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GARD Mieux vieillir en Ehpad selon Delphine Dupré-Lévêque

Au mas des Abeilles à Nîmes, la Croix Rouge (Photo Anthony Maurin).

La Croix Rouge française dans le Gard recevait dans son centre de formation nîmois Delphine Dupré-Lévêque afin de suivre les conseils de ce guide original qui permet de dynamiser la vie en maison de retraite. Elle a écrit un livre intitulé " Viens chez moi, j'habite dans un Ehpad. "

Aujourd’hui, tout va vite et l’Homme vit plus longtemps alors il a bien plus de chances, arrivé à un certain âge, de baisser les bras car il ne trouve plus sa place dans cet univers en perpétuel mouvement.

Notre société individualiste laisse souvent face à lui-même le senior. Elle le laisse face à ses doutes mais aussi face à ses certitudes. La famille ne joue plus son rôle, happée par le tic-tac de sa vie professionnelle et pire, oublie son ascendance avant même que son nom soit gravé dans quelque cimetière.

Dans le sud, la démographie galopante, le régime crétois et l’héliotropisme font que notre région est vieillissante. Certains se posent la question du mieux vieillir mais nous sommes encore loin du respect que nous devons à nos aînés en la matière.

S'adapter encore et toujours

Pour le Directeur de Korian, Robert Rocheblave " On a tendance à regarder la partie vide du verre en parlant des Ehpad mais il s’y passe des choses importantes. 700 000 personnes y sont et je ne suis pas sûr qu’il n’y ait que des maltraitances. Nous voulons créer sur Nîmes un courant positif et d’excellence. L’I2ML a mis en place les universités avec de nouvelles thématiques à Vauban et nous allons créer des temps de rencontres entre familles, résidents, acteurs des soins, dirigeants des structures pour faire avancer cette cause en parlant de la partie pleine du verre. Il y a un potentiel de développement, l'Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) se transforme au quotidien, avant il y avait des dortoirs de 8 personnes, aujourd’hui on fait les chambres individuelles. On répond à l’estime de soi, à la narcissisation, nous sommes, vous êtes les pionniers de ce changement et toutes les vérités que l’on dit aujourd’hui ne seront pas celles que l’on dira dans quinze ans. "

Au siège de la Croix rouge dans le Gard à Nîmes, Jean-Marc Blanc de l'I2ML, Delphine Dupré-Lévêque et Robert Rocheblave de Korian (Photo Anthony Maurin).

Tous les professionnels du secteur, de la santé mais aussi des services à la personne, pourront valoriser leur travail après avoir lu le livre qu’a sorti Delphine Dupré-Lévêque. Ce-dernier met en évidence les comportements à bannir ou à encourager, donne ou redonne du sens à chaque acte, chaque échange.

L'application de ces conseils de vie quotidienne devrait, dans l’absolu, aboutir à une meilleure qualité de vie du résidant mais aussi au prolongement de son autonomie. Le point de vue d'anthropologue de Delphine Dupré-Lévêque apporte un éclairage incomparable des réseaux invisibles dont le personnel peut tenter de mieux exploiter le potentiel dans l'accueil et l'intégration des autres pensionnaires.

Cette partie de la formation de Dupré-Lévêque permet aussi à l’auteure de proposer une nouvelle approche des animations, de la collaboration avec les familles ainsi qu’une meilleure gestion des moments clés dans la vie d'un résidant.

Oublier ce que l'on sait

Dans le monde de la santé, où la détresse humaine côtoie le rendement financier, tous les conseils sont bons à prendre, toutes les nouveautés sont à tester car bien des choses restent à faire.

Pour en arriver à un tel point d’expertise, l'auteure a passé des années à écouter et à partager l'existence des personnes âgées et des professionnels, mettant en évidence les relations des résidents avec tous les intervenants de ce milieu, l'ensemble du personnel soignant en passant par les agents de service, les emplois-jeunes, mais aussi les animateurs, la direction, les bénévoles, les coiffeurs, sans oublier les résidents eux-mêmes et les familles.

Elle est conseiller stratégique auprès de la haute autorité de santé mais Delphine Dupré-Lévêque l’avoue…  " Il faut oublier le métier et ce qu’on apprend de ce métier quand on travaille dans un Ehpad. Oublier de soigner pour prendre soin. Il faut être désorganisé pour être au service des personnes accompagnées, c’est difficile mais il faut y penser. Un anthropologue n’est pas un soignant, dans mon livre je ne parle pas des pathologies des 11 portraits de personnes ou de couple qui figurent dans l’ouvrage. Ils apportent quelque chose dans les Ehpad et on s’appuie sur elles, on travaille sur leur identité. Prendre soin, c’est en continu ! "

Le public attentif de professionnels d'Ehpad gardois (Photo Anthony Maurin).

Son livre est illustré de photos avec les portraits de madame accueil, madame bonheur, madame voyage, madame sourire (que tous les hommes aiment passionnément) et madame pénible qui forcément à la dernière minute n’a pas voulu figurer dans les photos… « En immersion dans un lieu, on épouse leurs activités quotidiennes. J’ai beaucoup joué aux dominos avec madame accueil par exemple ! Avec moi, ils ne sont jamais malades, on a une discussion, un échange et il se passe quelque chose de naturel. »

En France, dans l’Ehpad on trouve infirmières et aides-soignantes, en Italie c’est plutôt la famille, en Allemagne c’est encore autre chose… " Entre les résidents et e personnel, dans nos Ehpad, il se tisse un lien fort. 40 % des résidents n’ont plus de famille et ont traversé les chaos de la vie. Entre les résidents eux-mêmes, les liens sont différents mais même la haine peut représenter la vie ! Mais il y a aussi beaucoup d’amour ! "

Ouvrir l’Ehpad sur le quartier, du matin au soir tard, y compris pour les personnes isolées qui ne sont pas loin et qui viendrait jouer à la belote ou voir la télévision en compagnie des résidants. Aujourd’hui, ce sont plutôt les résidents qui subissent l’organisation et le planning, notamment le matin. Quid de la liberté de chacun ?

L’ARS a des normes qui ne sont pas forcément celles de la vie quotidienne de résidents dans un Ehpad. Par exemple, un résidant ne peut même pas se faire griller du pain au petit déjeuner ! Idem pour les familles qui ne sont pas franchement très compréhensives voire un peu trop directives en parlant à la place de leur membre placé en Ehpad. Il faut impliquer les familles u maximum.

La réussite de l’accueil et la liberté ou le sentiment d’être libre dans le lieu de résidence impactent la qualité de la vie du résidant. Ces deux aspects sont prioritaires pour réussir quelque chose.

Un échange était organisé après la conférence.

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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