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PONT-SAINT-ESPRIT La future vente de l’Hôtel-Dieu au menu d’un dernier conseil municipal électrique

Hier soir, lors du dernier conseil municipal de la mandature à Pont-Saint-Esprit (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

À un mois des élections municipales et dans une ambiance tendue, marquée notamment par le déchirement de la majorité, le conseil municipal de Pont-Saint-Esprit s’est réuni pour la dernière fois de la mandature jeudi soir à la Cazerne.

Au menu : des délibérations techniques et sans grand ressort polémique, et à la toute fin, la signature du protocole d’accord entre la commune et l’entreprise Somifa en vue de la vente future de l’Hôtel-Dieu. Le tout dans une ambiance électrique, pour ce qui était le baroud d’honneur de plusieurs élus, à commencer par l’ancien maire Roger Castillon (2011-2018), à qui sa successeur Claire Lapeyronie a rendu hommage en début de conseil. Il s’agissait également très probablement du dernier conseil de l’ancien maire (1971-2010) Gilbert Baumet, qui lui n’a pas eu le droit à un hommage, mais passons.

Pour l’ambiance électrique, l’opposition par la voix de Gérard Guillen s’étonnera de voir des délibérations présentées par les (toujours) adjoints Josiane Pauty et Jean-Noël Francisci, qui font partie des élus de la majorité « frondeurs ». « Ils sont adjoints. Je n’ai pas reçu de courrier de démission de leur part. Ils portent leurs dossiers », répondra Claire Lapeyronie, avant que les deux adjoints concernés n’affirment vouloir assumer leur mandat « jusqu’au bout. » Plus tard, l’adjoint Jean-Marie Daver, qui fait lui aussi partie de ceux qui ont rejoint Catherine Chantry, vouvoiera ostensiblement Roger Castillon, ce dernier lui rendant volontiers son vouvoiement.

Un échauffement en vue de la dernière question, celle sur la signature du protocole d’accord pour l’Hôtel-Dieu, portée par Roger Castillon. L’ancien maire reviendra longuement sur le projet et sur le protocole (voir ici), avant de laisser la parole aux élus. Le conseiller municipal de la majorité René Lamarre ouvrira le bal, pour sa dernière intervention en tant qu’élu, en proposant de nommer une des places de ce nouveau projet place Abbé-Pierre ou Ambroise-Croizat, avant de lancer qu’il s’agissait « d’un super projet négocié d’une main de maître par Roger Castillon. »

« Une manœuvre électoraliste grossière »

L’adjointe Catherine Chantry, tête de liste face à Claire Lapeyronie pour les municipales, dénoncera ensuite le timing de la signature de ce protocole. « C’est très rusé, je croise beaucoup de gens qui sont persuadés que la vente est conclue. Vous jouez sur les termes et manifestement ça marche. Donner le sentiment que la vente est effective à un mois de l’élection est une manœuvre électoraliste grossière », lancera-t-elle, avant de préciser qu’elle voterait tout de même pour ce protocole, « sous peine de faire fuir le seul investisseur » pour ce projet.

Roger Castillon lui répondra qu’il avait « toujours parlé d’un protocole », et que l’équipe dont il fait partie « est toujours aux affaires jusqu’au 15 mars. Nous avons estimé qu’il était dans l’intérêt de la commun et des Spiripontains que le protocole soit signé. » L’ancien maire rappellera également à Catherine Chantry qu’elle faisait partie du comité de pilotage du projet, « sauf depuis le mois d’août où nous avons décidé que la finalisation de la négociation se passerait avec madame le maire et moi-même. Vous étiez parfaitement au courant. »

Catherine Chantry affirmera ensuite avoir été « complètement écartée » dudit comité de pilotage, avant de préciser qu’elle était « ravie » que le projet aboutisse, mais « gênée » par la méthode. Gilbert Baumet prendra ensuite la parole pour une intervention volontairement pas (ou peu) polémique, en tout cas moins qu’à son habitude. Demandant une actualisation de l’estimation de l’Hôtel-Dieu par les Domaines, l’ancien maire s’interrogera sur la « cohabitation » entre l’hôtel trois étoiles et les logements sociaux prévus dans le projet, sur le fait que la mairie récupère la chapelle et la sacristie de l’Hôtel-Dieu « ne serait pas un cadeau empoisonné » ou encore sur le versement d’une indemnité de 300 000 euros par la commune à la Somifa si les permis de construire du projet étaient refusés par la mairie : « Ça me choque. »

Roger Castillon lui répondra que cette indemnité n’était opposable que « au cas où la commune, de son propre fait, n’irait pas au bout du projet », que « les 600 000 euros récupérés pour la chapelle et la sacristie (allaient) grandement participer à leur rénovation » et que l’estimation des Domaines serait refaite au moment de la signature du compromis de vente. Le conseil se terminera par une intervention de Jean-Marie Daver qui se « réjoui(ra) que les Spiripontains puissent se réapproprier ce quartier » tout en « regrett(ant) que dans notre équipe, il y ait eu le syndrome du coucou. »

Une allusion moyennement claire à la stratégie de noyautage de conseils municipaux prêtée au parti La République en marche en vue des élections sénatoriales et qui aurait causé, d’après certains élus qui ont décidé de partir avec Catherine Chantry, l’éclatement de la majorité à Pont. Manifestement, personne ne l’a comprise sur le moment. Le protocole d’accord entre la commune et Somifa sera voté avec quatre abstentions, celles du groupe Aimons Pont-Saint-Esprit.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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