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BEAUCAIRE Les plaisanciers bloqués au port à cause d’une avarie sur l’écluse de Nourriguier

L'écluse de Nourriguier à Beaucaire. (Photo DR/ VNF)

Depuis le mois d'août 2019, une avarie sur l'une des quatre portes de l'écluse de Nourriguier, située entre Saint-Gilles et Beaucaire, perturbe la navigation des bateaux de plaisance.

Aujourd'hui et ce depuis le mois de janvier, l'écluse est condamnée. Une décision prise par Voies navigables de France (VNF), en charge de la gestion de l'ouvrage vieux de 110 ans, au vu des risques encourus par les plaisanciers. Depuis 1995, l'écluse de Nourriguier fait l'objet d'une surveillance accrue due à son âge et à ses dimensions importantes.

En 2011, VNF réalise un diagnostic approfondi de l'ouvrage. Il en découle alors un programme de travaux échelonné sur une dizaine d'années. À ce jour, deux phases ont été réalisées. La première consistait à la remise en état des équipements de bâtardage, qu'en une intervention importante sur les aqueducs, ces tunnels enterrés en rive gauche et en rive droite de l'écluse qui permettent de réaliser les mouvements d'eau entre l'amont et l'aval de l'ouvrage. Le tout pour un montant de 250 000 euros.

Des travaux de rénovation à partir de la fin de l'année 2021

Puis en 2017, des travaux d'automatisation de l'écluse ainsi que la remise aux normes de tous les éléments de sécurité, pour un coût cette fois-ci de 150 000 euros. "Le plus gros restait à venir pour la rénovation complète de l'écluse avec notamment le changement des quatre portes métalliques dont certaines font six mètres de large sur sept mètres de long, ainsi que les équipements hydrauliques pour actionner les portes", explique Guillaume Chauvel, chef de la subdivision Grand Delta chez VNF.

S'ajoutent des travaux pour "refaire les murs qui tiennent les terres et constituent le sas principal." Une tranche de travaux qui devrait démarrer à partir de la fin de l'année 2021, pour un montant "qui dépassera largement le million d'euros."

Le 28 août 2019, des travaux de sécurisation ont été menés sur la demi-porte aval qui a rencontré une avarie le 21 août. (Photo DR/ VNF)

Un calendrier perturbé par l'observation d'une avarie sur l'une des quatre portes de l'écluse, dont la partie inférieure se décroche à l'ouverture, ce qui a pour conséquence d'un bloquage. Dans un premier temps, durant les mois de septembre et d'octobre, la navigation est passée en mode dégradé, sur une demi-largeur d'écluse avec la présence d'un éclusier, à certaines heures et sur demande.

Après la période de chômage annuel en novembre et décembre, l'écluse est restée portes closes. "Notre priorité est avant tout la sécurité des usagers, de nos personnels et celle du plan d’eau qui se trouve entre l’écluse et Beaucaire, rappelle Guillaume Chauvel. Ce plan d’eau permet de maintenir un niveau d’eau suffisant pour tous les bateaux qui se trouvent dans le port de plaisance de Beaucaire. S’ajoute l’irrigation puisqu’entre l’écluse et Beaucaire, de nombreux prélèvements agricoles notamment, sont faits. Si on n’arrive pas à maintenir ce niveau de plan d’eau à +4m NGF (Nivellement général de la France), on peut créer des difficultés pour tous les agriculteurs qui prélèvent de l’eau dans le canal."

"Les plaisanciers sont pris au piège"

La fermeture de l'écluse est nécessaire pour la mettre à sec et pouvoir ainsi réaliser une expertise approfondie pour identifier la cause de l'avarie, chose qui n'a pu être faite en immersion, par l'intervention de plongeurs. Seul problème, cette opération ne pourra être faite que dans le courant du mois de mai, voire au mois de juin, peut-être même plus tard encore si la crise sanitaire se prolonge.

Un délai beaucoup trop long du côté du port de Beaucaire géré par la Communauté de communes Beaucaire Terre d'Argence (CCBTA). "Parce que le port de Beaucaire est un cul-de-sac. Sans la réouverture de cette écluse, les plaisanciers sont pris au piège", réagit Didier Martorell, responsable des ports de la CCBTA.

Après ces travaux menés le 28 août 2019, ainsi qu'une intervention de plongeurs qui n'a pas permis de connaître la cause de l'avarie, une mise à sec et une expertise approfondie auront lieu d'ici le mois de mai ou juin. (Photo DR/ VNF)

Le 27 février dernier, un passage exceptionnel de l'écluse avait été proposé par VNF aux plaisanciers pour sortir du port de Beaucaire. Une quinzaine de bateaux sont donc passés à l'aval de l'ouvrage pour aller s'installer, grâce à l'intervention de Didier Martorell et de ses équipes, à Bellegarde et à Saint-Gilles, entre autres ports.

Une opération qui devrait être renouvelée au mois d'avril selon le chef de la subdivision Grand Delta chez VNF. Et de se justifier quant au délai jugé trop long : "D'une part, les études prennent du temps. D'autre part, ce n'était pas quelque chose que nous avions programmé ni financièrement (les travaux sont estimés à plus de 200 000 euros, Ndlr), ni dans nos plans de charge."

Un préjudice de plus de 40 000 euros

Un événement et tout ce qui en découle qui met le port de Beaucaire dans une situation délicate. La capitainerie doit faire face à la colère de certains plaisanciers qui réclament un dégrèvement sur les frais d'amarrage, en plus d'un préjudice évalué à 40 000 euros, le budget du port est de 300 000 euros. "Sans compter tous les bateaux qui viennent habituellement faire escale l'été, et qui ne viendront pas faute de pouvoir naviguer jusqu'à chez nous. L'an dernier, ça représentait un chiffre d'affaires de 25 000 euros TTC", s'inquiète le responsable des ports de la CCBTA. Et de poursuivre : "même en termes d'image, c'est une catastrophe."

"Nous sommes ouverts à la discussion"

Une inquiétude justifiée car c'est l'expertise prévue dans deux ou trois mois au plus tôt qui permettra d'arbitrer sur les suites à donner. "Est-ce qu'on va pouvoir rouvrir à la navigation de suite ? Est-ce que ça nécessite quelques travaux préalables ? Est-ce que, dans le pire des cas, il faudra attendre quelques mois avant l'écluse puisse rouvrir ? Difficile de le dire aujourd'hui", concède Guillaume Chauvel. Quant aux pertes financières enregistrées par le port de Beaucaire, le représentant de VNF répond : "Nous sommes ouverts à la discussion et on essayera de trouver les meilleures solutions possibles."

Stéphanie Marin

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