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FAIT DU JOUR À Beaucaire, majorité et opposition repartent à zéro

Un premier Conseil municipal un peu spécial pour la deuxième mandature de Julien Sanchez à Beaucaire (Photo Anthony Maurin).

Il avait prédit qu'il passerait les 60 % de votes pour sa liste dès le premier tour des municipales 2020. Julien Sanchez, maire sortant (Rassemblement national) à Beaucaire, avait finalement atteint 59,50 % des suffrages. Hier, son conseil municipal d'installation avait lieu avec 24 question à l’ordre du jour.

La ville, nichée au confluent du Rhône et du Gardon, entrée Est de notre région d'Occitanie, est peuplée par plus de 16 000 habitants. Seule ville gardois détenue par le RN, elle était un enjeu fort pour le parti qui voulait la conserver et chiper l'Agglo à la Gauche installée depuis quelques temps. Si la communauté de communes Beaucaire-Terre d'Argence ne tombera dans l'escarcelle du RN, Beaucaire, quatrième ville du Gard, le restera.

L'assemblée remplissait le casino municipal qui servait de salle du conseil en cette période de crise sanitaire (Photo Anthony Maurin).

C'est au casino municipal qu'avait lieu ce premier conseil municipal. Un conseil d'investiture tenu dans une salle appropriée aux conditions sanitaires actuelles. " C'est bien dommage, c'est fermé au public et j'aurais aimé fêter cette belle victoire avec mes élus. Tout le monde leur a cassé du sucre sur le dos pendant six ans, disant que Beaucaire allait sombrer... C'était faux et nous sommes tellement idiots que nous venons de le réélire ! ", rigole José, un riverain et militant RN croisé sur le parking de la salle municipale.

Le conseil municipal de Beaucaire compte 33 élus (en plus du maire). Avec quatre listes présentes sur la ligne de départ le 15 mars dernier, 27 sièges sont attribués à l'équipe menée par le maire sortant. Quatre iront à celle tenue par Pascale Noailles-Duplissy, un à Lionel Depetri et le dernier à Charles Ménard.

De dix à six

" De dix opposants nous sommes passés à six. S'ils sont civilisés nous le serons. Sinon, ils ne serviront à rien pendant six ans... L'opposition est une toute petite proportion mais je veux travailler avec chacun, dans l'intérêt des Beaucairois. Nous sommes les élus de tous les habitants. Je n'ai pas fait 100 % des voix mais l'opposition n'a pas gagné et j'ai été réélu au premier tour. Le respect doit marcher dans les deux sens ", affirme le maire Julien Sanchez.

Julien Sanchez (Photo Anthony Maurin).

Le soir du premier tour il nous confiait que sans la covid-19, il aurait pu espérer franchir la barre des 70 %. Et il n'avait peut-être pas tort.... Âgé de 36 ans, le maire entame donc son deuxième mandat. Réélu au premier tour alors qu'en 2014 il l’avait été avec 40 % au second tour, de mémoire et sur au moins 30 ans, jamais un maire de Beaucaire n'avait été plébiscité de la sorte. C'est historique.

" Je suis content mais c'est paradoxal car il y a eu la covid-19 au milieu. Outre l'énorme problème de santé publique, cela a empêché de célébrer l'élection ", ajoute le maire. Beaucaire est la ville gardoise de plus de 9 000 habitants où les gens ont le plus voté le 15 mars dernier. Sur les 5621 votants, Charles Ménard avait obtenu 370 voix (6.82 %), Lionel Depetri 467 voix (8,61 %), Pascale Noailles-Duplissy 1 358 (25.05) et donc, le maire, 3 226 (59,51 %).

Le Conseil était retransmis en direct (Photo Anthony Maurin).

Début de conseil, La Marseillaise est entonnée a cappella par le maire et son staff juste avant l’installation des élus. Doyenne d’âge, Simone Boyer, pour la première fois qu’elle parle au micro, fait l’appel. Le benjamin, Gabriel Girard, 18 ans et deux mois, sera le secrétaire de session.

Ménard candidat…

Charles Ménard est le premier à demander la parole. Revenant sur le premier tour, sa " désorganisation " et le confinement qui s’est ensuivi, l’élu beaucairois a trouvé onéreuse la facture des masques achetés par la commune. " Nous sommes mal élus. Je persiste à penser qu’en conditions normales un deuxième tour aurait été nécessaire. J’en appelle donc à l’humilité de tous. Nous souhaitons la démocratie la plus large possible et ouverte au plus grand nombre. Mais ce n’est pas ce que nous voyons aujourd’hui, le maire va avoir de trop larges délégations Après la crèche qu’il met au-dessus de la laïcité, Julien Sanchez veut faire de nous des santons ! Je vous propose ma candidature comme maire. "

Charles Ménard, au premier plan, s'est présenté comme maire de Beaucaire (Photo Anthony Maurin).

Mano a mano Julien Sanchez et Charles Ménard. " Nous sommes là pour six ans et il faut qu'on commence à apporter les idées et la bonne volonté nécessaires au travail d'élu plutôt que d'apporter la polémique stérile comme ce fut le cas avec la réouverture des marchés. Si encore on ne foutait rien... Mais ce n'est pas le cas, je fais le boulot et le maximum pour améliorer la vie des Beaucairois. " Résultats du scrutin, 27 voix pour Sanchez, quatre bulletins blancs et deux en faveur de Ménard. Julien Sanchez est officiellement maire de Beaucaire.

Julien Sanchez, élu maire, se voit remettre son écharpe par la doyenne du conseil, Simone Boyer (Photo Anthony Maurin).

Pour le premier édile, " c'est toujours émouvant, des élus s'arrêtent, c'est fatiguant et je le comprends mais j'ai toujours une petite pensée pour eux. Nous avons plein de projets sur lesquels on a été choisi. Nous avons six ans pour les accomplir mais nous faisons avec les moyens du bord. Les moyens d'un pays géré par Macron ! Nous avons fait des promesses en 2014, nous les avons tenues alors nous ferons pareil. "

Une faille dans la majorité ?

Et pour la communauté de communes Beaucaire-Terre d’Argence ? " La crise nous prive sûrement de quelques sièges à la CCBTA. En tout cas d'un à Bellegarde où notre candidate aurait dû faire au moins 20 %. Les plus de 60 ans ne sont pas allés voter car ils ont eu peur après le discours d'Édouard Philippe. Nous n'aurions pas gagné Bellegarde, il ne faut pas se mentir non plus ! "

Applaudissements dans la majorité après le discours du maire (Photo Anthony Maurin).

Dans la même veine, rater la présidence de la CCBTA n’empêchera pas Julien Sanchez de se battre pour sa commune. Se battre, tout en demeurant dans un esprit constructif. " À Vallabrègues, monsieur Fuster a de grandes chances de gagner même si le maire a été réélu au premier tour. On sait tous qu'il y a eu illégalité, même le préfet l'a dit. Je ne tiens pas particulièrement à un affrontement à la CCBTA. Je veux simplement qu'on puisse se contacter, parler, travailler car le but est de traiter les villes à proportion de ce qu'elle représente. Je ne veux pas faire de la politique politicienne. Nous allons travailler en bonne intelligence et entretenir un lien étroit avec les maires. La liste "Unis pour Beaucaire" sera-t-elle cohérente et votera-t-elle pour sa ville ? En tout cas il faudrait que les cinq maires soient élus vice-président car ils ont tous été élus au premier tour ", conclut le premier édile, Julien Sanchez.

Les écharpes des neuf adjoints (Photo Anthony Maurin).

Pour Beaucaire, neuf adjoints sont désormais élus avec à leur tête la première d’entre eux, Marie-France Pérignon (avec 26 voix, un nul et six blancs). Un élu de la majorité (bulletin nul en toute logique) serait-il frustré de ne pas y figurer ?

De son côté, Pascale Noailles-Duplissy a demandé au maire d’organiser les réunions du conseil en-dehors des horaires de travail traditionnels afin que les élus puissent tous y venir, tout comme les Beaucairois qui travaillent. Julien Sanchez entend mais répond par la négative car il n’y a que cinq conseils municipaux par an. " Si on est candidat à une élection c’est en connaissance de cause. "

Les membres de l'opposition (Photo Anthony Maurin).

Pour l’heure, mais on n'en est qu'aux prémices, les rapports avec l’opposition semblent bons. Le maire a laissé le verbe libre et les opposants ont joué le jeu des votes à main levée faisant gagner un temps précieux à l’assemblée qui aurait pu rester au casino municipal jusqu’à minuit s’il avait fallu voter par bulletin secret. "Pourvu que ça dure", aurait dit Letizia Bonaparte...

Retransmise sur Internet, la séance est à revoir ici .

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Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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