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GARD Troublante disparition depuis huit ans d’un chef d’entreprise… sulfureux

Photo d'illustration

Litige commercial, banditisme ou escroquerie sur des panneaux photovoltaïques ? Encore aujourd’hui malgré les nombreuses investigations réalisées, personne n’est capable de dire ce qui est arrivé à Chaouki Bouskaya.

Le juge d’instruction nîmois a clôturé par un non-lieu les 8 années d’enquête. La chambre de l’instruction a confirmé cette décision, malgré le souhait de la famille de voir prolonger les investigations ouvertes pour "séquestration et arrestation arbitraire".

Mais qu’est-il arrivé à Chaouki Bouskaya, âgé de 45 ans au moment de sa disparition le 4 avril 2012 ? « Huit ans de mystère enveloppent ce dossier. On n'est pas plus avancé aujourd'hui qu'au premier jour de cette étrange disparition », estime l’avocat de la famille, maître Serge Billet.

Ce jour-là, l’entrepreneur, qui a de gros soucis avec sa société, envoie en début d’après-midi un message à sa compagne. Il passe ensuite un coup de fil à un ami vers 16h30. Puis plus de contact téléphonique. Cet entrepreneur spécialisé dans les installations de panneaux photovoltaïques était concerné par une arnaque auprès de 400 clients dans le Sud de la France. Les enquêteurs refont son parcours le jour où il s'est volatilisé… Un café près d’Avignon en matinée avec un contact, puis un retour à son domicile aux Angles près de la Cité des papes, avant de prendre sa pause repas dans un fast-food des Angles vers 15h, avec un proche qui le trouve « comme d’habitude » et sans souci apparent.

Il emprunte l’autoroute direction Nîmes, puis ensuite son téléphone borne sur plusieurs communes en direction d’Alès sur la RN106, comme à La Calmette par exemple. Son portable cessera totalement d’émettre ce 4 avril 2012, vers 23h50, à hauteur d’Alès et d’un petit village de la périphérie où vit son frère, sans que ce dernier n’ait croisé ce soir-là Chaouki Bouskaya. Plusieurs heures durant lesquelles les gendarmes ne parviendront pas à savoir qui a pu le rencontrer.

Rattrapé par son passé ?

Le 12 avril 2012, quelques jours après sa disparition, sa voiture Audi a été retrouvée, abandonnée mais fermée, sur le territoire de la commune de Saint-Hilaire-de-Brethmas, près d’Alès. Là encore les investigations n’apporteront rien car aucun témoin direct n’est capable de confier un élément crédible.

Depuis les investigations téléphoniques, les proches et connaissances n’ont jamais permis de faire avancer ce dossier. Chaouki Bouskaya n’a plus jamais donné signe de vie depuis 8 ans.

Cet homme, souvent cité dans des affaires de machines à sous et d’assassinats liés à la guerre des bandes qui a ensanglanté le grand sud de la France à la fin des années 90 et début des années 2000, avait, semble-t-il, décidé de changer de vie et de s’investir dans l’entreprise.

Rapidement, sa gestion opaque de la société de photovoltaïque BSP, liquidée en janvier 2010 et pour laquelle son associé sera condamné, va le faire revenir sur la scène judiciaire. PDG de cette société, il devait lui aussi comparaître quelques temps plus tard devant le tribunal correctionnel pour un trou dans son entreprise s’élevant à plus de 30 millions d’euros et 400 personnes escroquées. Avait-il peur de cette audience et a-t-il préféré mettre les voiles ? En 2016, alors qu'il est absent des débats correctionnels, il est condamné à 2 ans de prison ferme et 50 000 euros d'amende. Un mandat d'arrêt est décerné à son encontre, il est toujours en cours...

D'anciens amis du milieu auraient-ils voulu se venger d’une vieille histoire de bandits manchots ? Il faut rappeler que Chaouki Bouskaya avait été jugé aux assises de Vaucluse en 2004 pour un double homicide dans le milieu de l’exploitation des machines à sous. Défendu déjà par maître Serge Billet, il avait été incarcéré pendant près de 5 ans, avant d’être acquitté à deux reprises dans ce dossier.

Boris De la Cruz

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Boris De la Cruz

Journaliste, je suis passionné par les faits divers, la justice et la politique. Je collabore à Objectif Gard et à des médias nationaux.

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