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NÎMES Aux Halles, l’affluence reste banale

Scène plutôt cocasse d'une discussion au bar avec un comptoir vide (Photo Corentin Corger)

Après l'annonce hier soir du Premier ministre, Édouard Philippe, de fermer tous les lieux "non indispensables à la vie du pays" , nous sommes allés prendre la température aux halles de Nîmes ce dimanche matin, jour du premier tour des élections municipales.

Contexte inédit ce dimanche en France. Tous les commerces "non indispensables à la vie du pays" sont fermés après l'annonce hier soir du Premier ministre, Édouard Philippe, pour lutter contre la propagation de l'épidémie de coronavirus. Les pharmacies, banques, bureaux de tabac, stations essence et magasins alimentaires restent donc ouverts. Dans cette catégorie, on retrouve les épiceries, les supermarchés et les halles.

Dans le poumon économique du centre-ville de Nîmes, le premier constat effectué est de voir le "Comptoir des Halles" fermé, lieu prisé pour un boire un petit coup après avoir fait quelques emplettes. Et où on aurait débattu de politique en ce jour de scrutin. De même pour les bars à l'intérieur des halles concernés par la mesure et contraints de mettre les chaises sur le comptoir. "Au départ j'étais parti pour ouvrir mais j'ai décidé de respecter les annonces et de ne pas faire de concurrence déloyale aux autres bars du centre-ville", commente un cafetier qui assure voir pour la première fois une telle configuration en 40 ans de présence.

D'autres ont tenté de vendre les derniers cafés avant de fermer le rideau (Photo Corentin Corger)

Certains ont essayé de passer entre les mailles du filet et de vendre les derniers cafés. Vite rappelée par la patrouille c'est à dire la préfecture qui oblige de baisser le rideau à midi. "Hier soir, on m'a confirmé que je pouvais ouvrir et c'est seulement ce matin que l'on m'a demandé de fermer", tient à préciser le gérant Thibaud Desimeur. De même chez un fleuriste, qui a écoulé les derniers bouquets possibles pour éviter de se retrouver avec un stock important sur les bras.

Car c'est bien cela la difficulté à gérer pour de nombreux commerçants. Une situation similaire pour les restaurants qui se retrouvent avec des marchandises sur les bras prévues pour honorer les réservations.

Frustrant quant en face, les clients font par dizaines la queue chez le maraîcher, boucher, fromager... Car oui, ce  matin, la fréquentation était plus que correcte, proche d'un dimanche classique. "On a pas mal de monde. Les gens ont chargé un petit peu plus, prenant notamment sous vide pour conserver les produits", confie Mickaël responsable de la Boucherie de Nîmes. Même son de cloche pour Hugo de la fromagerie "Les Fleurines" : "Les clients habituels sont venus. On a bien bossé."

Comme à la boucherie, une dizaine de personnes se trouvait dans la file d'attente (Photo Corentin Corger)

La jauge d'un maximum de 100 personnes rassemblées dans un endroit confiné était largement dépassée. Ce qui sera aussi le cas dans les supermarchés. Un constat qui montre toute la difficulté de limiter les déplacements en cette période de crise. En attendant d'être peut être obligé de filtrer le flux aux entrées dans les prochains jours, les Nîmois n'ont pas déserté leur halles. "Les clients sont venus plus tôt après être allés voter. Avec le contexte je ne pensais pas qu'il y aurait tant d'affluence", analyse Cathy de la boulangerie "La source du pain". Même si Mickaël a ressenti que "les clients sont stressés, tendus et ne rigolent plus comme avant."

Pas mal de monde mais "en même temps il ne reste plus que ça d'ouvert", résume Corentin Carpentier, gérant "Des enfants denim", dans la rue Fresque, qui va profiter de son statut "d'épicerie" pour ouvrir trois heures par jour et vendre quelques produits de son stock pour lutter contre les gaspillages. "Je vais aussi donner certaines denrées les plus périssables", prévoit l'entrepreneur qui s'adapte à la situation. "Il faut bien manger", répond logiquement Stéphane, un client, pour expliquer le flux de ce dimanche.

"D'autant plus que l'on va avoir les enfants le midi", poursuit le père de famille qui n'a pas souhaité faire de provisions. On reviendra dans la semaine vu que ce sera encore ouvert." "On procédera certainement par drive. Certains marchands de légumes le propose. Ça évitera d'être trop en contact", conclut son épouse Anne. Durant cette période de confinement, les halles feront partie des derniers lieux de vie.

Corentin Corger

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