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NÎMES Les arènes, toute une histoire…

Les arènes et leur statue symbolique (Photo Anthony Maurin).

L'amphithéâtre est construit à la fin du Ier siècle de notre ère à l'intérieur de l’enceinte de la ville antique, en pierres calcaires provenant des carrières locales. Depuis deux millénaires, les Nîmois jouissent de la création géniale des Romains et y sont attachés comme à la prunelle de leurs yeux. Retour en arrière...

L'amphithéâtre de Nîmes compte parmi celui les mieux conservés du monde romain. Nous venons d'apprendre qu'avant le majestueux édifice en pierre, une structure plus petite était sans doute construite au même endroit mais alliait la pierre et le bois.

La fameuse structure accueillant poteaux de bois, encastrement et qui devait servir de première salle des machines du premier amphithéâtre de la cité (Photo Archives Anthony Maurin).

Mais revenons à l'édifice encore debout. La pierre de Barutel est un calcaire compact, dur, à grain fin de couleur blanche ou grise. Pour la construction de la façade de l'amphithéâtre, les romains ont utilisé de grands blocs, posés à sec avec des joints très fins. La pierre de Roquemaillère, calcaire identique au précédent, de couleur blanche, bleuâtre ou grise, est surtout mise en œuvre sous forme de moellons, montés à la chaux, dans des massifs en maçonnerie.

L'édifice est conçu pour des spectacles de masse. En effet, entre 20 000 et 24 000 spectateurs pouvaient assister aux combats de gladiateurs et aux chasses d'animaux. Comme la Maison carrée, l'amphithéâtre doit sa conservation à une occupation continue après la fin de l'Empire romain grâce à des nouvelles fonctions. Même si celles-ci sont à l'origine de certaines dégradations du monument antique, elles l'ont sauvé de l'abandon et ont empêché qu'il serve de carrière de pierre, comme ce fut le cas pour l'amphithéâtre de Béziers, par exemple.

Une histoire de date en date

Au VIe siècle, l'amphithéâtre est transformé en forteresse par les Wisigoths. Des maisons et une église occupent la piste. Au VIIIe, après la conquête de la ville par Charles Martel, le monument devient la résidence des comtes carolingiens. Le XIIe siècle voit la cité de Nîmes raccrochée aux terres des comtes de Toulouse.

Les arènes, un écho antique au lourd passé de la pierre et de l'histoire de Nîmes (Photo archives Anthony Maurin).

L'amphithéâtre est désormais le siège des vicomtes de Nîmes et de leurs vassaux, les chevaliers des arènes. À l'exception de deux portes, toutes les arcades des arènes sont fermées et les premiers gradins sont enfouis sous des constructions parasites.

En 1390, le vicomte de Nîmes et les chevaliers quittent les arènes et la population s'y installe complètement. C'est un véritable quartier composé d'habitations et de deux églises qui se développe alors à l'intérieur du monument. Enfin, au XVIe siècle, suite à la visite de François 1er en 1533, les constructions occupant la galerie du premier étage sont démolies.

On dénombre encore environ 600 habitants au XVIIe siècle. Pourtant, le monument fait l'objet à plusieurs  reprises de réparations et de travaux de consolidation. La plupart des habitations occupent l'intérieur du monument. Quelques-unes s'appuient à l'extérieur contre la façade. Ce n'est qu'en 1786 que la Ville achète toutes les maisons et entame leur démolition.

Depuis 15 ans les arènes subissent un chantier de restauration conséquent (Photo Archives Anthony Maurin).

Toutes les constructions parasites restantes (maisons, ateliers d’artisans, entrepôts de vignerons) sont détruites entre 1809 et 1812. L'amphithéâtre retrouve sa fonction de monument de spectacle: la première course camarguaise a lieu en 1839 et la première corrida en 1853.

En 1988, la Ville aménage une structure amovible afin de créer à l'intérieur des arènes une scène couverte pour l'hiver. La bulle est née et cette couverture sera ainsi montée et démontée chaque année jusqu'en 2005. Aujourd'hui l'amphithéâtre est le monument le plus visité de Nîmes. De plus, il accueille toujours des spectacles taurins, des concerts et depuis dix ans, la plus grande reconstitution historique du monde antique avec les Grands jeux romains.

Relisez ici la plaquette d'information de la Ville.

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Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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