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MERCREDI CULTURE Constance : « L’humour peut aider à vivre et à supporter le monde et la bêtise »

Constance présentera son spectacle "Pot pourri" au Novotel Atria à Nîmes ce vendredi 28 février 2020.

Constance incarne sur scène avec beaucoup d'humour des personnages à la fois excessifs et réalistes. Un humour noir qui fait ses heures de gloire depuis ses débuts à la télévision dans l'émission de Laurent Ruquier On n'demande qu'à en rire. La Picarde, chroniqueuse sur France Inter, en est aujourd'hui à son cinquième spectacle sur scène, "Pot pourri", un joyeux méli-mélo de ses anciens et nouveaux personnages. Interview. 

Objectif Gard : Entre humour noir et humour trash  on ne sait pas trop bien où vous placer. Quelle différence faites-vous entre ces deux qualificatifs ?

Constance : Je ne suis pas persuadée d'être trash. Je pense être plus acide ou caustique. Dans le mot "trash", il y a un côté provocation gratuite. Alors que moi, j'essaie toujours que ce soit au service de quelque chose. Si c'est grinçant, c'est toujours pour défendre quelque chose. Je pense plus faire de l'humour noir que de l'humour trash.

Dénoncer, défendre quelque chose, ça veut dire qu'en tant qu'artiste, humoriste, comédienne, vous vous sentez investie d'une mission ? 

Non, je ne pas mégalo à ce point-là ! (rires) Je ne suis ni militante, ni engagée, ni à me dire que je vais sauver le monde. Je donne juste mon point de vue sur des choses qui me touchent - ou pas d'ailleurs ! - mais sur lesquelles j'ai envie de m'exprimer, sans dire pour autant que j'ai raison. Évidemment, il y a des coups de gueule, de la colère et aussi beaucoup d'humour. Mais je ne prétends pas que ma parole a plus de valeur qu'une autre et que je vais sauver le monde.

Vous parlez de colère et c'est un petit peu votre moteur. Comment fait-on pour transformer une colère en histoire drôle ?

L'humour, c'est ce qui arrive après la colère, pour que la vie puisse reprendre le dessus. Vous savez, dans un enterrement il y a un moment où tout le monde prend un fou rire. La vie refait son apparition et heureusement. On m'a transmis cet humour-là. J'avais un arrière-grand-père qui était médecin légiste. Donc on a toujours su rire de tout. Je trouve que l'humour peut aider à vivre et à supporter le monde et la bêtise.

Vous avez fait le conservatoire d’art dramatique de Lille. Pourquoi vous êtes-vous tournée vers l'humour ?

J'ai toujours été un peu à côté de la plaque. J'ai fait une formation classique mais je faisais rire les gens même quand je jouais une tragédie. Je suis décalée par nature, il fallait que je me rende à l'évidence. Soit on va contre ça et on est malheureux toute sa vie, soit on comprend son décalage, on s'en sert et on en fait une force.

Décalée par nature, qu'est-ce que ça veut dire ? 

Je suis dyslexique à la base, je lisais à l'envers. Quand on me dit un truc, je comprends toujours à côté...

Ça commence à faire beaucoup un arrière-grand-père médecin légiste, la dyslexie... 

Et vous n'êtes même pas à un quart de ce que je pourrais dire. (rires)

On dit de vous que vous êtes sans tabou. Vraiment ?

Oui. Mais avant de parler de quelque chose j'aime bien me renseigner pour ne pas dire trop de bêtises. L'idée est de pouvoir parler de tout mais sans faire de mal aux gens. Si on essaie de se renseigner un petit peu pour ne pas dire trop de conneries, on trouve toujours un angle pour parler intelligemment des choses. J'aime pouvoir parler de tout mais pas en le faisant n'importe comment.

Revenons à cette chronique que vous avez faite seins nus sur France Inter. Par rapport aux conséquences que ça a eu, puisque vous avez reçu des lettres d'insultes et de menaces, est-ce que c'est quelque chose que vous regrettez ?

Non, je ne regrette pas parce que justement quand je vois le bordel que ça a foutu, je me dis que c'est pire que ce que je croyais. Il ne faut pas lâcher. Ce que je regrette, c'est que ça n'a pas été relayé pour les bonnes raisons. J'ai voulu me servir de mon corps pour le mettre au service d'un langage et au final on a vu que le corps et pas le discours qu'il y avait derrière, c'est bien dommage. Beaucoup de personnes sont allées au-delà et ont écouté ce que j'avais à dire. D'autres n'ont pas écouté et ont dit beaucoup de bêtises. Mais c'est le reflet de la vie en général, il y a très peu de gens qui approfondissent les choses.

Je n'ai aucune honte à avoir. J'ai un rapport au corps qui est hyper sain. Je ne vois pas pourquoi la nudité traumatise à ce point. On ne peut pas vivre dans une société où il y a autant d'accès faciles à la pornographie dégueulasse et être scandalisé de voir les tétons d'une humoriste qui adresse un message féministe. Alors non, je ne regrette pas. Ça veut dire que j'ai tapé au bon endroit. Je n'ai aucune limite si c'est au service de quelque chose.

  Propos recueillis par Stéphanie Marin

Constance présentera son spectacle "Pot Pourri" à l'auditorium du Novotel Atria à Nîmes, ce vendredi 28 février 2020 à 20h30. Tarif: 32 euros.

 

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