensuite Florent Lemont, repris de volée par son ex-colistier communiste qui lui demandera s’il allait « revenir à Gauche », allusion au passage du Parti socialiste à La République en marche de Florent Lemont. Le débat d’orientations budgétaires sera voté avec quatre abstentions.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

Et aussi : L’ex-adjoint à la culture, Jacques Bertrand, démis de ses fonctions comme le conseiller municipal Camille Gavazzi, les deux élus ayant choisi de quitter le majorité en vue des municipales pour rejoindre Florent Lemont, est revenu sur la perte de sa délégation. Un épisode qu’il juge « pas bien normal. » « Je prends acte de votre surprise », lui rétorquera le maire.

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Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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