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FAIT DU JOUR Comment s’organise la vente de muguet en temps de confinement ?

Au " Tabac des Arènes " à Nîmes (Photo Anthony Maurin).

Dans le Gard comme en France, la vente de muguet est chamboulée cette année à cause du confinement. Les fleuristes n'ont pas l'autorisation d'ouvrir ce 1er mai et les ventes à la sauvette dans la rue ne sont pas non plus permises. En revanche, les tabacs, les boulangeries, les supermarchés... les commerces autorisés à ouvrir ce jour-là pourront disposer les petites clochettes blanches pour la clientèle. 

Et parmi les lieux autorisés à ouvrir par le Gouvernement, il y a aussi les jardineries. Elles sont considérées depuis le début du mois d'avril comme de première nécessité. À Uzès, à la jardinerie pépinière Grincard, " l'offre [de muguet] est très réduite " affirme Peggy Grincard, la directrice. Depuis l'ouverture de la société en 1988, on vend la fameuse fleur blanche du premier mai. Et pourtant cette année, cette date revêt un caractère inédit. Elle a en stock une centaine de pots de deux brins, " d'habitude, on a peu près du double ", précise-t-elle.

Sur la centaine de pots, une soixantaine a déjà été réservée. Les clients viennent pour la plupart les chercher sur place mais certains ont préféré la livraison qui se fait essentiellement sur Uzès. " On n'a pas de pertes mais ce n'est pas une grosse année non plus ", continue Peggy Grincard. Cela s'explique par un approvisionnement moindre dû au découragement de certains horticulteurs et pépiniéristes. Mais aussi par la tradition-même du muguet : celle d'être offert à son entourage. Ce 1er mai, confinement oblige, elle ne pourra pas toujours être respectée. " Ceux qui en achètent cette année, c'est pour offrir à des très proches à proximité ou pour eux-mêmes. Et quand, c'est le cas, ils ne demandent pas à ce que ce soit emballé joliment. D'habitude, on fait des compositions aussi, là on n'en a pas ", explique la directrice.

"Je ne comprends pas qu'ils nous laissent pas faire
comme dans les tabacs et les épiceries"

Elle déplore aussi la situation des fleuristes qui ont l'interdiction d'ouvrir ce 1er mai : " La seule année où les fleuristes n'ont pas de concurrence déloyale à cause des ventes directes dans la rue, ils sont fermés... " En effet, cette décision de fermeture n'a pas été très bien digérée par les fleuristes. André Roche, à la tête de Côté Fleurs à Uzès, est dans l'incompréhension : " C'est scandaleux ce qu'ils font. Ils laissent ouvert les jardineries, les grandes surfaces. Je ne comprends pas qu'ils ne nous laissent pas faire comme dans les tabacs et les épiceries où ils font de la vente avec la queue dehors. "

Ici au Carrefour City de la rue Émile Jamais de Nîmes (Photo Anthony Maurin).

" On est passé à travers Pâques, la Pentecôte, tous les mariages ont été annulés, il a fallu rembourser les acomptes, on a de grosses pertes ", déplore André Roche. Alors pour vendre ses pots de trois brins de muguet, il a recours aux livraisons après commande par téléphone. Une nouvelle manière de vendre ses fleurs qu'il a adoptée depuis le début du confinement et de la fermeture de son commerce. Il compte aussi pour ce 1er mai sur la solidarité avec quelques-uns de ses amis boulangers uzétiens qui vendent son muguet dans leur commerce. La petite ferme familiale "Mon refuge-le jardin" basée à Montaren-et-Saint-Médiers a pris aussi quelques pots en dépôt chez lui pour les vendre. Histoire d'avoir "une meilleure visibilité et l'aider à "sauver les meubles" en cette période difficile." D'habitude, la vente de muguet rapporte plus de 3 000 € à André Roche, il n'a pas encore fait d'estimation cette année mais ce sera beaucoup moins.

"Supérette, buraliste et jardinerie"

À Nîmes aussi il a fallu se réinventer. Le 1er mai est le jour de la fête du travail, des défilés syndicaux mais aussi de la chance avec ce brin d'odeur fraîche et printanière. Au Carrefour City de la rue Émile Jamais, Jonathan et Émilien ont leurs habitudes. " Chaque année nous en vendons mais c'est vrai qu'en 2020 c'est un peu différent, en tout cas on en vend plus. On en reçoit tous les jours depuis le 28 avril et les ventes grimpent. Pour le moment nous ne faisons que le pot mais les brins à l'unité ne devraient pas tarder à arriver et ils seront un peu moins chers. "

La vente du muguet est un peu spéciale cette année (Photo Anthony Maurin).

Au Tabac des Arènes, c'est une autre chanson. Loin de vouloir concurrencer les pros du secteur (une fleuriste est fermée dans la rue), l'idée a fait son bout de chemin. " On y a pensé sur un coup de tête. On a simplement voulu dépanner les gens ! On s'est servi chez un fleuriste à Vauvert, on a démarré le ventes hier mais je n'ai que cent unités donc ça ira vite ! "

Les grandes enseignes seront elles aussi présentes dans la bataille du muguet. À l'image de Truffaut, les brins du bonheur sont disponibles en magasin. " Je suis venu ici pour la qualité du muguet. J'ai fait une autre grande jardinerie mais le muguet n'était pas frais et plus cher qu'ici ! " note François, un client décidé.

"Qualité optimale"

Le directeur du Truffaut de Nîmes, Stéphane Llorca, est plutôt mitigé " Les gens ne viennent pas forcément pour le muguet mais nous le vendons depuis deux jours. Ça a démarré doucement car ils viennent surtout pour le potager et les produits d'hygiène. Il faut qu'ils puissent justifier leurs achats au cas ou les forces de l'ordre les arrêtent ! Pour le muguet je ne sais pas comment on peut justifier que c'est nécessaire mais c'est à l'appréciation de la personne j'imagine. Notre stock est là, nous avons commandé moitié moins de brins que l'an passé mais la qualité est excellente et la fraîcheur idéale. C'est une bonne année pour le muguet. "

À Truffaut à Nîmes (Photo Anthony Maurin).

Dans un magasin de plus de 9 000m², pas plus de 75 personnes en même temps à l'intérieur, autant dire que les clients mais aussi les salariés sont choyés après plus d'un mois de fermeture. " Au début du confinement on a préféré fermer pour se préparer et rouvrir en ayant tout ce qu'il faut pour la mise en sécurité de chacun. Le plus dur est dernière nous, on s'adapte, on fait au mieux mais nous avons aussi le drive qui fonctionne bien via un click and collect sans contact qui vous permet de prendre vos produits en 24 à 48h en toute sécurité. On garde le moral, il faut se faire plaisir et comme vous le voyez la gamme s'est étoffée au fil des jours et il va y avoir de belles offres très bientôt ! " relève Stéphane Llorca.

Si les ventes n'épuisent pas la totalité des stocks ? " Nous ferons des paniers phénix à -30 % ou -50 % ! Ça fait partie de notre politique RSE et si on peut faire plaisir à des gens qui en ont besoin, nous sommes heureux " conclut le directeur.

Le choix est difficile... (Photo Anthony Maurin).

Rappelons que le seul fait de vendre ou d’exposer en vue de la vente des marchandises dans des lieux publics sans autorisation ou déclaration régulière constitue une contravention réprimée par le code pénal (amende forfaitaire de 300 euros, pouvant aller jusqu'à 3 750 euros et, à titre de peine complémentaire, la possibilité de voir détruite ou confisquée la marchandise - art R 446-3). De plus, cette activité n’entre pas dans le cadre des activités autorisées par l’attestation de déplacement dérogatoire est le contrevenant s’expose à une amende de 135 euros.

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